La naturopathie désigne par le terme de la « toxémie » la surcharge du milieu humoral et ses conséquences sur la santé.

Le corps humain est une organisation complexe qui fait partie d’un ensemble : le terrain. Les humeurs sont les liquides qui assurent le lien, la cohésion et la vie entre toutes les cellules. Si l’un ou plusieurs de ces liquides est ou sont surchargé(s), un lent processus d’intoxication se met en place : c’est la toxémie.

Le terme de « toxémie » vient du mot grec toxicon (poison) et exprime très bien le danger que court l’organisme lorsqu’il ne peut se débarrasser des déchets qu’il produit naturellement ainsi que de toutes les molécules chimiques qu’il absorbe. Ce terme « toxémie » a été forgé pars  par le Docteur John H. Tilden (1851-1940), un des grands inspirateurs de l’ hygiénisme et de la naturopathie, qui a beaucoup travaillé sur les causes des maladies. Il a en fait créé ce terme pour rendre compte de sa théorie de la dualité  « maladie/santé », en témoigne son ouvrage « Toxemia : The basic Cause of the Disease ».

En naturopathie, la toxémie se traduit en deux substances issues par la surcharge de déchets métaboliques : les  « colles » (surcharge colloïdale) et/ou les « cristaux » (surcharge cristalloïde).

La nature des déchets produits est différente selon l’origine de la toxémie. Chaque type de déchet emprunte une voie d’élimination spécifique à travers des émonctoires qui leur sont dédiés.

Définition de la toxémie : Présences de substances toxiques indésirables

Qu’est-ce que donc la toxémie ?

La toxémie la présence de substances indésirables dans notre organisme, absolument incompatibles avec la santé. Ces substances peuvent se trouver partout : dans le sang, la lymphe, les fluides du corps (bref les liquides organiques), et, par conséquent, dans les organes, les tissus et les cellules.

Toxémie – La cellulite, par exemple, est un signe clair de la présence des déchets métaboliques dans les tissus.Cela nous renvoie donc à une notion d’imprégnation de l’organisme par des surcharges toxémiques de diverses origines. La surcharge de l’organisme de tout élément nocif est à la source de presque toutes les pathologies chroniques de nos jours.

Tilden lui-même dit de  la toxémie, dans un opus intitulé « La toxémie expliquée » :

« Selon la philosophie de la toxémie, chaque soi-disant maladie est une crise de toxémie, ce qui signifie que la toxine s’est accumulée dans le sang au-delà du seuil de tolérance, et la crise, la soi-disant « maladie » – appelez-la rhume, grippe, pneumonie, mal de tête, ou fièvre typhoïde – est une élimination salutaire. La nature fait tout son possible pour libérer le corps de ses toxines. Tout traitement qui fait opposition à cet effort d’élimination déroute la nature dans son effort d’auto-guérison.

Les médicaments, l’alimentation, la peur, et l’activité empêchent l’élimination. Un rhume se transforme en catarrhe chronique; la « grippe » peut être forcée vers un état infectieux; la pneumonie peut finir de manière fatale si les sécrétions sont arrêtées par les médicaments; nous savons déjà ce qui se produit en cas de mal de tête; la typhoïde sera forcée vers un état septique et grandement prolongée, si le patient n’en meurt pas. »

Afin qu’il n’y ait pas de confusion, il est important de préciser ici que le terme de toxémie, au sens où nous l’entendons en naturopathie ou dans la médecine holistique, n’a pas la même signification qu’en médecine conventionnelle. Pour celle-ci, la toxémie désigne une intoxication dans le sens propre du mot, par exemple la prééclampsie qui est une hypertension artérielle grave au cours de la grossesse ou encore une intoxication du sang ou une présence de bactéries.


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Toxines et toxiques Toxiques et toxines – Quelle est la différence ?
Toxines Toxines alimentaires – Déchets métaboliques issus de notre alimentation

 


La toxémie vue par la naturopathie et par les approches holistiques alternatives

La toxémie se manifeste de diverses façons, en menant à une panoplie de maladies et de pathologies chronique.

En naturopathie, la toxémie se traduit en deux substances issues par la surcharge de déchets métaboliques :

  • les  « colles » (surcharge colloïdale) et/ou
  • les « cristaux » (surcharge cristalloïde).

La nature des déchets produits est différente selon l’origine de la toxémie. Chaque type de déchet emprunte une voie d’élimination spécifique à travers des émonctoires qui leur sont dédiés.

Surcharge colloïdale et cristalloïde

Cellulite
La cellulite dont souffrent beaucoup de femmes peut être causée par une faiblesse de tissu conjonctif, par un surpoids ou par une toxémie présente dans l’organisme. Parfois, les trois causes peuvent se combiner et s’additionner.

Du simple mal de tête aux maladies les plus graves, la toxémie se manifeste de multiples façons, à travers des symptômes tels la langue chargée, des douleurs articulaires, des selles nauséabondes, etc. témoignant souvent de l’effort de l’organisme pour l’éliminer… tant que la vitalité est suffisante.

Ces pathologies commencent lentement, parfois presque de façon invisible et insensible, à s’aggraver au fur et à mesure avec le temps. Elles peuvent, parfois après des années de souffrance et de lutte de notre organisme, aboutir à des maladies graves qui nous suivent à vie : diabète, maladies cardio-vasculaires, asthme, inflammations chroniques se traduisant par des rhumatismes, arthrites, maladies auto-immunitaires, bronchites chroniques, etc.

Mais au-delà d’un catalogue infini de ces maladies, la naturopathie propose donc un modèle de classification des troubles de santé :

  • Les maladies à « colles » de nature « colloïdale » (surcharge colloïdale) : les déchets qui restent en suspension dans le milieu humoral (les humeurs sont les liquides de l’organisme) en font partie. Ce sont les mucus, les glaires, les écoulements gras, les mucosités, les expectorations, les kystes. Toutes ces substances sont sont appelées « colles ». Leur source est la surconsommation de glucides (amidons et sucres)et de lipides (graisses).
  • Les maladies à « cristaux » de nature « cristalloïde »  (surcharge cristalloïde) : les déchets de nature acide circulant dans le milieu humoral qui doivent être rapidement éliminés ou neutralisés sous forme de sels, forment de dépôts cristalloïdes qui sont appelés « cristaux ». Leur source est la surconsommation de protéinesmais pas seulement.

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Excès alimentaire Colles et cristaux – Les colles et la surcharge colloïdale
Surcharge cristalloide Colles et cristaux – Les cristaux et la surcharge cristalloïde

 


Pourquoi ces notions sont-elles importantes pour garder et/ou améliorer notre santé ?

L’intérêt pratique de cette conception naturopathique colles / cristaux est simple. Il se trouve dans deux points principaux :

  • Premièrement, on s’éloigne d’un traitement strictement symptomatique d’une maladie chronique. On essaye de comprendre les causes, les raisons d’exister de cette maladie. Avec cette compréhension, un nouveau chemin d’approche s’ouvre : en combattant la cause, on peut également diminuer voire guérir la pathologie. 
  • Après, la compréhension nous aide dans le choix des méthodes de drainage et de détoxication à employer. L’alimentation sera également guidée de façon différente si on connaît la source de la surcharge alimentaire qui crée la toxémie. Ces méthodes seront différentes selon la prédominance de colles ou de cristaux dans les affections considérées. 

Pour mieux comprendre, regardons un peu plus près ce que notre organisme fait avec les aliments que nous ingérons et les autres éléments qui l’influencent.

Toxémie endogène vs. toxémie exogène

En excès, tout peut devenir toxique et aggraver la toxémie.
En excès, tout peut devenir toxique et aggraver la toxémie.

Les médecines alternatives et holistiques ou la naturopathie distinguent de plus deux types de toxémie, dépendant de leur origine: la toxémie endogène et la toxémie exogène. 

  • Toxémie endogène : cela comprend les déchets du métabolisme tels que : acides, mucus, radicaux libres, substances toxiques sécrétées par les bactéries etc. Ces déchets sont produits en permanence par notre organisme et sont soumis à des processus précis dans notre corps qui sont dictés par exemple par le système immunitaire, par le système digestif, par le métabolisme cellulaire ou encore par l‘homéostasie cellulaire. Par contre, on peut influencer la toxémie endogène par l’afflux des toxiques extérieurs. De plus on en consomme, de plus notre métabolisme doit lutter et produira des déchets endogènes pour s’en débarrasser.
  • Toxémie exogène : la toxémie exogène est issue des toxiques présents dans l’alimentation, les pollutions de toutes sortes et tous les produits de synthèse en général. Les émotions négatives peuvent également être considérées comme activateurs de la toxémie exogène (trop d’acides dans l’estomac à cause de l’anxiété ou du stress, par exemple). Ce type de toxémie peut être influencé et géré par notre mode de vie, par la gestion de nos émotions ou par l’alimentation.

La production de déchets toxiques par l’organisme est un phénomène naturel résultant des différentes fonctions métaboliques. En situation normales, ces toxines sont éliminées par les émonctoires : intestin, reins, poumon, peau, foie.

Tout peut devenir toxique et se convertir en toxémie – c’est la quantité qui fait la différence !

Tout élément devient toxique et potentiellement dangereux en fonction de certains seuils comme la quantité, la répétition de l’exposition ou la concentration.

En naturopathie, à partir du moment où le seuil de tolérance à la toxémie est dépassé, on considère que les surcharges mettent en péril le bon équilibre humoral et donc une grande partie de ce qui constitue le terrain. Le seuil de tolérance à la toxémie diffère d’un individu à l’autre, en fonction de la qualité de ses organes d’élimination et de son énergie vitale. La toxémie a donc une influence directe sur la force vitale d’un individu et sur sa capacité d’auto-guérison

Pour Hippocrate et les hygiénistes naturels, la surcharge du milieu humoral est l’origine principale de nombreux troubles fonctionnels et lésionnels.

Les colles et les cristaux – toute toxémie – influencent notre terrain

Le terrain est une notion une définition fondamentale dans le naturopathie et beaucoup d’autres approches alternatives, telles que l’homéopathie. La connaissance du terrain est important quand on cherche la cause d’une pathologie au lieu de soigner uniquement les symptômes visibles.

Le terrain définit notre capacité à nous adapter aux différents stades de toxémie au sein de notre organisme. Le terrain définit également notre façon de combattre les éléments toxiques qui nous entourent en permanence, issus de notre alimentation plus ou moins saine, des agressions physiques issus de notre environnement et de nos habitudes de vie.

Lorsque le terrain est identifié, il est important d’évaluer la capacité d’adaptation et d’autoguérison qui est en principe le dynamisme qui mettra le terrain existant en mouvement pour le changer. Il s’agit de notre capacité à nous adapter à notre milieu en puisant dans nos ressources physiques et psychiques pour provoquer un changement.

La notion du terrain permet une approche différente de la santé et des pathologies. Elle permet également d’individualiser pour chaque personne les conseils, un fait qui est parfois négligé par les diagnostics allopathiques. L’être humain n’est pas seulement un assemblage de cellules et d’organes, mais un individu beaucoup plus complexe qu’il faut comprendre dans sa profondeur.

La dégradation de notre terrain s’effectue en plusieurs étapes

La maladie est une suite d’erreurs commises au quotidien, de mauvaises habitudes qui s’enchaînent dans le temps.

On peut classer la maladie selon le niveau de dégradation des cellules. Ces niveaux montrent directement l’état de notre terrain et sa dégradation éventuelle.

  • Niveau 1 : la maladie aiguë dite énergétique qui s’apparente à une forte vitalité et que l’on retrouve en particulier chez les enfants et chez les adultes attentifs et responsables de leur état de santé. Notre terrain de base est encore bien intact.
  • Niveau 2 : la maladie d’adaptation qui correspond aux premières réactions de l’organisme face aux attaques exogènes et endogènes et qui peut apparaître entre 30 et 50 ans. Le corps reconnait l’intrus et possède encore suffisamment de vitalité pour le combattre. Le terrain commence à s’abîmer, les premières conséquences de nos habitudes de vie et leur influence sur nos cellules et tissus se montrent.
  • Niveau 3 : la maladie chronique semble installée depuis quelques temps (plusieurs années). Colles et cristaux sont bien présents dans notre organisme. Le corps s’est habitué à vivre avec et n’engage pas de réaction violente pour s’en débarrasser. La cause peut être rapportée la plupart du temps, soit à des traitements agressifs et répétitifs qui en chassant les effets ont fini par enraciner les troubles, ou les déplacer (effets rebonds), soit par simple négligence, ou un refus de la personne à modifier ses mauvaises habitudes de vie. Nous sommes alors en présence d’un état de chronicité ou maladie chronique, il en ressort accoutumance de la situation, un système immunitaire déficient, des fonctions émonctorielles qui ne sont plus à même d’éliminer les toxines en excès, une physiologie modifiée, et une ouverture sur les maladies dégénératives. Notre terrain se dégrade visiblement ; cela devient de plus en plus difficile à récupérer le terrain de base sain ; d’importants changement dans notre vie sont nécessaires.
  •  Niveau 4 : la maladie d’incrustation ou maladie de dégénérescence. A ce niveau d’évolution, les tissus sont atteints en profondeur et l’encrassement superficiel circulant, puis déposant, a fini par s’incruster dans les organes cibles. La place de la naturopathie n’est plus prioritaire car insuffisante à ce degré d’évolution de la maladie. Mais les approches holistiques restent néanmoins accompagnatrices des traitements lourds qui fatiguent un organisme déjà épuisé et durement sollicité pour supporter les soins prodigués. Le terrain est très endommagé et difficile à récupérer. Très souvent, l’individu malade n’a plus l’énergie et la motivation d’entamer des changements profonds.

Prendre soin de soi et éviter l’installation de la maladie, c’est observer sa vie durant les règles hygiène vitale pour maintenir en équilibre les fonctionnalités de son l’organisme. Cela protège également notre terrain et le garde intact.


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Unicité morbide

C’est à Hippocrate, le père de la médecine, que nous devons la conception de l’unicité morbide. Cinq siècles avant J.-C., il écrivait :

« La nature de toutes les maladies est la même. Elles diffèrent seulement par leur siège. Je pense qu’elles ne se montrent sous tant de formes diverses qu’à cause de la grande diversité des parties où le mal est placé. En effet, leur essence est une ; la cause qui les produit est pareillement une. »

Vingt-cinq siècles plus tard, Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine en 1912, déclarait :

« Le corps est malade tout entier. Aucune maladie ne reste strictement confinée à un seul organe. »

La toxémie est donc la cause fondamentale des maladies, d’où la notion de « Causalisme » dans la naturopathie, mais aussi et surtout la notion d’unicité morbide. Pour le naturopathe André Passebecq, la toxémie est en fait la cause immédiate des maladies, la toxémie elle-même relevant de causes plus lointaines .

La toxémie est-elle donc la cause des maladies? Cela l’est certainement dans bien des cas de figures : nous sommes alors dans le domaine des maladies toxémio-dépendantes ! En effet comme le souligne Robert Masson, certaines maladies dépendent tout ou partie de la toxémie : les dermatoses comme l’eczéma ou le psoriasis par exemple traduisent, entre autres,  l’effort de l’organisme pour éliminer des « toxines » via la peau.

Mais d’autres maladies et pathologies chroniques ne sont pas directement liées à la toxémie, elles sont toxémio-indépendantes : par exemple, une incontinence d’urine due à des problèmes psychologiques, des douleurs d’articulations qui perdurent après un accident ou beaucoup d’autres.

Il faut donc noter que c’est surtout les maladies qui ont besoin de longues années pour se développer, telles que le diabète, l’hypertension, l’hyperlipidémie, le cancer, l’arthrose et tant d’autres (autrement dit les maladies de civilisation de longue durée), qui ont leur racine dans la toxémie et dans un terrain déstabilisé. Et ce sont ces maladies-là qui peuvent être évitées ou soignées en stabilisant la toxémie de l’organisme.

 

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