Facteurs de risque – Alcool


L’alcool est un facteur de risque majeur.

Plus de 49 000 décès attribuables à l’alcool ont été observés en France en 2009, soit 9% de l’ensemble des décès.

La plupart du temps, l’abus d’alcool est associé à l’ivresse ou l’alcoolo-dépendance. Mais cette attitude caricaturale permet de stigmatiser certains comportements tout en se donnant des excuses pour justifier sa propre consommation. Pourtant, l’alcool devient problématique avant l’ivresse.

La France reste parmi les plus gros consommateurs dans le monde avec en moyenne 15,6 litres d’alcool pur par an et par habitant, soit environ 173 bouteilles de vin ou 1 180 canettes de bière.

L’héritage culturel, la tradition familiale, l’attachement au terroir ou aux réunions « viriles » sont bien souvent appelés en renfort pour justifier une consommation que l’on juge raisonnable. « Cela ne peut pas être mauvais, je ne bois que du bon vin » ou « Je ne bois jamais trop puisque je ne suis pas ivre »… Cette minimisation des dangers rend difficile les messages de prévention, pourtant aujourd’hui la vérité ne souffre d’aucun doute : l’alcool est dangereux même si on n’en ressent pas les effets, même si on n’est pas ivre ou dépendant.

 

En France, 5 millions de Français sont en difficulté avec l’alcool, dont une partie majeur a moins de 20 ans. Les conséquences sanitaires directes (cancers, maladies cardiovasculaires, cirrhoses, maladies psychiques, etc.) d’une consommation régulière et excessive représentent 23 000 morts par an, contre environ 4 000 liés à des accidents de la route. Pourtant, un sondage réalisé par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) montrait qu’une majorité de Français méconnaissent encore les dangers d’une consommation excessive d’alcool. Plus de la moitié sous-estiment les seuils de consommation et pensent que l’on meurt davantage d’un accident de la route provoqué par une ivresse que d’une consommation régulière de plus de 4 verres par jour.

Le saviez-vous ?

Un verre standard = 1 unité d’alcool = 10 g d’alcool =

  • 1 chope de bière à 5° (250 ml) ou
  • 1 coupe de champagne à 12° (100 ml) ou
  • 1 verre de vin à 12° (100 ml) ou
  • 1 verre d’apéritif à 18° (70 ml) ou
  • 1 verre de whisky à 40° (30 ml) ou
  • 1 verre de pastis à 45° (un peu moins de 30 ml).

 

L’alcool, le meilleur ennemi de l’homme

En France, l’alcool provoque 45 000 décès, dont 80 % chez les hommes. Malgré ces chiffres alarmants, la prévention peine à passer auprès de la gent masculine. A l’origine de ce problème, la relation « affective, virile et culturelle »  qu’ils entretiennent avec l’alcool et leur difficulté à en apprécier les risques.

L’alcool provoque 23 000 décès par an par cancers, cirrhoses ou alcoolo-dépendance. Mais outre ces morts qui lui sont directement imputables, il agit comme facteur associé dans 45 000 décès dont 38 000 sont des hommes.

La consommation excessive d’alcool est donc ainsi responsable du décès d’un homme sur 7. Pour la tranche d’âge de 45 à 65 ans, plus d’un homme sur quatre meurt des suites d’une consommation excessive d’alcool pendant toute une vie – une consommation, qu’il a commencé dans un âge adolescent et qu’il a poursuit pendant toute sa vie.

Nombre de décès attribuables à l’alcool, par sexe pour les principales maladies liées à l’alcool :


Hommes Femmes
Cancers 14000 2000
Troubles mentaux 2000 500
Cardio-vasculaire 7000 600
Respiratoire 1000 100
Digestive 6000 2200
Accidents et empoisonnements 6000 1100
Mal spécifié 200 500
TOTAL 38000 700

Quelques chiffres permettent d’élucider en partie l’origine de cette inégalité homme/femme face aux ravages de l’alcool :

  • Les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à boire de l’alcool tous les jours ;
  • ils sont trois fois plus souvent ivres que les femmes ;
  • le risque de dépendance est trois fois plus élevé chez les hommes ;
  • les hommes reconnaissent avoir bu la veille 2,9 verres en moyenne ;
  • le vin est la boisson la plus consommée mais la bière est la boisson la plus masculine.

 

En France, l’alcool est une cause majeure de cancer

Bouche, gorge, œsophage : sur tout son trajet l’alcool cause des dégâts et accroît le risque de nombreux cancers – à plus forte raison s’il est associé au tabac. Chaque année, l’alcool est responsable d’environ 10 000 décès par cancer. Ce risque dépend de la dose consommée et non du type d’alcool : de plus que l’alcool est fort, de plus il est dangereux.

Au total, l’alcool est responsable de 7 % de l’ensemble des cancers. Si l’association entre consommation de boisson alcoolisée et risque de cancer est connue depuis près d’un siècle, on n’en connaît toujours pas précisément les mécanismes. Toutefois, l’alcool semble plutôt agir par contact direct, et va surtout entraîner des cancers au niveau des voies aéro-digestives supérieures (bouche, gorge, œsophage). Mais les dégâts vont au-delà et boire de l’alcool augmente les risques de multiples cancers :

  • Cancers de la bouche, du pharynx, du larynx : risque multiplié par deux. Ces types de cancer sont étroitement liés à la consommation alcoolique. Le risque est encore accru par l’association du tabac et de l’alcool, responsable d’une surmortalité évidente. Parmi les non-fumeurs, les grands buveurs encourent un risque de cancer jusqu’à 10 fois supérieur aux abstinents. Et chez les grands buveurs/grands fumeurs, les risques sont au moins 40 fois plus élevés chez que chez les non-buveurs non-fumeurs.
  • Cancer de l’œsophage : en moyenne, l’alcool multiplie les risques par trois. Ce cancer est aussi fortement associé à la prise d’alcool : plus de la moitié des décès masculins par cancer de l’œsophage lui sont attribuables. Le risque est très augmenté par l’association alcool/tabac et les chiffres donnés pour les grands buveurs/grands fumeurs sont impressionnants : une personne consommant plus de 80 g d’alcool par jour (environ 8 verres !) a 18 fois plus de risques de développer un cancer de l’œsophage qu’une personne buvant 4 verres au plus ; une personne fumant plus de 20 cigarettes par jour a un risque multiplié par 5 ; celui qui cumule les deux a 44 fois plus de risques.
  • Cancer du foie : multiplication des risques par 1,5. L’alcool est un poison du foie. En détruisant ses cellules, il peut entraîner des cirrhoses, qui elles-mêmes évoluent parfois en cancer.
  • Cancer du sein : risque multiplié par 1,2. De nombreuses études montrent la relation entre la prise d’alcool et le cancer du sein. Le risque augmente d’environ 7 % par verre quotidien.


Les risques de l’alcool sur la santé

L’alcool peut nuire gravement à la santé sans qu’il y ait alcoolo-dépendance. Les pathologies liées à l’alcool viennent souvent d’un usage à risque et usage nocif sans qu’il y ait nécessairement alcoolo-dépendance psychique et/ou physique. De même les consommations massives en une seule fois peuvent également avoir des conséquences néfastes.

L’abus d’alcool est encore souvent associé presque exclusivement aux maladies du foie. Or l’alcool est impliqué dans une cinquantaine de pathologies. Il n’est guère d’organes qui ne soient pas touchés par la consommation excessive d’alcool, le cerveau et le système nerveux en premier. L’OMS a identifié la consommation d’alcool comme l’un des 10 premiers facteurs de risque dans le fardeau mondial de la maladie et une étude récente suggère qu’un décès sur dix en Europe est imputable à l’abus d’alcool.

Les maladies ou pathologies physiologiques dues directement à la consommation chronique de l’alcool dépendent bien sûr de la quantité consommée. Une alcoolisation chronique avec une consommation excessive et régulière (quatre verres ou plus par jour) peut graduellement provoquer de multiples pathologies :

  • Des lésions hépatiques comme p.e. hépatites, cirrhose hépatique ;
  • de nombreux cancers : cancer de la cavité buccale, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du foie, du pancréas, le cancer du sein et les cancers colorectaux ;
  • de nombreuses pathologies cardio-vasculaires : hypertension, cardiopathies, accident vasculaire cérébral (AVC) ;
  • ulcères ;
  • troubles pancréatiques comme des pancréatites ;
  • diabète ;
  • gastrites ;
  • obésité ;
  • carences multiples en oligo-éléments etc. ;
  • déshydratation ;
  • dénutrition ;
  • dérèglements hormonaux ;
  • impuissance ;
  • pathologies cérébrales : lésions cérébrales, atrophies cérébrales, encéphalopathies, épilepsie ;
  • polynévrites.

 

Pathologies du cerveau et du système nerveux

Des troubles cognitifs sont fréquemment observés chez plus de 50% des consommateurs. Ces troubles affectent la mémoire, les capacités visuomotrices et perceptives, l’abstraction ou les capacités d’élaboration. Ces symptômes peuvent persister après le sevrage, pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Le cortex frontal, une région cérébrale impliquée dans la réalisation des tâches cognitives, est particulièrement sensible aux effets de l’alcool. Il n’existe pas de mécanisme unique expliquant la neurotoxicité du produit. Toutefois, il est certain que l’éthanol, lui-même, est neurotoxique : à fortes doses, il perturbe les mécanismes de transmission de l’information nerveuse. Il peut même détruire les neurones.

L’usage chronique d’alcool détruit les neurones soit directement lors de l’absorption de doses massives, soit en empêchant l’absorption digestive des vitamines B. Les neurones ayant absolument besoin de ces vitamines pour vivre, il y a mort neuronale. Cette mort neuronale se traduit par :

  • Des troubles définitifs de l’équilibre, la personne reste “ébrieuse ” à vie du fait de lésions situées au niveau du cervelet (ataxie) et des nerfs périphériques (polynévrite).
  • Des troubles de la mémoire des faits immédiats, la personne devient définitivement incapable de mémoriser les faits récents, tout en gardant intact les faits anciens. Cela est dû à des lésions de la région hippocampique du cerveau.
  • Des troubles démentiels plus généraux, liés à des atteintes moins localisées du cortex.

 

Pathologies alcooliques du foie

Une consommation chronique d’alcool peut entraîner des perturbations hépatiques telles qu’une stéatose, caractérisée par une surcharge en lipides, une hépatite alcoolique ou une cirrhose.

La malnutrition, tout comme le surpoids, semblent favoriser ces pathologies hépatiques. La plupart des cirrhoses sont diagnostiquées vers l’âge de 50 ans chez l’homme. La durée d’intoxication nécessaire pour développer une cirrhose est estimée à au moins 10 ans chez les femmes et au moins 15 ans chez les hommes, pour des doses quotidiennes plus faibles chez la femme : d’après les études, le risque de développer une cirrhose devient important (risque multiplié par 3 ou 4) à partir de 30 g d’alcool par jour chez la femme et 50 g d’alcool par jour chez l’homme. Après le diagnostic d’une cirrhose, 40 à 80 % des patients décèdent dans les 5 ans.

 

Pathologies cancéreuses liées à l’alcool

Les gros consommateurs présentent plus de risque de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, œsophage et larynx) que ceux qui ne consomment pas ou peu d’alcool. Selon la quantité d’alcool ingérée chaque jour, le risque est entre 2 et 6 fois plus importants.

L’alcool et le tabac forment un redoutable cocktail aux effets particulièrement néfastes. Consommés conjointement, ils augmentent nettement le risque de survenue des cancers des voies aérodigestives. Comparés à ceux qui ne boivent pas d’alcool et ne fument pas de tabac, les consommateurs de plus de 45 g d’alcool par jour ont deux fois plus de risque de développer un cancer de la cavité buccale et du pharynx. Ce risque est multiplié par 15 si, de surcroît, ils fument chaque jour plus de 40 cigarettes. De même, les personnes qui boivent et fument beaucoup ont un risque de développer un cancer de l’œsophage multiplié par 44.

Le cancer du foie peut aussi se déclarer suite à une consommation excessive d’alcool. Ce type de cancer n’apparaît que chez les patients ayant d’abord développé une cirrhose. Pour ces patients cirrhotiques, et en particulier pour ceux ayant été infectés par le virus de l’hépatite B ou C, la probabilité d’être atteints d’un cancer du foie dans les cinq années qui suivent est estimée entre 15 à 20 %.

Des études récentes ont montré que l’alcool est incriminé dans la genèse des cancers du sein et colorectaux. La consommation d’alcool est donc associée avec certitude à la survenue de 7 cancers :

  • sein ;
  • cavité buccale ;
  • pharynx ;
  • larynx ;
  • œsophage ;
  • foie ;
  • colon-rectum.

Ce risque est indépendant du type de boissons alcoolisées consommées : il est directement lié au pouvoir cancérigène de l’éthanol que celles-ci contiennent.

 

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