Propriétés chimiques de l’eau – Le pH de l’eau et des eaux minérales (Partie 3)


La qualité d’une eau et son pH (potentiel hydrogène) sont souvent mentionnés dans une même phrase. Le pH de l’eau est un facteur important dans le traitement et dans l’appréciation de l’eau – il fait partie des propriétés chimiques de l’eau, comme par exemple la polarité particulière de l’eau qui rend possible la liaison hydrogène qui elle, est considérée comme source de la vie sur la Terre.

Mais le pH ne concerne pas seulement l’eau: pour beaucoup d’autres substances, on peut également  mesurer le pH. Dans le contexte de ce site, ceci devient surtout intéressant concernant les aliments.

Le pH donne une indication de l’acidité d’une substance. L’acidité est donc un des paramètres les plus importants des propriétés de l’eau. L’eau est un solvant pour presque tous les ions et le pH permet de comparer les ions les plus solubles dans l’eau.

Le résultat d’une mesure de pH est défini par les quantités d’ions H+ et d’ions OH– présentes dans la substance. Quand les quantités de ces deux ions sont égales, l’eau (ou la substance) est considérée comme neutre, et le pH à une valeur aux alentours de 7. 

Le pH d’une substance varie entre 1 et 14. Au-dessus de 7, la substance est considérée comme basique (ou alcaline) et la quantité d’ions OH est supérieure à celle d’ions H+. Au-dessous de 7, la substance est acide ; les ions H+ sont en quantités supérieures.

Notons donc, dans un milieu aqueux à 25 °C :

  • une solution de pH = 7 est dite neutre ;
  • une solution de pH < 7 est dite acide : plus son pH diminue, plus elle est acide,
    • pH 1 – pH 3 : acides forts et potentiellement très dangereux ;
    • pH 4 – pH 5 : acides faibles ;
    • pH 6 – pH 7 : acides neutres (eau potable) ;
  • une solution de pH > 7 est dite basique ou alcaline : plus son pH augmente, plus elle est basique,
    • pH 7 – pH 8 : bases neutres (eau potable) ;
    • pH 8 – pH 9 : bases faibles ;
    • pH 10 – pH 14 : bases fortes.

Les minéraux présents dans l’eau ne contribuent pas simplement à lui donner son goût et des propriétés saines. En réalité, ils ont une grande incidence sur le pH.

pH de l'eau et de quelques liquides

pH de l’eau, de quelques eaux minérales et d’autres liquides (NHA)

 

Détermination des valeurs du pH

Il existe plusieurs méthodes pour mesurer le pH de l’eau et toute autre solutions aqueuse. Certains sont réservées aux laboratoires spécialisées, d’autres peuvent être servies à la maison, sans grandes complications et sans connaissances préalables en chimie.

L’une d’entre elles consiste à utiliser des papiers indicateurs de pH. Quand le papier est plongé dans une solution aqueuse, la couleur changera et indiquera la valeur du pH. Cette méthode n’est pas la plus précise, mais accessible à tout le monde. On peut acheter des papiers indicateurs de pH sur internet ou dans les pharmacies.

Une autre méthode de détermination des valeurs du pH est l’utilisation d’un pH-mètre. Celui-ci vous donnera déjà une valeur nettement plus précise du pH.  Cet appareil est constitué d’une sonde de pH qui est mise au contact de la solution dont on souhaite mesurer le pH. Son utilisation nécessite un étalonnage réalisé à l’aide de deux ou trois solutions dites « tampons » pour lesquelles le pH est déjà connu.

La mesure d’un pH à l’aide du pH-mètre a une précision qui dépend de la qualité de l’étalonnage mais elle est en général de l’ordre de 0,1 unité pH.

Pour obtenir une valeur plus exacte du pH, des méthodes colorimétriques peuvent être utilisées en laboratoire. Mais pour le quotidien, les papiers indicateurs de pH feront un bon travail, et ils ne sont pas chers.

Variation du pH de l’eau : un point sur l’échelle = 10 fois plus acide ou plus alcalin

Le pH de l’eau et de toute autre solution est défini par le cologarithme décimal de l’activité des ions H+ dans la solution ; plus simplement dit, il s’agit d’un logarithme de base 10.

Chaque variation d’un seul point sur l’échelle du pH représente un changement du caractère acide ou alcalin de la substance, multiplié par 10. Par exemple, une substance avec un pH 6 contient donc 10 fois plus d’acidité qu’une substance possédant un pH 7. Et une substance avec un pH 5 est – comparée à une autre avec un pH 7 – 100 fois plus acide.

La variation n’est donc pas linéaire, mais exponentielle. Cette petite notion semble très importante dans l’interprétation des données concernant l’acidité / l’alcalinité des eaux, mais également de nos aliments !

Logarithme du pH

Le pH de l’eau et de toute autre solution aqueuse est défini par le cologarithme décimal de l’activité des ions H+ dans la solution ; plus simplement dit, il s’agit d’un logarithme de base 10. 

 

Par exemple, en comparant l’eau minérale « Luchon » qui a une valeur de pH 8 avec l’eau minérale « Volvic » qui est à 7, on peut en déduire que Volvic est 10 fois plus acide que Luchon, ou à l’inverse, Luchon est 10 fois plus alcalin que Volvic.

Un autre exemple pour des aliments : le thé noir qui est à pH 7 est 100 fois moins acide (ou 100 fois plus basique) que le café qui est à pH 5.

On notera donc inévitablement à quel point c’est important de connaître l’acidité et l’alcalinité des substances que l’on ingère pour garder notre organisme en bonne santé.

Quelques valeurs de pH de substances plus ou moins quotidiennes

Pour donner une idée, voici une liste des valeurs pH (approximatives) pour quelques substances naturelles et produits (valeurs moyennes, sauf si une marque est indiquée) :

 

pH                                       Substance ou produit

14.0                                     Soude

13.0                                     Lessive

13.0                                     Déboucheur de canalisations

12.4                                     Chaux (Hydroxyde de calcium)

11.5                                     Ammoniaque

11.0                                     Soude (diluée)

10.5                                     Manganèse

9.7                                       Eau de javel

9.0 – 10.0                            Savon

8.0                                       Eau de mer

8.0                                       Sels de bain

8.0                                       Eau minérale ou gazeuse « Luchon »

7.9 – 8.1                              Cerveau et liquide céphalo-rachidien

7.9                                       Liquide lymphatique du corps humain

7.8                                       Eau minérale ou gazeuse « Vittel »

7.7                                       Eau de source « Ste-Cécile » (Lidl)

7.6                                       Eau minérale ou gazeuse « Courmayeur »

7.6                                       Eau minérale ou gazeuse « San Pellegrino »

7.6                                       Eau minérale ou gazeuse « St Benoît »

7.5                                       Eau minérale ou gazeuse « Wattwiller »

7.5                                       Produit de vaisselle

7.5                                       Shampoing

7.5 – 8.0                              Vie possible dans les océans (milieu tamponné)

7.4                                       Eau minérale ou gazeuse « Contrex »

7.2                                       Eau du robinet

7.4                                       Eau minérale ou gazeuse « Thonon »

7.34 – 7.45                          Sang humain et des mammifères

7.3                                       Eau minérale ou gazeuse « Valvert »

7.2                                       Eau minérale ou gazeuse « Hépar »

7.2                                       Eau minérale ou gazeuse « Evian »

7.0                                       Thé noir

7.0                                       Eau distillée (chimiquement pure)

7.0                                       Eau minérale ou gazeuse « Volvic »

6.8                                       Eau minérale ou gazeuse « Vichy »

6.8                                       Eau minérale ou gazeuse « Montcalm »

6.7                                       Lait entier

6.5 – 7.4                              Salive humaine

6.5                                       Tisane

6.5                                       Lait démaquillant

6.3                                       Eau minérale ou gazeuse « Rozana »

6.1                                       Eau minérale ou gazeuse « Mont Roucous »

6.0                                       Eau gazeuse (moyenne)

6.0                                       Eau minérale ou gazeuse « Badoit »

6.0                                       Eau minérale ou gazeuse « Salvetat »

6.0                                       Eau minérale ou gazeuse « Spa-Reine »

6.0                                       Déodorant pour homme « Axe »

6.0                                       Dentifrice

6.0                                       Anti-moustiques

5.8 – 6.2                              Urines humaines

5.5                                       Alcool à brûler

5.5                                       Eau minérale ou gazeuse « Perrier »

5.5                                       Dissolvant pour vernis à ongles

5.5                                       Parfums

5.0                                       Huile d’olive

5.0                                       Café

4.5                                       Bière

4.5                                       Yaourt à boire « Actimel »

4 – 5.6                                  Pluie acide

4.0                                       Jus d’orange

4.0                                       Déodorant pour femme

3.8 – 4.3                              Acides biliaires

3.5                                       Vin blanc

3.5                                       Thé froid « Nestea »

3.5                                       Sirop grenadine (dilué)

3.2                                       Jus de pomme

3.2                                       Sirop citron (dilué)

3.0                                       Vin rouge

2.9                                       Vinaigre

2.5                                       Coca Cola

1.8                                       Jus de citron (pur)

1.0 – 2.0                              Acide gastrique

0.8                                       Détartrant

0.2                                       Batterie acide

0                                          Acide chlorhydrique

Le pH des eaux minérales

Les eaux minérales sont un thème très vaste que je vais traiter séparément dans d’autres articles plus tard. Mais à cet endroit-ci, quelques remarques concernant l’acidité ou l’alcalinité des eaux minérales s’imposent.

La forme de présentation a une influence sur le pH des eaux minérales

Eau plate 

Une eau est plate, quand elle ne contient pas de gaz carbonique (CO2). L’eau plate peut être l’eau du robinet, une eau de table, une eau minérale non gazeuse ou une eau de source.

Une eau plate possédera une valeur pH qui dépend entièrement de son origine et de sa composition minérale, comme on le verra plus bas.

Eau gazeuse 

Tout généralement, une eau est dite gazeuse si elle contient plus de 250 mg/L de gaz carbonique ou de dioxyde de carbone (CO2) libre. Elle peut être une eau gazeuse forte si cette teneur dépasse 1 000 mg/L.

Les eaux gazeuses peuvent également porter les noms de eau effervescente, eau pétillante, eau gazéifiée ou encore soda nature. Le gaz présent dans les eaux gazeuses peut être de diverses origines, par exemple volcanique ou industrielle.

Mais toutes ses dénominations ne se valent pas. Des différences importantes existent, surtout concernant la provenance du gaz carbonique.

  • L’eau est dite « naturellement gazeuse » quand elle est effervescente à sa source. Du gaz issu de cette source peut être réincorporé à l’eau si l’effervescence a diminué pendant le stockage.
  • L’eau « pétillante » est plus acide au goût que l’eau plate à cause du dioxyde de carbone dissous qui est transformé en acide carbonique, mais sa saveur peut varier en fonction de celle de l’eau utilisée au départ de la fabrication. La sensation de piquant résulte des micro-chocs créés par l’éclatement des bulles de gaz sur la langue.
  • Une eau « gazéifiée » est une eau de source ou de distribution publique dans laquelle on a ajouté artificiellement du gaz carbonique ou un autre gaz provenant d’une nappe souterraine.

Ainsi, d’un côté, nous avons donc les eaux « naturelles gazeuses » comme, par exemple, Vichy-Célestins, Perrier, Quézac, Rozana ou St-Yorre. Leur gaz vient de la source même, et il est lié à l’activité volcanique terrestre.

De l’autre côté, il y a les eaux « gazéifiées » ou « pétillantes » comme, par exemple, Badoit ou Salvetat qui possèdent du gaz carbonique ajouté industriellement. Il s’agit des eaux plates à l’origine, auxquelles on ajoute le gaz en usine au moment de l’embouteillage. Dans la préparation d’un grand nombre de boissons gazeuses, du CO2 est introduit sous pression dans le liquide, jusqu’à ce que celui-ci soit saturé.

Le dioxyde de carbone et l’eau réagissent chimiquement pour produire de l’acide carbonique, un acide faible dont il est prouvé qu’il stimule les mêmes récepteurs nerveux dans votre bouche que de la moutarde. Cela déclenche une sensation de brûlure, piquante qui peut être aussi irritante qu’agréable pour beaucoup de gens.

L’eau gazeuse ou gazéifiée peut présenter une valeur du pH plus acide qu’elle n’aurait sans le CO2. On retrouve alors des eaux minérales très riches en minéraux qui devraient être hautement alcalines, comme par exemple Rozana, Vichy Célestins ou Vichy-St. Yorre, à des valeurs pH autour de 6 – 6.5 (donc acides) qui sont surtout dues au gaz carbonique. Mais malgré le gaz carbonique, les minéraux sont présents dans le résidu sec, et la valeur du pH acide est trompeuse. C’est un détail important à retenir, parce que les minéraux auront quand même un impact sur la santé globale.

En cas de bon fonctionnement, les reins et les poumons suppriment l’excès de dioxyde de carbone. Cela permet de garder le sang à un pH légèrement alcalin de 7,35 – 7,45. Mais dépendant de la santé de l’individu et de la quantité bue, le corps peut être rapidement surchargé en acides, surtout si on comprend que les acides issus des gaz carboniques s’additionnent aux autres acides que nous consommons et que nous ingérons tous les jours par l’alimentation, la cosmétique et autres.

Le pH plutôt acide des eaux gazeuses est donc à surveiller pour les personnes qui ont un problème générale d’acidification, et de côté minéralisation, c’est toujours la valeur du « résidu sec » qui doit être retenue.

La composition minérale de l’eau en fait une eau acide ou alcaline

Ensuite, on peut faire la différence entre la provenance de l’eau et donc sa composition minérale qui varie en conséquence :

Eau de robinet

  • Eau du robinet : les origines de l’eau du robinet peuvent être multiples. Il peut s’agir de l’eau de surface, de pluie ou de l’eau souterraine. Une protection naturelle n’est pas exigée, et les traitements chimiques sont obligatoires pour la rendre potable et pour qu’elle soit conforme à une multitude de normes et réglementations. Sa composition minérale est très variable d’une région à l’autre, et tout généralement, elle est déconseillée pour la préparation des biberons pour les nourrissons. Le pH naturel de l’eau du robinet dépend entièrement de l’environnement et de ses origines. Il peut donc se situer au-dessous de point neutre (pH 7) et être acide, ou elle peut également posséder un pH au-dessus de 7 et être plutôt basique. Le pH conseillé de l’eau potable doit se situer entre 6,5 et 8,5.
  • Eau de table : Les eaux de table sont les moins chères du marché, en ce qui concerne les eaux en bouteille. Elles proviennent souvent d’une source, mais elles peuvent également être tout simplement de l’eau de distribution publique (eau du robinet) qui est mise en bouteilles. D’où qu’elles viennent, ces eaux de table sont simplement tenues de respecter la réglementation sur l’eau potable. C’est tout ! L’origine de l’eau de table est obligatoirement indiquée sur l’étiquette. C’est la seule obligation légale avec l’indication du volume contenu dans la bouteille. En conséquence, son pH est aussi variable que celui de l’eau du robinet et peut se situer entre 6.5 et 8.5.
Eau de source

Eau de source. Ici : source de la Sorgue

  • Eau de source : les eaux de source proviennent d’une source déterminée qui fournit de l’eau potable à l’état naturel. Pour exploiter cette source, une autorisation préfectorale est nécessaire. Ces eaux sont mises en bouteille dès la sortie de leur source ou de celle des canalisations menant à la station d’embouteillage. Elles ne subissent aucun traitement ni aucune manipulation ; tout est automatisé. L’eau de source qui se trouve dans la bouteille est telle qu’elle était sous le sol. L’étiquetage indique sa nature, son origine, le numéro de l’autorisation préfectorale d’exploitation de la source et le volume d’eau contenu dans la bouteille. Certaines eaux de source sont vendues sous une même marque, mais proviennent de sources régionales différentes. Le meilleur exemple est « Cristaline » ; les eaux de source de cette marque bien connue proviennent de 32 sources différentes. Il faut donc retenir que la teneur en minéraux et la valeur pH des eaux de sources sont très variables, dépendant de leur provenance.
  • Eau très faiblement minéralisée : une eau est très faiblement minéralisée, si le résidu à sec est inférieur à 50 mg/L. Dans cette catégorie, on trouve par exemple les eaux minérales Mont Roucous (22 mg/L, pH 6.1), le Montcalm (32 mg/L, pH 6.8) ou Spa-Reine (33 mg/L, pH 6). Ces eaux sont parfaites pour la préparation des biberons des nourrissons.
  • Eau oligo-minérale ou faiblement minéralisée : une eau est dite oligo-minérale ou faiblement minéralisée, si le résidu à sec se situe dans une fourchette comprise entre 50 mg et 500 mg/L. On y trouve par exemple les eaux Volvic (130 mg/L, pH 7), Evian (345 mg/L, pH 7.2), Thonon (342 mg/L, pH 7.4), Valvert (201 mg/L, pH 7.3), Wattwiller (155 mg/L, pH 7.5), Cristaline (valeurs variables selon la source), Perrier (460 mg/L, pH 5.5, l’acidité est entre autres due au gaz carbonique).
  • Eau moyennement minéralisé : une eau moyennement minéralisée contient du résidu à sec entre 500 mg et 1 000 mg/L. Dans cette catégorie, il y a par exemple les eaux Salvetat (560 mg/L, pH 6, l’acidité est entre autres due au gaz carbonique), San Pellegrino (915 mg/L, pH 7.6).
  • Eau minéralisée : une eau minéralisée contient du résidu à sec entre 1 000 mg/L et 1 500 mg/L. Dans ce groupe, il y a par exemple les eaux Vittel (1 087 mg/L, pH 7.8), Badoit (1 100 mg/L, pH 6, l’acidité est entre autres due au gaz carbonique), Quézac (1 200 mg/L, pH n/a).
  • Eau fortement minéralisée : une eau est fortement minéralisé ou riche en sels minéraux pour une densité supérieur à 1 500 mg/L. Normalement, ce sont des eaux qui contiennent beaucoup de calcium, de magnésium et/ou de sodium. On trouve dans cette catégorie : Contrex (2 078 mg/L, pH 7.4), Courmayeur (2 170 mg/L, pH 7.6), Hépar (2 513 mg/L, pH 7.2), Rozana (3 022 mg/L, pH 6.3, l’acidité est entre autres due au gaz carbonique), Vichy Célestins (3 325 mg/L, pH 6.8, l’acidité est entre autres due au gaz carbonique), Vichy St. Yorre (4 774 mg/L, pH 6.6, l’acidité est entre autres due au gaz carbonique).

La question se pose quelle est l’influence de la composition minérale d’une eau sur sa valeur pH.

En chimie, on peut expliquer de telle façon : le pH ou potentiel hydrogène fait référence à la concentration en ions hydrogène (ou protons) libres dans la solution ; ceux-ci s’associent avec l’eau pour former l’ion hydroxonium H3 O+ . L’eau pure est faiblement dissociée et son pH est de 7. La présence de certains solutés, qui enrichissent le milieu en H3 O+ , confère selon leur concentration un caractère plus ou moins acide à la solution (pH 7 à 1). Par contre, la présence de composés générateurs d’ions OH induisent un caractère basique (pH 7 à 14).

Plus simplement dit: chaque minéral, dépendant de sa propre composition ionique, a donc une influence directe sur la valeur pH finale de l’eau. Et pas seulement dur sa valeur pH, mais également sa pureté. Pour aller plus loin sur la biodisponibilité des minéraux dans l’eau, veuillez consulter ce dossier

Que devient le pH de l’eau dans notre organisme ?

Chaque élément que nous ingérons en forme liquide ou solide possède son propre pH ; il est donc ou plutôt acide ou plutôt alcalin (basique). C’est évident que chaque aliment et chaque gorgée de liquide quelconque influence le pH fragile de notre organisme.

Cette influence est capitale, car le corps humain possède un pH naturel de 7,4. Le pH du sang se situe entre 7.34 – 7.45 ; c’est assez clair que les marges sont très étroites. Au-dessus et au-dessous de ces limites, des pathologies s’installent et peuvent très vite devenir dangereuses, voire mortelles. Chaque écart de cette fourchette doit immédiatement être corrigé.

Notre corps a besoin de ce niveau de pH naturel pour fonctionner efficacement. En conséquence, il cherche toujours à le rétablir quand son pH est devenu trop acide ou trop alcalin.

L’eau que nous consommons joue un rôle primordial pour le maintien de cette homéostasie acido-basique intérieure. Nous devrons boire entre 1.5 – 2 L par jour, alors il s’agit de quantités importantes qui ont une influence importante sur cet équilibre fragile ; 2 L de liquides ont une influence plus importante qu’un carré de chocolat qui pèse 20 g. Pour cette raison, nous devons prêter une attention particulière au choix de nos boissons et surtout de notre eau. La consommation d’eau (et d’autres liquides) dont les minéraux ne sont pas équilibrés ou ont été éliminés ainsi que d’aliments et boissons trop acides peut temporairement perturber le corps.

L’eau bue (et bien sûr tous les autres aliments consommés) arrive dans tous les cas dans l’estomac qui est très acide, possédant un pH de 2. La qualité de la sécrétion de l’estomac est une des clés d’une bonne digestion ; si l’on boit une eau à pH élevé (> pH 7.5), on renforce dans un premier temps la sécrétion acide de l’estomac, puis on l’épuise ! Avec des sucs pancréatiques déjà très basiques dans l’intestin grêle, c’est une chimie plutôt alcaline qui va dominer en aval dans l’intestin, en faveur des putréfactions du côlon et au détriment des fermentations. Or la flore de fermentation (bifidum, colibacilles) est justement celle qui répare les muqueuses de l’intestin, celle qui produit des vitamines (par exemple K, B), celle qui module notre réponse immunitaire vis-à-vis des aliments.

Une déviation du pH a une très grande influence sur le plan biologique. Voici quelques exemples de pathologies issues d’un dérapage du pH intérieur du corps :

  • Exemples de problèmes de santé qui peuvent éventuellement résulter d’un pH trop acide : ulcère de l’estomac, gastrite, sensations de brûlure pendant la digestion, mycoses digestives, inflammation des gencives, rhumatismes, goutte, acide urique, diabète, artériosclérose, migraines chroniques, coliques, langue blanche, troubles hépatique et vésiculaire chroniques, fermentations intestinales, troubles nerveux, cheveux gras, maladies de la peau, hémorroïdes, sinusite chronique, prurit anal, maladies du sang, obésité, etc.
  • Exemples de problèmes de santé qui peuvent éventuellement résulter d’un pH trop alcalin : calculs rénaux, colibacillose, cystites chroniques, eczémas, dartres, peaux sèches, maladies infectieuses chroniques, maladies virales, constipation chronique, retard à la digestion, cholestérol, maladies du sang, troubles hormonaux, etc.

Quelle eau choisir alors ? D’après le Professeur Raymond Lautié (biologiste et auteur de nombreux livres, également en coopération avec le naturopathe célèbre A. Passebecq), l’eau doit avoir un pH compris entre 6 et 7 pour remplir convenablement son rôle de catalyseur de la quasi-totalité des réactions biochimiques. M. Passebecq soutient également qu’une eau à pH légèrement acide est nécessaire à une bonne assimilation des vitamines, des oligo-éléments, des sels minéraux, du calcium et même des protéines.

La consommation d’une eau plus alcaline peut contribuer à restaurer l’équilibre corporel. Mais elle doit être ponctuelle, et ne devrait jamais représenter une consommation permanente.

Conclusion : quelle eau et quel pH ?

En conclusion, on peut noter :

  • La règle générale est d’altérer les marques et les provenances de l’eau que l’on consomme. On évitera ainsi une surcharge quelconque de minéraux, d’acides, de substances basiques, mais également de pesticides et de nitrates.
  • Si possible, il faudrait éviter les eaux gazeuses trop acides ou gazéifiées artificiellement, même si la publicité revendique l’utilisation d’un gaz naturel. Le gaz naturel de la source est moins agressif puisqu’il est très souvent moins fortement dosé. Par contre, les deux types de gaz ont une influence sur le pH de l’eau et la rendent plus acide qu’en état d’« eau plate ». Le gaz carbonique peut en tout cas causer des problèmes de digestion et renforcer l’acidité de l’organisme complet.
  • Il faudrait choisir une eau la plus neutre possible (pH neutre est de 7), ou très légèrement acide (pH entre 6,5 et 7). Dans cette catégorie, il existe un grand choix d’eaux de source, mais également quelques eaux minérales. Ces eaux sont idéales pour la consommation quotidienne, elles ne contiennent que peu de minéraux. En aucun cas, il ne faut pas boire longtemps trop basique (pH supérieur à 7,5), ou bien sinon sous la forme d’une cure ponctuelle entre 8 et 21 jours, pas plus.
  • L’eau du robinet en France a un pH très souvent compris entre 7,3 et 8,5. Cela est dû à tous les produits de traitement de l’eau (chlore et ses dérivés). Elle contient le plus souvent des excès de calcaire. A cela s’ajoute la présence, de plus en plus fréquente, d’autres éléments : nitrates, pesticides, herbicides, fongicides, métaux lourds. Nous savons maintenant que le pH de l’eau du robinet est nettement trop élevé pour maintenir la santé à long terme.
  • De côté minéralisation, une eau quotidienne devrait être très faiblement ou faiblement minéralisée. Idéalement, le résidu sec ne devrait pas dépasser les 100 mg/L, mais en aucun cas les 300 mg/L. Il faut absolument éviter de consommer les mêmes minéraux d’une même eau minérale de manière constante et soutenue. La consommation d’une eau minéralisée en permanence surchargera les reins, empêchera le drainage émonctoire efficace et l’élimination correcte des toxiques et des toxines ; autrement dit, le corps ne parvient pas à bien se nettoyer. Pour ces raisons, il est recommandé de varier les eaux minérales, et de préférer nettement les eaux de source faibles en minéraux pour la consommation quotidienne.

 

 

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