L'alimentation crue est une des bases de la nutrition cellulaire.
L’alimentation crue est une des bases de la nutrition cellulaire.

L’ alimentation vivante et la biodisponibilité des aliments sont des clés fondamentales pour rester en bonne santé et pour combattre nos maladies et dégénérescences de civilisation. 

Est-ce que notre organisme peut vraiment utiliser tous les micronutriments que l’on lui met à disposition ? Malheureusement non. L’assimilation dépendra de la biodisponibilité des micronutriments. La biodisponibilité est le pourcentage d’un nutriment absorbé pendant la digestion et le métabolisme, surtout par la muqueuse intestinale.

Cet article essaie de faire un peu de lumière sur la façon comment la biodisponibilité de ces éléments précieux peut être activement influencée par nos choix d’alimentation.

Aujourd’hui que tant de virus et de bactéries ont été maîtrisés grâce à la vaccination, à une meilleure hygiène et aux antibiotiques, les maladies dont hérite l’humanité (surtout occidentale) sont essentiellement les maladies de dégénérescence : troubles circulatoires, hypertension, pathologies du cœur, cancer, diabète, arthrite, maladie d’Alzheimer, obésité et tant d’autres.

Ce sont des maladies et des pathologies que nous contractons à cause de nos habitudes de vie et la mauvaise alimentation, morte et appauvrie en micronutriments. Ces maladies sont les conséquences directes du stress, de l’abus de la nourriture, de la malnutrition (« malbouffe »), du manque d’activités physiques et de la pollution, voire de la toxicité de notre environnement. Cette pollution peut être atmosphérique, alimentaire ou même par irradiation.

Penchons nous dans cet article sur le combat contre la malnutrition en micronutriments, en renforçant la biodisponibilité de ces molécules.

Nous devons changer nos habitudes d’alimentation pour combattre les pathologies chroniques

Malgré le fait que la médecine allopathique fasse appel à la haute technologie et aux interventions de dernière heure, elle ne peut pas grand-chose pour prévenir ou guérir les maladies dites « de civilisation ». Ce sont des pathologies chroniques qui demandent un changement profond nos habitudes de vie.

Nous devons donc arrêter de maltraiter et user notre corps et l’aider de retrouver sa vitalité ; ce pas est fondamental sur le chemin vers une meilleure santé.

La nutrition a un impact direct sur notre santé

De nombreuses études récentes démontrent que lorsque la nutrition est améliorée dans le positif, la santé suit presque immédiatement.

Même de petites modifications, telles qu’une diminution de consommation d’aliments industrialisés transformés, ultratransformés et raffinés (comme le sucre blanc raffiné, la farine blanche raffinée, les huiles végétales raffinées), d’alcool, de matière grasses qui sont mauvaises comme les graisses trans, peuvent améliorer la santé très rapidement.

Encore mieux : si nous nous efforçons d’intégrer de plus en plus d’aliments biogéniques et bioactifs dans notre alimentation, au lieu de consommer les aliments biostatiques et surtout biocidiques, les changements positifs seront visibles presque dans l’immédiat.

Ces changements se traduisent directement par une baisse des valeurs dangereuses dans les bilans sanguins, comme la glycémie élevée (HbA1c), le cholestérol ou les triglycérides.

La tension baisse également, le système immunitaire travaille plus efficacement et protège le corps des infections, des tumeurs malignes et d’un vieillissement précoce. En plus, même des petites modifications de régime influencent profondément notre bien-être.

Pourquoi une alimentation vivante avec une biodisponibilité élevée ?

Épices
Plus notre choix alimentaire en antioxydants et en composants phytochimiques est varié, plus nous protégeons nos cellules contre les radicaux libres et donc contre des pathologies.

On aura bien compris alors : notre santé et notre forme physique dépendent en grande partie de la qualité et de la variété des substances nutritives que nous ingérons.

Sans eux, nous ne pourrions ni construire et entretenir le mécanisme de notre organisme, ni effectuer les transformations chimiques complexes dont dépend la vie.

L’alimentation crue pourrait donc y jouer un rôle fondamental, mais elle n’est pas la clé magique. Manger au maximum des aliments crus ne nous mettra pas à l’abri des problèmes de santé.

Un autre facteur joue un rôle crucial : la biodisponibilité des macronutriments et des micronutriments. Notre organisme doit être nourri et pas seulement “rempli” pour satisfaire ses besoins les plus élémentaires.

Des éléments nutritifs innombrables … beaucoup encore inconnus par la science

Selon les scientifiques, il y a entre 50 000 et 150 000 composants chimiques différents qui entrent dans la fabrication et le fonctionnement du corps humain. Ils agissent l’un sur l’autre de manière complexe, en parfaite synergie que la science commence seulement à découvrir.

Pour montrer à quel point la science est seulement à ces débuts, voici quelques estimations : la science de la nutrition a isolé et identifié par exemple « seulement » quelques 17 vitamines et co-facteurs, quelques 32 minéraux et oligo-éléments, environ 4585 enzymes et co-facteurs enzymatiques (selon les estimations, il existe plusieurs centaines de milliers), ou encore environ 80 000 polyphénols et composants phytochimiques (pratiquement tous avec des effets antioxydants) dont environ 10 000 dans la nutrition.

Mais vu le nombre de variétés botaniques existantes sur la planète, retenons qu’il y en a au moins 150 000 – 200 000 composants phytochimiques, voire nettement plus. En plus, une variété peut contenir plusieurs polyphénols : par exemple, une pomme en contient 200 – 300, un oignon 70 – 100 ou une tomate 300 – 350.

Pratiquement quotidiennement, ces chiffres changent, puisque la science découvre fréquemment de nouvelles substances.

Ces éléments nutritifs sont essentiels. Ils ne sont pas isolés dans leur fonctionnement, mais synergiques : ils ont besoin les uns les autres. Ce n’est qu’en travaillant ensemble qu’ils peuvent effectuer les processus compliqués qui permettent à notre organisme de fonctionner.

Notre organisme a besoin d’une quantité infinie de substances nutritives et biodisponibles

Le corps humain a évolué de façon à utiliser les innombrables substances complémentaires et coopératrices qui se trouvent dans les aliments, mais uniquement dans leur état naturel, non transformé, non cuit. Un régime quelconque qui s’écarte trop de ce concept naturel qui est génétiquement prévu nous conduit à une malnutrition progressive.

D’abord, il y a un manque au niveau cellulaire, puis une défaillance du système immunitaire, et à la fin, c’est la maladie qui s’installe. On sait aujourd’hui que la malnutrition cellulaire est à la base de dix fois plus de maladies que celles définies cliniquement comme étant des déficiences. Parmi ces maladies, on trouve les allergies, l’arthrite, l’artériosclérose, les maladies cardiaques, les désordres psychiques, l’insomnie, les maladies dentaires, les infections, les déformations squelettiques, ou des pathologies du système immunitaire.

Éviter la malnutrition cellulaire

Si nous voulons donc surmonter notre impuissance face à ces maladies, nous devons attaquer à la malnutrition sur le niveau cellulaire. Cela va main en main avec l’augmentation de la biodisponibilité des éléments nutritifs.

Cela veut dire qu’il ne faut plus (ou pas seulement) se concentrer sur les symptômes des maladies et des pathologies, mais porter l’attention sur la vitalité cellulaire et sur le renforcement immunitaire qui vont avec.

L’alimentation vivante et crue est efficace pour obtenir un maximum de nutriments biodisponibles et naturels

Panier légumes

La manière la plus facile et la plus efficace de le faire à long terme est de changer nos habitudes alimentaires.

D’après nombreuses recherches dans le domaine des régimes curatifs à fort pourcentage en aliments crus (alimentation crue) et dans celui des études biochimiques qui suggèrent pourquoi l’alimentation crue est une force si puissante pour la santé, il faut croire qu’un régime riche en aliments crus et une alimentation vivante apporte plusieurs éléments précieux qui sont inexistants dans l’alimentation conventionnelle à  base d’aliments cuits :

  • une plus grande résistance à la maladie et au vieillissement ;
  • une vitalité accrue qui se tient tout au long de la vie ;
  • une correction du terrain qui est responsable de la genèse des maladies chroniques; 
  • la capacité d’auto-guérison et d’auto-correction du corps est réactivé et fonctionnelle pour affronter toutes sortes de problèmes de santé.

Une clé primordiale : la biodisponibilité des aliments

Qu’est-ce que la biodisponibilité ?

La biodisponibilité est la quantité de macronutriments et de micronutriments naturels dans nos aliments qui sont disponibles pour l’organisme.

Les macronutriments, ce sont les protéines (acides aminés), les graisses (lipides) et les glucides (sucres). Les micronutriments, ce sont les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, les enzymes, les antioxydants et les composants phytochimiques tels que les polyphénols, mentionnés plus haut.

Par contre, la biodisponibilité d’un élément nutritif ne se définit pas seulement par la quantité provenant de l’aliment tel quel, mais aussi de la quantité absorbée et utilisée par le corps.

La biodisponibilité est donc le pourcentage d’un nutriment absorbé pendant la digestion et le métabolisme, surtout par la muqueuse intestinale.

La biodisponibilité d’un aliment dépend de plusieurs facteurs et est très difficile à chiffrer

Compléments alimentaires
Les complémentes alimentaires synthétiques n’auront jamais la même biodisponibilité que les aliments naturels et vivants.

Les scientifiques et nutritionniste arrivent aujourd’hui à déterminer sans grands problèmes la quantité exacte de nutriments que contient un aliment. Très souvent, on les retrouve également sur les étiquettes des produits achetés, surtout en ce qui concerne les macronutriments.

Cependant, il est très complexe de déterminer la biodisponibilité de ces nutriments. Cette dernière dépend de plusieurs facteurs :

  • Source et qualité du micronutriment concerné (animale, végétale, synthétique) ;
  • composition du repas et d’autres aliments qui sont consommés en même temps (ex. antinutriments qui empêchent l’absorption de certains minéraux et oligo-éléments, composition des acides aminés, réaction des aliments entre eux) ;
  • méthode de préparation (aliments crus vs. aliments fermentés vs. aliments cuits vs. aliments frits et transformés ) ;
  • efficacité de la digestion et le temps de transit digestif d’un individu (le diabète ou le syndrome du “Leaky Gut”, par exemple, peuvent ralentir et modifier ce processus) ;
  • matrice de l’aliment et son contenu en fibres : plus la structure moléculaire est rigide et cloisonnée, plus l’aliment est difficilement assimilable. Pour le rendre biodisponible, il faut le mâcher, l’imbiber abondamment de sucs salivaires, gastriques, pancréatiques et biliaires. Dépendant de l’aliment, il s’agit d’un travail fatigant pour l’organisme et qui peut être un frein à la biodisponibilité de ces micronutriments.

Quelques exemples concrets …

La biodisponibilité frôle les frontières de la science exacte et chiffrable. Chaque petit détail joue un rôle et peut modifier la quantité des micronutriments effectivement assimilés.

Voici quelques exemples de la vie quotidienne :

La biodisponibilité du fer 

On connaît deux sources de fer : végétale ou animale. Les deux ne se valent pas et elles n’auront pas la même biodisponibilité.

Le fer est nécessaire à la fabrication de l’hémoglobine (protéine présente dans les globules rouges qui permet de transporter l’oxygène dans l’organisme), de la myoglobine (protéine du muscle permettant de stocker l’oxygène), d’enzymes impliquées dans la respiration et la synthèse de l’ADN.

La majorité du fer de l’organisme (70%) est sous forme dite « héminique » (associé à l’hémoglobine), le reste étant sous forme dite « non héminique » (forme de transport et de réserve).

Les produits carnés – donc produits de source animale – constituent d’excellentes sources de fer, mais on en trouve également des quantités notables dans les produits de la mer (coquillages et poissons), le germe de blé, les oeufs, le chocolat ou encore les charcuteries.

Plus que la quantité de fer contenue dans un aliment, ce sont sa qualité et donc la biodisponibilité qui comptent. L’organisme absorbe différemment le fer d’origine végétale et celui d’origine animale. Ainsi, le fer contenu dans les produits carnés est 2,5 fois plus assimilable que le fer des produits végétaux et des produits laitiers.

Par ailleurs, la consommation simultanée de viande et de végétaux riches en vitamine C (fruits, légumes crus) permet d’augmenter considérablement la biodisponibilité et d’améliorer l’assimilation du fer.

La biodisponibilité du calcium

Yaourt

Il en est de même pour le calcium d’un brocoli versus le calcium contenu dans les produits laitiers : ils sont totalement différents en terme de pourcentage d’absorption intestinale.

Le lait, le yaourt nature ou le fromage à pâte dure possèdent un taux d’absorption d’env. 32.1 %, le brocoli se situe à env. 61 %, son taux est donc largement supérieur, et une boisson au soja a un taux entre 21 et 24 %, dépendant si elle est enrichie avec du phosphate tricalcique ou avec du carbonate de calcium.

Le brocoli (et les autres crucifères) possèdent un calcium qui est particulièrement bien assimilé et qui est alors très intéressant pour les végans. Par contre d’autres légumes qui en contiennent, comme par exemple l’épinard, ont un calcium peu biodisponible en raison de leur teneur en acide oxalique.

La biodisponibilité de la vitamine C

Comme dernier exemple, on pourrait citer la vitamine C. Bien sûr, la vitamine C naturelle possède aussi une biodisponibilité supérieure à une vitamine C de synthèse (acide ascorbique). Dans un fruit ou légume naturel qui contient de la vitamine C naturelle, il existe une action synergique entre la vitamine et les bioflavonoïdes de la plante. Aujourd’hui, les laboratoires fabriquant les vitamines naturelles ont compris cette corrélation importante et recomposent cette synergie en ajoutant des extraits de bioflavonoïdes comme l’acérola, le cynorrhodon ou le camu camu.

Cette synergie n’existe pas dans la vitamine de synthèse. Ce constat n’est pas uniquement valable pour la vitamine C, mais pour tous les compléments alimentaires synthétiques ! Cette différence de biodisponibilité entre vitamines naturelles et synthétiques explique la formulation de certains produits qui présentent un très fort dosage. Cela permet de compenser une faible biodisponibilité. L’organisme n’assimile qu’une partie restreinte de ces vitamines de synthèse.

L’utilisation de vitamines naturelles permet donc d’éviter les surdosages inutiles, du fait de leur forte biodisponibilité. Parce que – même si le corps n’arrive pas à assimiler le haut dosage des vitamines synthétiques – ces dernières créent toujours des déchets métaboliques et une surcharge toxémique dans les émonctoires.

Alors, comment préférer les aliments : cru ou cuit ?

Pour faire court … ni l’un ni l’autre n’est parfait à 100 % ! La réponse doit être beaucoup plus nuancée, et il faut décider au cas par cas individuellement.

Les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients – il faut bien choisir selon l’aliment et la préparation que l’on souhaite déguster ! 

Les macronutriments comme les protéines, les graisses et les glucides passent presque intégralement (à 90 %) la barrière intestinale, si l’individu est en bonne santé. Les macronutriments sont donc nettement moins problématiques que les micronutriments, ils sont en général très bien assimilés.

Par contre, ce n’est pas le cas des micronutriments ou encore des antioxydants naturels. Les micronutriments ont beaucoup d’ennemis : la cuisson, le type de cuisson, le chaud et le froid, la durée de conversation, la composition du repas (ex. ajout d’acides ou d’éléments synthétiques comme des conservateurs), etc. Ces derniers entament tous une destruction des composants naturels et diminuent drastiquement la teneur en micronutriments et leur biodisponibilité.

De plus, tout ce que nous mangeons ne nous profite pas : l’intestin refuse le passage dans le système sanguin à certains nutriments alors qu’ils sont excellents pour la santé. Ce refus est – entre autres aspects – à chercher dans la matrice trop rigide de l’aliment, la quantité importante des fibres (pourtant très importantes pour la santé et pour la digestion !) ou encore dans la forme des micronutriments, c’est-à-dire des molécules peu biodisponibles.

Le dilemme de la biodisponibilité pas si facile à résoudre : aliment cuit vs. aliment cru

Soupe

Alors, en résumé, on se retrouve dans le dilemme suivant : 

Aliment cuit => Fibres cuits donc moins rigides, biodisponibilité plus élevée, par contre moins de micronutriments puisque perdus en route (élimination, perte et/ou modification par la cuisson, par les méthodes de conservation, etc.) ;

Aliment cru => Teneur intéressante pour beaucoup d’enzymes et vitamines qui se détruisent avec la cuisson à partir de 42°C (pour les enzymes), mais structures plus rigides et donc difficiles pour notre métabolisme. Notre intestin s’y oppose littéralement.

Que faire alors ?

Fort heureusement, il existe quelques techniques qui augmentent drastiquement la biodisponibilité des aliments.

Activation de la biodisponibilité par trempage

Légumes secs
Les légumes secs font partie des aliments qu’il faut systématiquement tremper pour éliminer les antinutriments et augmenter la biodisponibilité ses micronutriments précieux.

Le trempage est une technique très efficace pour beaucoup de famille d’aliments qui possèdent une enveloppe extérieure rigide et dure :

  • graines : lin, chia, chanvre, courges, tournesol, pavot, etc. ;
  • légumes secs : pois chiches, haricots blancs, haricots rouges, lentilles, etc. ;
  • oléagineux : amandes, noix, noisettes, noix de pécan, noix du Brésil, etc. ;
  • céréales complètes  et pseudo-céréales : blé, blé dur, avoine, seigle, orge, riz complet, quinoa, sorgho, boulghour, épeautre, etc.

En trempant les aliments susmentionnés, on déclenche un début de germination des graines. Ce processus augmente drastiquement la teneur en micronutriments et la biodisponibilité de ces derniers lors de la consommation. Ce n’est pas le cas lors d’une consommation classique, sans trempage.

L’acide phytique et les antinutriments – des ennemis de taille de la biodisponibilité

Dans leur environnement naturel, les plantes se protègent des prédateurs grâce à un acide présent à l’origine chez elles qui est l’ acide phytique. Cet acide capte les minéraux des plantes, forme des combinaisons et les transforme en sels. 80 % de l’acide phytique se situe dans l’enveloppe ou le son. On peut dire qu’il s’agit d’une forme de stockage de phosphore et de minéraux.

L’acide phytique a la propriété de chélater (capter chimiquement)  divers cations (zinc, fer, calcium, cuivre, magnésium, manganèse, cobalt) formant des sels insolubles et pas biodisponibles pour la digestion humaine. La présence de l’acide phytique limite donc  l’absorption des nutriments quand nous mangeons ces plantes.

En plus de l’acide phytique, il y a d’autres facteurs antinutritionnels dans les grains, les graines, les légumes secs et les oléagineux  : les lectines, les tanins, les inhibiteurs d’enzymes (inhibiteur d’amylase, inhibiteur de trypsine, inhibiteur de chymotrypsine). Tous ces éléments ont un impact considérable sur la biodisponibilité et empêchent notre organisme de pouvoir profiter pleinement des bienfaits existants.

En faisant tremper les aliments susmentionnés pendant une nuit dans un milieu légèrement acide (eau légèrement citronnée ou avec un peu de vinaigre de cidre) et à une température ambiante (au réfrigérateur, l’effet est nettement diminué ou même arrêté, car pour la germination, les graines ont besoin de la chaleur), la plante délibère un enzyme qui s’appelle la phytase.

Celui-ci s’attaque à l’acide phytique qui sert par sa destination d’origine à protéger la plante contre les prédateurs, mais qui constitue un empêchement à la germination. La phytase détruira donc environ 60 % de l’acide phytique. Le reste s’éliminera en grande partie pendant la cuisson, d’où l’importance de bien cuire les légumes secs et les grains / céréales. Bien évidemment, il faudra jeter l’eau de trempage qui contient tous les déchets phytochimiques !

En plus d’augmenter la disponibilité des nutriments, on augmente aussi leur digestibilité et leur biodisponibilité. Lors du trempage, il y a une pré-digestion des glucides et des protéines (acides aminés).

Il est conseillé d’éviter les préparations industrielles avec des céréales complètes, des graines ou des légumes secs non-trempés.

Activation de la biodisponibilité par germination

Graines germées
Les graines germées possèdent une multitude incroyable en micronutriments hautement biodisponibles.

La technique de la germination s’utilise pour tous les grains (céréales et pseudo-céréales), graines et oléagineux qui possèdent encore leur pouvoir germinatif. La germination est uniquement possible si la plante (la graine) est encore vivante : non-traitée, non-chauffée, biologique, non-irradiée, sans transformation industrielle quelconque.

Le processus de la germination a des avantages importants :

  • Les substances nutritives sont réduites en plus petites unités, donc mieux biodisponibles. Les protéines sont réduites en acides aminés et les glucides en sucres simples. C’est comme si les pousses étaient prédigérées. En conséquence, leur assimilation est nettement plus facile pour notre organisme. La teneur en amidon d’une graine ne change pas pendant les premières heures de germination, mais après 12 heures elle diminue fortement (cela est un facteur important pour des personnes contrôlant leur apport glucidique comme les diabétiques).  La teneur en protéines reste inchangée par la germination, par contre leur digestibilité est énormément améliorée.
  • La teneur en micronutriments et en enzymes est drastiquement augmentée. Les graines germées sont beaucoup plus riches en vitamines, minéraux, oligo-éléments, enzymes et antioxydants que les graines non-germées. Elles sont de côté minéraux particulièrement riches en calcium, magnésium, phosphore, potassium, zinc et fer, et de côté vitamines, elles contiennent d’importantes quantités de vitamines du groupe B et de vitamine C (lorsqu’elles sont exposées à la lumière). Les légumineuses normalement pauvres en vitamine C augmentent leur teneur pendant la germination. 100 g de lentilles cuites fournissent 1.5 mg de vitamine C alors que la même quantité de lentilles germées apporte 16.5 mg. Les graines de légumes augmentent leur contenu en presque tous les minéraux et vitamines.
  • La chlorophylle se développe dans les graines de légumes. La chlorophylle se développe pendant le processus de germination. C’est elle qui donne la couleur verte aux plantes. Elle agit comme une antenne qui absorbe la lumière solaire. Par un processus chimique appelé la photosynthèse, les plantes utilisent l’énergie solaire pour exécuter leurs fonctions métaboliques. Beaucoup d’études ont été faites sur la chlorophylle et ses utilisations médicinales. Elle semble être favorable à notre coeur et nettoie notre système vasculaire, nos poumons, notre foie et nos reins.
  • Les toxines et acides qui empêchent à la digestion sont réduits voire éliminés (comme expliqué plus haut). La germination réduit considérablement la teneur en ces composés. Des études montrent que la digestibilité des protéines des haricots mungos augmente de 56 % à 80 % au cours d’une germination de 60 heures. Parallèlement à l’acide phytique, les inhibiteurs de la trypsine et les tanins sont également réduits avec le processus de germination. La trypsine est l’enzyme qui est nécessaire à la digestion des protéines. Les légumineuses contiennent des substances appelées facteurs inhibiteurs de la trypsine qui empêchent une bonne digestion des protéines. Ces facteurs d’inhibition diminuent lors de la germination, jusqu’à la hauteur de environ 70 %. Les tanins sont également des substances présentes, mais en petite quantité, dans les légumineuses. Ils font partie du groupe des polyphénols. Ils se lient avec les protéines et abaissent ainsi leur digestibilité. La concentration en tanins diminue considérablement lors de la germination et deviennent non détectables après 60 heures.

Quelques astuces pour augmenter la biodisponibilité de certains micronutriments

  • Vitamines liposolubles et les aliments qui en contiennent : les vitamines A, D, E et K et les caroténoïdes sont liposolubles. Cela signifie qu’elles sont solubles et donc absorbées grâce au gras ! Ainsi, pour absorber au mieux ces vitamines, il est préférable de les associer à un filet d’huile d’olive, noix ou lin. Il suffit d’une toute petite quantité. La consommation de la carotte crue toute seule sans accompagnement vous prive donc de ses vitamines précieuses ! Il va de soi que certains compléments alimentaires contenant les vitamines liposolubles doivent également être pris dans le cadre d’un repas contenant des lipides.
  • Calcium et les aliments qui en contiennent : l’absorption du calcium est très complexe. Pour que celle-ci soit optimale, elle nécessite la présence de vitamine D, de lactose, de phosphore (plus exactement un rapport particulier entre calcium et phosphore) et d’une protéine spécifique, à savoir la caséine. Vous l’aurez compris, ce sont tous les constituants du lait ! Le calcium contenu dans le lait est alors très bien absorbé. De même, on peut se rendre compte que l’intérêt de consommer des produits laitiers à 0 % de matière grasse laisse dubitatif. En effet, ceux-ci ne permettent pas d’absorber de manière intéressante le calcium (pas de matière grasse, donc pas de vitamine D qui est liposoluble et donc, pas de calcium absorbable). Alors, si on se décide pour la consommation des produits laitiers, il faudrait toujours choisir les produits complets et non-allégés. Si on préfère le calcium végétal, il faudrait bien veiller à l’associer avec la vitamine D et des lipides. En même temps, on évitera bien sûr la consommation simultanée d’antinutriments et chélateurs de calcium. L’association lait / yaourt et céréales ou graines doit donc bien être réfléchie et préparée (trempage préalable des ingrédients du müsli).
  • Fer et les aliments qui en contiennent : le fer animal qui est également appelé fer héminique est mieux absorbé que le fer végétal. Son absorption est entre 15 à 35 %. La présence de protéines musculaires, dans les viandes, augmenteraient significativement son absorption – cette explication est encore à l’étude, en revanche, même si l’explication n’est pas encore reconnue à 100 %, ce fait est réel. Le fer végétal par contre, également appelé fer non-héminique, n’est absorbé qu’à 2 – 20 %, donc un pourcentage beaucoup plus bas. Le fer non-héminique est fortement influencé par la composition du repas complet ; le fer héminique possède une grande biodisponibilité intrinsèque et, à la différence du fer non-héminique, il n’est pas influencé par les autres composants du repas. L’acide ascorbique (vitamine C) améliore l’assimilation du fer, par contre, les tanins (thé, café, vin), les composés phosphatés et les phytates peuvent être considérés comme inhibiteurs. On voit donc que la combinaison d’un steak et d’un bon verre de vin rouge n’est pas trop recommandée d’un point de vue nutritionnel.
  • Tomates et produits dérivés qui contiennent du lycopène : le lycopène est un antioxydant important contenu dans les tomates et les produits dérivés. Le lycopène est mieux absorbé grâce à l’action de la chaleur. Ainsi, le lycopène sera mieux assimilé par l’organisme en mangeant des tomates cuites plutôt que crues, et cela à toutes les sauces !
  • Fibres et tous les aliments qui en contiennent : pour commencer, les fibres sont des composants très importants pour maintenir sa santé ! Aucunement, il faut renoncer à l’apport des fibres. Mais elles ont également un grand inconvénient : elles diminuent globalement l’absorption de tous les autres nutriments. Cela peut sembler néfaste, mais ce phénomène est également bénéfique concernant les macronutriments. En diminuant l’absorption des protéines, elles limitent le temps de contact de l’azote (constituant des protéines) avec la paroi intestinale, ce qui limite les risques de développer un cancer du côlon. En diminuant l’absorption des lipides et donc du cholestérol, elles limitent les risques d’obésité et de développer des maladies cardiovasculaires. Et finalement, en diminuant l’absorption des glucides, elles limitent les variations importantes de la glycémie et en même temps les risques de développer un diabète de type 2. En cas de diabète déclaré, les fibres constituent un pilier principal de l’alimentation quotidienne pour limiter l’hyperglycémie postprandiale. En ce qui concerne les micronutriments, il faut essayer de les consommer à distance des repas contenant beaucoup de fibres. Cela est également valable pour les compléments alimentaires – jamais en même temps que les fibres !
  • Potassium et tous les aliments qui en contiennent :  nos ancêtres consommaient 7 – 8 g de potassium par jour, et moins de 1,5 g de chlorure de sodium (sel). Aujourd’hui, parce que nous mangeons beaucoup moins de végétaux et plus de plats transformés et du fast food, nous ne consommons pas plus de 3 à 4 g de potassium par jour, alors que notre consommation de sel a fortement augmenté pour atteindre en moyenne 10 g par jour. La réalité montre alors que de nombreuses personnes souffrent d’une carence en potassium. Comme on peut donc constater, il faut garder un oeil très attentif sur notre consommation de potassium (et de sel). Tous les aliments renferment du potassium, notamment les aliments végétaux. Si on a donc une alimentation riche en végétaux, on atteint facilement la quantité en potassium nécessaire. Par contre, il y a un autre problème de taille. Le potassium se perd très rapidement lors de la préparation des repas. En écrasant, en coupant, en râpant l’aliment concerné, et en ajoutant de l’eau pour la cuisson, le potassium est carrément éliminé de l’aliment et jeté avec l’eau de cuisson. Par conséquent, il faut préférer de cuire le légume tout entier à la vapeur (ex. pomme de terre avec la peau), sans contact direct avec de l’eau, et le couper ensuite. Si l’eau de cuisson est inévitable, il est recommandé de l’utiliser pour la préparation d’une soupe ou d’une sauce – pleine de potassium
  • Recommandations pour quelques autre aliments :
    • Carotte : consommation cuite pour augmenter la biodisponibilité du bêta-carotène ;
    • Graines germées / jeunes pousses : consommation crue, contiennent une multitude de micronutriments précieux ;
    • Viande rouge : consommation cuite pour augmenter la biodisponibilité du fer héminique ;
    • Poisson gras : consommation cuite, mais à chaleur modérée pour augmenter la biodisponibilité de la vitamine D et conserver l’oméga 3 ;
    • Soja : toujours consommation cuite ou fermentée

 

 

Autres articles qui pourraient vous intéresser :

Aliments biogéniques et bioactifs, des aliments bénéfiques pour la santé

Aliments biostatiques et biocidiques, des aliments à vibrations basses qui rendent malade

Aliments crus en pratique (1) – Changer ses habitudes, c’est possible !

Vibration des aliments – Les unités Bovis

 

En cas de malaise ou de maladie, nous vous prions de consulter en tout cas un médecin ou un professionnel de la santé en mesure d’évaluer correctement votre état de santé. Le contenu de ce site https://naturolistique.fr et de ses pages annexées ne remplace en aucun cas le diagnostic d’un médecin.

https://naturolistique.fr ne permet pas de faire de diagnostic médical ou une recommandation de traitement médical pour aucune pathologie ou affection quelconque. Nous déclinons toute responsabilité en cas de mauvaise interprétation des conseils donnés.

En utilisant ce site https://naturolistique.fr , vous reconnaissez avoir pris connaissance de l’avis de désengagement de responsabilité et vous consentez à ses modalités.

 

Crédits/sources images: Pixabay, Public Domain CC0, libre de droits

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.