Les purines – Comment combattre la source de l’acide urique


Viande rouge

Les viandes et poissons, dont surtout la viande rouge, contiennent une quantité importante de purines qui augmentent le taux d’acide urique.

Les cristaux d’origine protéique (Partie 2)

L’acide urique est le produit final de la dégradation des purines. L’acide urique fait partie des cristaux d’origine protéique et peut augmenter la toxémie et la surcharge cristalloïde.

Environ 65% des purines à éliminer chaque jour proviennent des cellules mortes du corps, et le reste (35%) provient des aliments ingérés. On trouve des purines dans toutes les cellules et tous les tissus morts – ce sont des composants de la dégradation cellulaire.

Mais puisque les purines sont une source principale de la formation de l’acide urique et de l’augmentation de son taux (hyperuricémie), il est nécessaire de maîtriser leur apport nutritionnel et d’aider notre organisme à les éliminer efficacement. Un taux d’acide urique trop élevé peut conduire à des crises de goutte très douloureuses !

D’où viennent les purines ?

Crustacés

De nombreux aliments azotés contiennent des bases organiques, les unes puriques, les autres pyrimidiques. Les sources principales d’azotes sont les protéines animales comme on les trouve dans la viande rouge et les volailles, les poissons ou encore dans les fruits de mer. Mais on retrouve de l’azote également dans les protéines végétales : le soja et les autres légumineuses telles que le haricot, les lentilles ou les pois chiches en contiennent aussi.

Normalement, les azotes se trouve dans les cellules humaines, dans la composition des acides nucléiques, dans l’ADN et l’ARN, les premières sous forme d’adéine et guanine, parfois accompagnées de xanthine, de caféine, de théophyline, etc., les secondes sous forme de cytosine, de thymine et d’uréale.

Ces substances protidiques sont attaquées par les sucs intestinaux, par les leucocytes dévoreurs de cellules mortes, malades ou vieillies, par la glande hépatique (fonction uréogénique du foie). Alors les bases puriques sont dégradées en acide urique, poison très toxique, tandis que les bases pyrimidiques sont décomposées en urée beaucoup moins toxique, en sels ammoniacaux, en eau et en gaz carbonique.

En résumé, on peut donc noter que les purines sont d’origine exogène (aliments) et endogène (dégradation hydrolysante des nucléo-albumines de l’organisme).

L’élimination des purines

L’adulte sain, suivant son alimentation, peut éliminer sans dommage de 0.40 g à 2 g de purines par jour, soit par les urines à raison de 0.30 g d’acide urique chez les végétariens et jusqu’à 2 g chez les grands carnivores (par entraînement ou par hérédité).

Le danger d’excès de bases puriques et pyrimidiques peut provenir d’une consommation exagérée de nourriture azotée (protéines) ou d’une insuffisance hépatique à décomposer l’acide urique en urée ou des reins fatigués à filtrer ces toxiques (d’où goutte ou gravelle (calculs rénaux), etc.), les laissant s’accumuler dans le sang. Ce taux est augmenté dans certaines maladies comme la pneumonie, la pleurésie, la leucémie (jusqu’à 5 g par jour, par destruction leucocytaire) l’excès uréique pouvant passer de 0.40 g en moyenne jusqu’à 2 à 3 g par litre.

Issus du métabolisme destructif des protides exogènes et endogènes, les déchets azotés sont des poisons qui doivent être rapidement décomposés par les leucocytes et surtout par la glande hépatique (foie), en purines simples (urée peu toxique à des doses faibles, en ammoniaque et le moins possible, en acide urique très toxique à éliminer au plus vite par les urines, afin d’éviter la toxémie de l’organisme qui attaque le système nerveux et le système cardiovasculaire. Pour plus de détails sur le processus d’élimination de l’acide urique, veuillez consulter l’article L’hyperuricémie ou un taux d’acide urique trop élevé – Résultat d’une surcharge en purines.

Pour réduire le taux d’acide urique, il est primordial de jouer sur l’élimination des purines. Pour cela, le facteur plus important est de boire abondamment, au moins 2 litres d’eau par jour. Dans ce cas spécial, des eaux minérales alcalines type Vichy Célestin sont recommandées pour une courte durée.

Lien entre aliments riches en purines, le taux d’acide urique et les crises de goutte

Goutte

La goutte est une cristallisation très douloureuse de l’acide urique. Il s’agit d’une toxémie due à la mauvaise élimination des purines.

La goutte est causée par une hyperuricémie qui est un taux anormalement élevé et prolongé d’acide urique dans le sang. Quand une sursaturation en urate est atteinte, des cristaux d’urate monosodique se forment, notamment dans les articulations. Chez certaines personnes, ces cristaux peuvent provoquer une inflammation articulaire aiguë : c’est la crise de goutte.

Comme décrit plus haut, l’acide urique est un déchet que le métabolisme produit normalement en quantité raisonnable. C’est un déchet métabolique inévitable puisqu’il s’agit du produit final de la dégradation de cellules mortes. Environ 35 % de ces purines proviennent de l’alimentation – on peut donc agir sur cette partie-là.

Il y a un lien étroit entre résistance à l’insuline, aliments riches en purines, hyperuricémie et crise de goutte. Le régime spécial goutte n’est donc pas une solution miracle et ne dispense pas de traitement, mais il peut améliorer le quotidien en contrôlant les crises de goutte ; mais, en même temps, le patient doit également avoir un œil sur son insuline et son métabolisme glucidique ! La consommation de boissons sucrées non alcoolisées est fortement associée à une augmentation du risque de goutte. Il en est de même pour le fructose artificiel contenu dans beaucoup d’aliments et boissons industriels. Ceci devrait donc inciter à ajouter à la liste des aliments déconseillés ceux riches en fructose et les boissons riches en sucre.

Lorsqu’il y a un surplus, l’acide urique se dépose « goutte à goutte » dans l’organisme sous forme de cristaux, dans les articulations particulièrement. Ces dépôts déclenchent alors des réactions inflammatoires à l’origine de la douleur.

Le régime alimentaire conseillé et le traitement de fond de la goutte consiste essentiellement à limiter les aliments riches en purines et amenant à une hyperuricémie. Cette alimentation restreinte permet d’éviter la fabrication d’acide urique en excès et de prévenir ainsi la goutte chez des personnes à risque.

Les purines d’origine végétale ne se transforment pas en acide urique !

Comme on peut voir dans la liste ci-dessous, il existe des purines d’origine animales et d’origine végétales.

Même si certains végétaux contiennent des purines, il y a une grande différence entre les deux groupes : les purines végétales ne se transforment pas en acide urique et sont donc inoffensives ! Aucun végétal ne pose donc problème ! Ceci était démontré lors d’une étude publiée en 2012 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4939435/ ).

La consommation de légumes riches en purines (ex. café, chocolat, légumineuses comme lentilles, haricots, pois, ou encore noix, épinards, champignons, la famille des choux) n’augmente pas le risque de goutte ; en particulier les noix et les légumineuses (légumes secs, arachide) sont d’excellente source de protéines, de fibres et de minéraux, à consommer 1 à 3 fois/j, avec un intérêt dans la prévention des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2.

Par contre, il faut noter qu’il y a des exceptions et certains aliments sont particuliers à chaque patient (chocolat, champignons, choux, asperges, oseille, épinards, rhubarbe, figues séchées, etc.) peuvent intervenir à l’augmentation de l’acide urique responsable pour la crise de goutte. Surtout la consommation de produits au soja peut poser des problèmes et est fortement à surveiller.

Lien entre aliments acidifiants, les purines et l’acide urique

Saumon

Le saumon et tous les poissons font partie des aliments acidifiants.

Les aliments acidifiants – contrairement aux aliments acides que l’on reconnaît facilement par leur goût – ne contiennent pas de substances acides en tant que telles, mais ils en produiront pendant leur métabolisation comme conséquence naturelle des transformations digestives ou lors de leur utilisation dans nos cellules. La production d’acides par ces aliments est donc inévitable et tout à fait normale.

C’est le cas, par exemple, pour la viande, le poisson ou encore le fromage. La digestion et l’utilisation de ces protéines d’origine animale aboutit nécessairement à la production d’acides, dont le plus connu est l’acide urique. Les produits carnés contiennent du tissu (mort) de l’animal qui est composé de cellules (mortes). Ces tissus et cellules d’un être vivant que l’on consomme doivent être décomposés au sein de notre métabolisme : les résultats sont des purines, qui ne sont rien d’autres que les déchets de ces cellules.

Puisque la plupart des « aliments producteurs d’acides » contient des nutriments de base, il n’est pas possible de les éliminer complètement de notre alimentation. La solution consiste à veiller donc aux quantités. L’effet acidifiant ne sera effectif et néfaste que si ces aliments sont consommés avec excès. La notion d’excès ne peut être qu’individuelle, car elle est basée sur les capacités métaboliques personnelles.

Font partie de ces aliments acidifiants :

  • La viande, la volaille, la charcuterie, les extraits de viande ;
  • le poisson, les mollusques, les crustacés ;
  • le fromage (les formages forts sont plus acides que les doux) ;
  • les graisses saturées d’origine animale ;
  • les huiles végétales durcies et/ou raffinées ;
  • les céréales, complètes ou non, avoine, millet ;
  • le pain, les pâtes, les flocons et aliments à base de céréales ;
  • toutes les légumineuses: arachides, soja, haricots blancs et rouges, pois, fèves, etc. ;
  • le sucre raffiné et blanc ;
  • le fructose artificiel (pas celui des fruits) ;
  • les sucreries raffinées et industrielles: sirop, pâtisseries, chocolat, bonbons, confiture, fruits confits, etc. ;
  • les fruits oléagineux: noix, noisette, etc. (sauf l’amande) ;
  • le café, le thé, le cacao, le vin.

Acides forts contre acides faibles – La différence importante pour la production d’acide urique

Notre organisme possède un équilibre métabolique acido-basique qui est absolument indispensable pour son fonctionnement correct. Par contre, cet équilibre fragile est fortement menacé par notre alimentation moderne.

Pour fonctionner correctement, le pH de notre organisme doit se situer dans une gamme très serrée entre 7.35 – 7.45. N’importe quelle altération moins importante de cette gamme peut avoir des implications sévères aboutissant dans des pathologies et des maladies chroniques.

Si ce pH est trop bas, donc trop acide (généralement en-dessous de 7.4), nous souffrons d’un état appelé acidose chronique, aux conséquences potentielles multiples. Le rapport entre cette valeur pH et notre alimentation est démontrée : l’acidité de notre organisme dépend directement de ce que nous mangeons.

Si notre alimentation est riche en sel, en protéines animales, en produits céréaliers et en sucres et glucides simples (glucose, fructose), comme c’est le cas dans le régime occidental classique, elle est fortement acidifiante ; si elle est riche en végétaux, elle est plutôt alcalinisant.

Mais quel est le rapport entre l’acidose chronique, les purines et l’acide urique ?

On distingue entre les aliments qui sont des producteurs d’acides forts et ceux qui produisent des acides faibles.

Les acides forts proviennent en grande partie des protéines (acides aminés) animales, mais pas seulement. Ces protéines contiennent des éléments chimiques tels que, par exemple, le souffre, le chlore ou encore le phosphore.

Leur métabolisme conduit à la production d’acides forts tels que l’acide chlorydrique, l’acide sulfurique, l’acide phosphorique ou encore l’acide urique.

Produits laitiers

Les produits laitiers aident à éliminer les purines et à baisser le taux d’acide urique.

Outre les produits carnés, les fromages contiennent des phosphoprotéines qui contribuent également à l’acidité, bien que le lait et les yaourts soient considérés comme intrinsèquement neutres. Par contre, les produits laitiers sont la grande exception : malgré leur acidité, la consommation de produits laitiers est associée à une basse et à de faibles taux d’acide urique. Cela peut être une explication pourquoi les végétaliens qui n’en consomment pas ont un taux plus élevé d’acide urique que les ovo-lacto-végétariens.

Enfin, il faut également retenir que quelques protéines végétales, telles que celles des céréales et des graines de légumineuses (soja, cacahuètes), sont également riches en acides aminés soufrés, et donc acidifiantes.

L’évacuation de ces acides forts chargés de purines nécessite un travail important de neutralisation du foie et un travail non moins important d’élimination des reins. Ces derniers ne peuvent d’ailleurs pas éliminer plus qu’une quantité bien définie d’acides forts par jour, l’excédent s’accumule alors nécessairement dans les tissus et peut créer des cristaux douloureux. La consommation de protéines animales doit donc être contrôlée en conséquence.

Les acides faibles proviennent surtout des végétaux, sauf ceux provenant des yaourts ou du petit lait qui sont bien sûr d’origine animale. Dans ce groupe, on trouve l’acide citrique, l’acide oxalique, l’acide pyruvique, l’acide acétylacétique, etc.

Les acides faibles sont également dit volatils car, une fois oxydés, ils s’éliminent sous forme gazeuse par les poumons, en tant que vapeur d’eau et gaz carbonique (CO2). Cette élimination est facile à effectuer et n’est quantitativement pas limitée, comme c’est le cas avec celle des acides forts et non volatils par les reins. Lorsque l’organisme  veut intensifier l’élimination des acides volatils, il lui suffit d’augmenter les échanges respiratoires. En conséquence, les acides faibles ne chargent pas notre organisme, surtout les organes d’élimination : le foie et les reins. L’oxydation des acides faibles ne se fait cependant pas correctement chez tout le monde.

Cette explication montre bien pourquoi les acides faibles issus des végétaux ne sont pas comparables aux acides forts issus de produits animaux.

Quels aliments sont riches en purines ?

Purines d’origine animale 

Aliment Teneur moyenne en mg pour 100 g 
Extrait de viande 1 450
Ris de veau 990 – 1 050
Anchois 465
Sardines en huile 315 – 360
Morue 285
Foie de bœuf 280 – 300
Thon en boîte 250
Foie de veau / Rognon de veau 244 – 280
Hareng 200
Cervelle 195
Pigeon 180
Poulet, avec peau 125 – 175
Langue de bœuf 160
Truite / Carpe 147 – 165
Sole 136
Dinde 131
Veau 110 – 115
Porc (selon morceau) 108 – 125
Bœuf  (selon morceau) 110 – 185
Cabillaud 110
Lièvre 100
Saumon fumé 100
Cuisses de poulet 98
Oie 87 – 110
Canard 54
Jambon 66 – 75
Saumon 63 – 130
Homard 58
Fromages (moyenne) 58
Saucisse de Francfort 54
Camembert 13
Gouda 7
Emmental 4
Lait de vache 0.4
Fromage blanc 0
Yaourt nature 0

Purines d’origine végétale 

Aliment Teneur moyenne en mg pour 100 g 
Thé (feuilles) 2 800
Poudre de cacao (sans sucre) 1 880
Café (graines / poudre) 1 169
Chocolat 620 – 820
Lentilles 142 – 160
Pois chiches / Pois secs ou pois cassés 150
Soja 92
Pois verts, frais 62 – 150
Levure alimentaire 70
Sarrasin 62
Épinards 52 – 70
Asperges 50
Haricots blancs 45 – 75
Avoines 42
Arachides 42
Pain noir ou complet 37
Millet 35
Farine complète 35
Abricots séchés 32
Morilles 29
Tofu 29
Chou de Bruxelles 25
Pâtes blanches 22
Chou-fleur 21 – 50
Pain blanc 21
Champignons 18 – 70
Chou vert 17
Riz complet 15
Banane 11
Fraises 11
Riz blanc 10
Salades 8
Farine blanche 8
Carottes 5
Pommes de terre 3

Dans un régime sain et équilibré, le foie en bonne activité, ne devrait pas avoir à rejeter plus de 0.50 g (500 mg) de purines par jour. Dans l’idéal, le maximum tolérable et exceptionnel ne dépasse pas 2 g (2 000 mg) par jour.

Comment éliminer un excès en purines ?

Panier légumes

Pour diminuer l’apport en purines, il faudrait procéder à quelques changements concernant l’ alimentation. La qualité joue également un rôle important pour assurer l’apport des antioxydants nécessaires pour combattre les radicaux libres, la toxémie et les inflammations chroniques qui mènent aux crises de goutte.

Comment éliminer un excès en purines pour éviter que votre taux d’acide urique monte ? Il s’agit surtout des ajustements nutritionnels qui sont possibles et sont assez simples à mettre en place, avec un peu de discipline alimentaire.

Tout généralement, il faudrait essayer de prendre 3 repas réguliers et 1 – 3 collations saines par jour. Ces repas devraient être plus légers et devraient contenir les nutriments bien répartis sur toute la journée. Cela régularise l’apport énergétique et l’apport en protéines, lipides et glucides sans surcharger le corps. Le foie, mais également les reins, auront plus d’aisance d’éliminer les purines contenues dans notre alimentation, sans provoquer une surcharge.

Commençons par les aliments à limiter 

  • Limiter la consommation de viandes rouges. En font partie tous les produits tels que la viande elle-même, la charcuterie, les pâtés, les abats, les conserves et plats préparés, issus de : porc, bœuf, veau, mouton, agneau, canard et gibier. Ces viandes sont à limiter à 2 fois par semaine (100 – 120 g par portion) au grand maximum. La charcuterie quant à elle devrait être bannie pour sa teneur en nitrites ou, en tout cas, limitée drastiquement à 50 g par semaine. Autant la viande rouge que ses produits dérivés contiennent beaucoup de purines et sont particulièrement associées à un taux d’acide urique élevé.
  • Limiter la consommation de poissons à 2 – 3 fois par semaine (en suivant ainsi les recommandations de l’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation), en privilégiant les poissons gras pour leur teneur en oméga 3, malgré leur teneur en purines. Les poissons sont à déguster sans la peau pour réduire leur teneur en purines et ne doivent pas être préparés en friture ou en huile, mais plutôt à la vapeur, en papillote ou au four.
  • Supprimer la consommation de la bière avec ou sans alcool, du vin et des alcools forts. Limiter la consommation de vin au maximum ; si possible, il est recommandé de supprimer sa consommation. Au pire, 1 verre 3 fois par semaine, pas plus. Certains vins sont aussi riches en purine comme la bière, comme par exemple le vin blanc sec (notamment les vins de Bourgogne).
  • Supprimer les produits industriels contenant du fructose artificiel. Le fructose est très différent des autres sucres car il est métabolisé par des voies très particulières, différentes de celles du glucose, par exemple, et c’est cette action métabolique particulière qui génère l’acide urique. Ce sucre est directement métabolisé par le foie et pourrait à long terme altérer son fonctionnement. Ceci réduit ses capacités d’éliminer les purines – le taux d’acide urique montera davantage, surtout si le fructose est combiné avec la consommation simultanée de viandes (ex. un steak avec une boisson sucrée). Le lien entre la consommation de fructose et l’augmentation de l’acide urique est tellement fiable que le taux d’acide urique sanguin peut même être utilisé comme marqueur de toxicité du fructose. On trouve du fructose très souvent dans les sodas, les boissons sucrées aux fruits, les yaourts aromatisés sucrés, les fruits en conserve, les purées de pomme, les céréales pour le petit déjeuner, les desserts lactés, les plats préparés (surgelés et conserves), les sucreries, les condiments (ketchup, sauces), les confitures, les crèmes nougat, etc. La liste est quasiment interminable, il faut donc bien surveiller l’étiquetage. Encore mieux, éviter les aliments industriels qui sont toujours douteux et préparer soi-même avec des ingrédients bien identifiés. A noter que le fructose naturel issus de fruits frais n’est pas concerné. Ceux-ci doivent même être consommés en quantités raisonnables, ils possèdent des vertus incontestables en faveur de notre santé.
  • Supprimer les aliments contenant des glucides simples raffinés, tels que le sucre blanc, la farine blanche, le riz blanc, le farine de maïs ou autres. Ces glucides augmentent fortement la glycémie (taux de sucre dans le sang), et cela non seulement chez les personnes qui souffrent d’un diabète. Par contre, une glycémie élevée va main en main avec un taux d’acide urique élevé. Dans le but de ne pas augmenter le taux de sucre dans le sang, il faudra donc veiller à limiter les aliments qui contiennent les glucides simples. L’élévation de la glycémie sanguine induit une forte sécrétion d’insuline qui est néfaste pour le foie, particulièrement en cas de goutte. Le foie stocke l’excès en sucres que l’organisme ne peut pas servir et devient, à long terme, un « foie gras » (stéatose hépatique). Un foie atteint d’une stéatose ne fonctionne plus comme il devrait ; les purines ne sont plus éliminées correctement et augmentent l’acide urique. En ce qui concerne les glucides simples, ils sont quasiment omniprésents dans les produits que l’on achète en supermarché. Ici également, il faut bien vérifier les ingrédients et préférer les préparations faites maison.
  • Limiter les acides gras saturés : les graisses saturées diminuent la capacité de l’organisme à éliminer l’acide urique. De plus, la consommation de repas riches en lipides favorise la prise de poids qui augmente à son tour le risque de goutte. C’est un cercle vicieux auquel il faut prêter attention.
  • Eviter à tout prix les acides gras trans : les graisses trans sons néfastes sur tous les niveaux. Ces graisses diminuent les capacités d’élimination du foie. Elles sont à éviter, même si vous ne rencontrez pas de problèmes avec un taux d’acide urique trop élevé. Elles se trouvent quasiment dans toutes les préparation industrielles qui peuplent les supermarchés, en plus, dans les fast-food, les fritures, les produits panés, les viennoiseries, etc. Même dans les restaurants de qualité ou à la maison, tous les produits frits (pommes frites, beignets, viandes panées) sont à bannir ; le processus chimique est identique et produit les graisses trans néfastes pour notre santé.

Les aliments qui aident à contrôler l’apport en purines, leur transformation en acide urique, qui aident à les éliminer et qui aident également à prévenir une crise de goutte

  •  Le plus important d’abord : il faut boire au minimum 2 – 2.5L d’eau par jour. La déshydratation est un facteur de risque pouvant déclencher les crises de goutte. En effet, un apport adéquat en eau facilite l’élimination de l’acide urique. L’augmentation du débit urinaire est primordiale, car, plus il est élevé, meilleure est l’épuration de l’acide urique sanguin par les reins. Dans certains cas, il peut être conseillé d’alcaliniser les urines. Il est également recommandé de consommer régulièrement des eaux minérales bicarbonatéesc’est-à-dire toutes celles gazeuses (Badoit, Quézac, San pellegrino, Vichy, Vernière) car elles limitent l’hyperuricémie. Pour plus d’informations sur ce sujet, veuillez consulter l’article Propriétés chimiques de l’eau – Le pH de l’eau et des eaux minérales (Partie 3)
  • Les aliments pauvres en purines sont à privilégier pour créer la base idéale de l’alimentation quotidienne. Ce sont en partie des aliments protecteurs qui aident contre l’augmentation du taux d’acide urique. En font partie, bien sûr, l’eau, les fruits, les légumes verts, les champignons, les noix et amandes, les produits laitiers, les œufs, la volaille maigre (en quantité raisonnable), les céréales complètes (blé, orge, avoine, riz, sarrasin, épeautre, etc.), les graines (chia, lin, tournesol, courge, pavot, etc.), les légumes secs et toutes les préparations qui en contiennent. Idéalement, les qualités biologiques sont à préférer ; les aliments biologiques contiennent plus d’antioxydants et de micronutriments que les aliments conventionnels.
  • Les légumes et végétaux contenant des purines n’augmentent pas le taux d’acide urique, comme expliqué plus haut ; les purines végétales ne se transforment pas en acide urique. Pour une alimentation saine et équilibrée qui contient assez de protéines, de fibres et de micronutriments, ces aliments peuvent donc être consommés sans restriction. En font partie les légumineuses (dont les légumes secs, le soja et les arachides), les noix, les champignons, la famille des choux, etc.). Le soja est à consommer avec modération et son impact sur le taux d’acide urique est à surveiller, puisque beaucoup de personnes réagissent avec une forte augmentation.
  • Introduire à chaque repas des crudités et l’alimentation vivante biogénique pleine de micronutriments et antioxydants, idéalement à l’huile d’olive vierge de première pression à froid. Cela peuvent être des salades et herbes comme, par exemple, pissenlit sauvage, cresson, romarin, sauge, scarole, basilic, chicorée, salade verte, roquette, feuilles de moutarde, feuilles de radis ou autres ; des légumes comme carotte, chou blanc, chou rouge, chou chinois, radis, radis noir, navet, concombre, tomate, poivron, etc., ou encore des fruits.
  • Consommer 3 à 4 portions de produits laitiers par jour, si possible maigres et crus, par jour pour avoir un apport suffisant en calcium et en protéines de bonne qualité. Les produits laitiers, particulièrement ceux à teneur réduite en matières grasses, sont reconnus comme étant un facteur alimentaire important quant à la réduction du risque de goutte. De plus, la consommation de produits laitiers est recommandée pour gérer cette maladie. Des études ont montré que les produits laitiers protègent contre la montée de l’acide urique en raison de l’effet uricosurique des protéines laitières caséine et lactalbumine. Le lait de vache aurait également un effet de courte durée sur la réduction de l’urate puisqu’il contient peu de purine et qu’il augmente l’excrétion fractionnelle de xanthine qui est un précurseur de l’urate et d’acide urique. L’acide orotique qui est présent dans le lait diminue en plus la réabsorption de l’acide urique et favorise son excrétion par les reins. Les produits laitiers à pleine teneur de gras ne semblent pas non plus être associés à la goutte ; par contre, les mécanismes exactes ne sont pas encore connus et demandent des recherches scientifiques supplémentaires. Pour profiter à un maximum des bienfaits du lait, il faudrait essayer de privilégier les produits laitiers crus ; la biodisponibilité de leur nutriments est nettement supérieure à celle des produits pasteurisés ou UHT.
  • La volaille maigre (blanc de poulet sans peau, dinde, jambon blanc) peut être consommée, avec modération (2 – 3 fois par semaine, comme le poisson).
  • Le café n’est pas à proscrire, juste au contraire, sauf dans des cas individuels. Il semblerait même qu’une consommation régulière et modérée de café a un effet protecteur, tant que les quantités restent raisonnables et qu’il est pris sans sucre. Ainsi, selon une étude, une consommation journalière de l’ordre de 4 à 5 tasses de café diminue, par rapport aux non-buveurs, le risque de goutte de près de 40 %. On pourrait penser que le mécanisme derrière l’effet antigoutte du café serait la caféine, mais non. En réalité, il n’en est rien ou presque. En effet, le café conserve une action protectrice, certes un peu plus modeste, s’il est décaféiné. Les autres boissons ou aliments riches en caféine (thé, colas, chocolat) n’ont pas révélé la même activité préventive à long terme. Le principe actif du café serait donc ici une autre molécule que la caféine. Une autre étude récente des mêmes auteurs a montré que le café, et non le thé, baissait le taux d’acide urique dans le sang chez l’homme et chez la femme. Dans ces travaux, les auteurs suspectent l’intervention d’un puissant antioxydant du café, l’acide chlorogénique. Ce lien de cause à effet reste cependant encore à être confirmé.
  • Augmenter la prise de vitamine C. La vitamine C (entre 500 et 2000 mg/j) diminue l’uricémie, possède un effet protecteur et a un effet bénéfique sur le système cardiovasculaire bénéfique (attention, la prise doit être évitée en cas de lithiase oxalique). La vitamine C réduit le taux sérique d’acide urique.
  • Consommer plus de produits végétaux contenant de l’oméga 3. Contrairement aux acides gras saturés et trans qui nuisent à la santé du foie, les oméga-3 permettent de lutter contre l’inflammation et sont donc bénéfiques dans le cadre du régime spécial goutte. Cependant attention, il faudra privilégier les sources végétales d’Oméga-3 ; les poissons gras sont à limiter comme déjà mentionné plus haut. En effet, les sources marines d’Oméga-3 sont des aliments qui sont généralement riches en purines. On pourrait donc favoriser l’huile de lin, l’huile de noix, l’huile de colza (toutes vierges), les noix, les avocats, les graines de chia ou encore les graines de lin.
  • Consommer au maximum possible des antioxydants de source alimentaire et naturelle. Les antioxydants se trouvent dans la plupart des végétaux et ont une véritable action protectrice et anti-inflammatoire ; cela est primordial surtout en cas de goutte qui est une inflammation très douloureuse et représente un stress oxydatif important. Le stress oxydatif est causé par les radicaux libres ; c’est le cas lors d’une surcharge cristalloïde qui est finalement à l’origine de la goutte. Puisqu’il existe des milliers d’antioxydants, il faut varier les aliments pour que l’organisme en reçoive le plus grand choix. On trouve des antioxydants en quantité importante dans les fruits frais et secs, les légumes, les légumes secs, les fruits oléagineux, les herbes, les salades, les céréales complètes, les graines, les thés, les tisanes et même dans le café qui en contient même beaucoup. Les produits laitiers sont également intéressants. Tous ces produits de qualité biologique ont une valeur antioxydante plus élevée que ceux issus d’une culture conventionnelle. En cas de doute, on peut également recourir à des antioxydants en forme de compléments alimentaires, comme les vitamines, minéraux, oligo-éléments et les phytonutriments. Mais il faudrait éviter les formes synthétiques et préférer les molécules naturelles. Par contre, la valeur biologique de ces compléments n’est jamais identique à un végétal ; notre organisme ne pourrait pas servir ces molécules dans leur totalité, seulement un petit pourcentage est reconnu et synthétisé.  
  • Consommer plus d’aliments riches en potassium : on a constaté que les personnes souffrant d’un taux d’acide urique élevé sont en manque de potassium. Une préparation de citrate de potassium, connu pour alcaliniser les urines, peut aider le corps à éliminer l’acide urique. Un bon équilibre en potassium, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des cellules, est crucial au bon fonctionnement de l’organisme. Mais si on consomme principalement des aliments industriels raffinés et remplis des graisses trans (qui sont souvent associés à la goutte), il est probable que l’apport ne soit pas suffisant. On trouve du potassium en quantité dans les fruits et légumes : par exemple, dans les bettes, champignons, avocats, épinards, choux de Bruxelles, brocoli, jus de légumes, pommes de terre, légumes verts à feuilles, haricots, betteraves, noix, raisins, bananes, pêches, abricots, fruits rouges, fruits secs (abricots séchés, figues séchées, raisins secs) ou encore les germes de blé.
  • Autres aliments qui peuvent aider à maîtriser les purines et le taux d’acide urique : les artichauts, composés de phytonutriments (cynarine, rutine, acide gallique, silymarine) nettoient le foie, les reins et contrent la lithiase biliaire. Le persil et le citron nettoient en profondeur l’organisme. Les avocats diminuent les concentrations d’acide urique dans le sang. Les olives aident à éliminer l’acide urique. Les cerises, fraises, myrtilles, ananas empêchent la production d’acide urique (et l’acide lactique). L’ail aide à dissoudre l’acide urique. Deux gousses d’ail cru par jour ou 4 gousses d’ail cuites par jour, avec un ou deux verres d’eau à la suite (et du persil pour l’haleine).
  • On peut également recourir à une panoplie de plantes médicinales qui aident à éliminer l’acide urique et à réduire ses effets néfastes.Il a été démontré que certaines plantes et épices, notamment le gingembrela cannelle, et l’ashwaganda, peuvent aider à soulager les symptômes de la goutte et l’inflammation qui lui est associée. La réglisse et l’ortie dégradent l’acide urique déjà formé par l’urate. La bardane a des propriétés dépuratives et diurétiques qui améliorent le métabolisme des purines, avec une action anti-inflammatoire. L’harpagophytum (griffe du diable) et le cassis ont des actions anti-inflammatoires plus que reconnues. Les feuilles de cassis sont riches en flavonoïdes et en vitamines C et P. Elles possèdent une action anti­-inflammatoire couplée à une action diurétique qui favorise l’élimination des déchets de l’organisme (acide urique, acide lactique, toxines).

Un changement d’hygiène de vie peut aider à éliminer les purines

Marche quotidienne

La marche quotidienne ou toute autre activité physique empêche efficacement la formation de cristaux à partir des purines.

Mise à part tous ces conseils alimentaires, une hygiène de vie saine et active peut être recommandée. 

  • Après le repas principal, marche tout terrain d’une heure (oxygénation). L’exercice physique tout en général inhibe la formation de l’acide urique.
  • Nettoyer régulièrement le foie pour faciliter son travail. Pour cela, on peut recourir à des plantes comme le radis noir (en jus, à raison d’1 cuillère à soupe 4 fois par jour), l’artichaut qui favorise la sécrétion biliaire (2 g de feuilles séchées, en infusion, 3 fois par jour), le pissenlit qui aide à l’évacuation des toxines (3 à 5 g de feuilles séchées en infusion jusqu’à 3 fois par jour), ou encore des tisanes dépuratives que l’on trouve dans les magasins spécialisés. Le chardon-marie peut être recommandé tout spécialement, cette plante figure quasiment comme reine de la détox ; elle agit de différentes manière sur le corps pour éliminer les toxines. La Commission Européenneet l’OMS reconnaissent l’usage du chardon-marie pour traiter les intoxications hépatiques (usage d’extrait normalisé à 70% ou 80% de silymarine) et son efficacité contre les maladies du foie comme l’hépatite ou la cirrhose, en complément d’un traitement médical classique. Une cure de citron peut également aider. Le citron aide le foie de deux façons : il stimule la production de la bile et il facilite la décomposition des graisses et leur évacuation. La digestion est ainsi plus efficace. En outre, ses propriétés diurétiques stimulent l’activité rénale et aide à l’élimination des toxines.
  • Exercices respiratoires qui, entre autres choses, massent et décongestionnent la glande hépatique (suppression de ptoses sanguines au-dessous du diaphragme et dynamisation du cœur).
  • Bains tièdes fréquents, activés par une décoction de romarin.
  • Au coucher, compresse chaude sur la zone hépatique ou friction au gant de crin.

Conclusion

Si votre médecin constate un taux d’acide urique trop élevé ou si – au pire des cas – vous souffrez déjà de crises douloureuses de goutte, cela n’est pas une fatalité, vous pouvez y remédier avec quelques changements simples à réaliser !

En adoptant un mode de vie plus sain, plus actif, et surtout en modifiant votre alimentation, il y a de bonnes chances que vous réussissiez à améliorer l’élimination des purines, baisser votre taux d’acide urique et à éviter ainsi que la toxémie s’installe durablement par une cristallisation douloureuse de ces acides qui amènent à la goutte.

 

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Sources / Crédits images: Pixabay, CC0 Public Domain


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