Alimentation cétogène
Dans l’alimentation cétogène – ou keto – on élimine quasiment tous les glucides et se concentre essentiellement sur les (bonnes) graisses, les légumes pauvres en glucides et les protéines de haute qualité.

Le régime cétogène, appelé « keto diet » par les Anglo-saxons, est vanté pour ses nombreux bienfaits : ce serait un régime idéal pour perdre du poids, soigner voire guérir le diabète, aider à lutter contre le syndrome métabolique, l’hypertension et contre beaucoup d’autres pathologies chroniques.

Une réduction drastique des glucides est à la base du régime cétogène ou l’alimentation keto. En réduisant les l’apports glucidiques, on augmente en même temps raisonnablement l’apport des protéines de haute qualité et celui des graisses (lipides), si possible saines. Ainsi, les lipides deviennent – suite à un métabolisme énergétique changé – la source énergétique principale de l’organisme.

Dans l’alimentation cétogène, l’organisme entre en cétose. Cela signifie que la majorité de ses cellules, y compris celles du cerveau, utilisent désormais les cétones comme carburant principal, à la place des glucides. Les cétones sont issues de la transformation des acides gras (graisses) consommés par notre alimentation.

Mais qu’en dit la science ? Quels sont les bénéfices réels ? 

La base du régime cétogène : forcer le corps à consommer ses graisses

Comme son nom l’indique, le principe de l’alimentation cétogène est d’adopter un mode d’alimentation qui provoque la production de corps cétoniques.

Schématiquement, ces molécules appelées corps cétoniques ou, plus courtement, cétones, sont fabriquées à partir des graisses, quand les réserves en sucre de l’organisme sont épuisées. Le sucre (ou glucides plus généralement) n’étant plus disponibles comme source d’énergie, l’organisme va puiser dans les graisses pour produire des corps cétoniques qui seront utilisés à sa place pour lui fournir de l’énergie. Ce processus est appelé « lipolyse ».

L’intérêt est évidemment de faire ainsi diminuer la masse graisseuse, et donc de maigrir.

L’idée du régime cétogène a des origines françaises 

L’idée du régime cétogène trouve son origine dans les écrits de Guillaume Guelpa, au début du XXe siècle. Ce médecin français spécialisé dans le traitement du diabète préconisait l’emploi du jeûne pour lutter contre la maladie. Dans son mémoire, « La guérison du diabète », on peut lire :

« notamment, il faudrait supprimer temporairement tout apport d’aliment pour obliger l’organisme à vivre sur ses ressources jusqu’à la combustion totale du sucre anormal existant dans les tissus. »

Le jeûne est toutefois difficile à tenir, et peut s’avérer dangereux s’il est prolongé. Une alternative a donc été proposée pour stimuler autrement la lipolyse : exclure de son alimentation la quasi-totalité des glucides.

C’est le chercheur Russell Morse Wilder qui est considéré comme le premier à avoir testé le régime cétogène dans sa forme actuelle, où le jeûne est remplacé par la restriction sévère de l’apport de glucides.

Le régime cétogène

Aliments riches en glucides
Aliments riches en glucides

En pratique, dans le régime cétogène, les apports en aliments riches en glucides et sucres sont drastiquement réduits ou même éliminés. Cela est tout particulièrement le cas des glucides présentant un index glycémique élevé. En font partie les féculents et farines (pain, viennoiseries, pâtes, riz, pomme de terre, patates douces, etc.), les légumineuses (haricots rouges, lentilles, pois chiches, etc.), les fruits à index glycémique élevé (bananes, ananas, mangues, fruits à noyaux, fruits secs) et bien évidemment les sucreries et tous les produits transformés qui contiennent des amidons ou sucres. Les légumes et fruits à un index glycémique bas peuvent être consommés.

Aliments gras
Aliments riches en lipides

À l’inverse, ce régime est très riche en graisses. Les lipides sont apportés sous toutes les formes possibles (bonnes et moins bonnes). Par exemple, en forme d’avocat, saumon, huile de coco, huile d’olive et autres huiles végétales, oléagineux et graines, mais également en forme de crème, beurre, fromages, viandes rouges et mayonnaise (qui sont évidemment à limiter pour leur teneur en graisses saturées). Les graisses trans (produits transformés et ultratransformées, aliments industriels, fritures, etc.) sont complètement à éviter, bien évidemment. Les stocks de glucose fondant rapidement, l’organisme puise en effet dans les graisses pour trouver une source d’énergie alternative.

Dans de telles conditions, l’apport de protéines n’a pas besoin d’être diminué ou augmenté particulièrement. Le régime cétogène inclut donc des protéines en quantités modérées, sous forme d’œufs, de fromages, de poissons et de viandes.

Les légumes ne sont pas interdits, mais fortement recommandés pour une alimentation saine riche en fibres et en micronutriments et antioxydants. Mais, il existe toutefois une condition : il faut tenir compte des sucres qu’ils contiennent et de les inclure dans la ration totale de glucides autorisés (environ 5 % des apports énergétiques, soit environ un maximum de 50 grammes par jour). À titre d’exemple, les haricots verts apportent 5 grammes de glucides pour 100 grammes. De côté fruits, on se concentrera surtout sur les fruits rouges à index glycémiques bas (framboises, groseilles, mûres, myrtilles, fraises). D’autres fruits qui contiennent moins de 10 g de glucides par 100 g, comme le citron, peuvent également être admis dans ce régime.

L’efficacité du régime cétogène a fait l’objet de plusieurs études dans différentes situations pathologiques. Qu’en dit la science ?

Un régime efficace contre plusieurs affections

Régime cétogène et épilepsie

S’il existe un domaine où ce régime apporte des bénéfices reconnues par la science, c’est pour traiter l’épilepsie.

Le régime cétogène est ainsi une option thérapeutique en particulier chez des personnes souffrant d’épilepsie sévère. Les études montrent ainsi une réduction de la fréquence des crises d’épilepsie chez des enfants souffrant de formes résistantes aux traitements médicamenteux.

Chez l’adulte, les résultats sont moins nets, ce qui ne signifie toutefois pas que le régime cétogène est inefficace. C’est la raison pour laquelle il est proposé à certains patients souffrant de ce type d’épilepsie.

Régime cétogène et diabète

Le diabète de type 2 n’est pas une fatalité et des interventions sur l’alimentation peuvent inverser la maladie, sans médicament.

La réduction drastique des apports glucidiques s’accompagne d’une amélioration du contrôle de la glycémie (taux de glucose dans le sang, dont l’élévation définit le diabète).

Le régime cétogène semble pour cela plus efficace qu’un régime très pauvre en calories, mais dont les glucides ne sont pas exclus. 

Voici quelques protocoles qui ont prouvé scientifiquement une amélioration drastique du diabète.

Protocole Reversa

Ce protocole concerne toute personne souffrant d’un trouble de santé métabolique : surpoids et obésité, diabète de type 2, stéatose hépatique (foie gras), syndrome des ovaires polykystiques, dyslipidémie (hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie) goutte, hypertension artérielle, etc. 

Il existe plusieurs versions du protocole Reversa, dépendant des pathologies concernées. Chaque version se base toujours sur un changement alimentaire important.
 
Ce changement est caractérisé par :
  • la réduction significative des apports en glucides (régime low carb ou cétogène) ;
  • l’augmentation significative des apports en lipides (hors graines et huiles riches en oméga-6 qui sont considérées comme pro-inflammatoires) ; 
  • l’élimination des aliments ultratransformés ;
  • la pratique du jeûne intermittent, dans le but d’accélérer les résultats.
Si on peut mettre en place ces changements tout seul, mieux vaut être suivi médicalement lorsqu’on présente un trouble métabolique. Pour les diabétiques, c’est impératif, puisque leurs doses de médicament doivent être ajustées sous peine de possibles soucis graves (hypoglycémies).
 
Les résultats que les patients obtiennent diffèrent en fonction de leurs pathologies de base, de leur génétique, des troubles associés, du nombre de régimes amaigrissants qu’ils ont faits dans le passé, de leur capacité à réellement adhérer aux principes de l’alimentation pauvre en glucides, de leurs autres habitudes de vie, de leur relation avec la nourriture, de facteurs liés à la santé mentale, comme l’anxiété, etc.
 
Cependant, les statistiques de la clinique du Dr Bourdua-Roy (Québec) indiquent que la très grande majorité connaît une perte de poids, une amélioration des glycémies, une réduction de la tension artérielle, une diminution significative des douleurs chroniques, une réduction notable de la fatigue chronique, une amélioration voire la disparition des symptômes de reflux gastro-œsophagien ou de côlon irritable, une amélioration de la stéatose hépatique (rares sont les patients qui n’en ont pas, au début du programme), une diminution ou la disparition des migraines, davantage de clarté mentale, une humeur plus stable et, surtout, une nouvelle confiance en leurs propres capacités d’influer concrètement et activement sur leur santé et non plus de subir la maladie et ses conséquences.

Protocole de Newcastle 

Le protocole de Newcastle n’est pas un régime cétogène proprement dit, mais il mérite d’être mentionné à cette place pour son efficacité.

Une équipe de scientifiques de l’Université de Newcastle (Royaume-Uni) a réussi de démontrer que le diabète de type 2 pouvait être soigné par un régime sévère.

Les chercheurs de Newcastle ont ainsi étudié 298 adultes, âgés de 20 à 65 ans et qui ont reçu un diagnostic de diabète de type 2 au cours des six dernières années. D’après le Pr Roy Taylor, auteur principal de l’étude, il est possible de « faire entrer le diabète de type 2 en rémission » et « retourner à un état non diabétique, sans médicaments antidiabétiques ou antihypertenseurs ».

Cette étude a été reprise par la revue The Lancet.

Elle est sans appel : « Nos données suggèrent qu’une perte de poids substantielle au moment du diagnostic permet de « sauver » les cellules pancréatiques béta » résume Roy Taylor. Pour parvenir à ces résultats, son équipe a mis au point le « protocole de Newcastle », un traitement de choc consistant à perdre 15 kg en trois à cinq mois. Cela est possible grâce à un régime plafonné à 840 kcal/jour. Cela représente environ un tiers de l’apport calorique moyen chez l’Homme. 

Même si cela n’est pas un régime cétogène, l’apport glucidique, tout comme l’apport des autre macronutriments (graisses, protéines), est drastiquement réduit.

Méta-analyse des essais cliniques, publiée dans la revue Cureus

Dans une autre étude parue dans la revue Cureus, des chercheurs ont réalisé une méta-analyse des essais cliniques menés sur l’effet du régime cétogène chez des patients de diabète de type 2.

Les chercheurs ont examiné la littérature publiée concernant l’application du régime cétogène lors d’un diabète de type 2. L’accent a été mis sur la mise en commun des résultats de variables sélectionnées telles que le poids, le contrôle glycémique et le profil lipidique.

Les résultats de cet examen montrent un effet significatif du régime cétogène par rapport aux contrôles en termes de réduction de poids, de contrôle glycémique, et de profil lipidique amélioré. Une amélioration notable a été constatée concernant l’hémoglobine glyquée  (HbA1c) et dans la lipoprotéine de haute densité (HDL), favorisant le régime cétogène par rapport au contrôle.

Régime cétogène et surpoids, syndrome métabolique et tout autre trouble de santé métabolique

Pour ce qui est du traitement de l’obésité, le régime cétogène est efficace en raison de son effet sur l’appétit. Les corps cétoniques réduisent en effet la sensation de faim, ce qui se traduit, après quelques jours de suivi du régime, par une réduction importante des apports caloriques. Et ce même si les produits gras peuvent être consommés, en théorie, à volonté.

Le protocole Reversa décrit auparavant a réussi à démontrer que le régime cétogène a un effet très favorable sur les marqueurs qui caractérisent les troubles de la santé, métaboliques ou autres : hypertension, taux lipidiques (cholestérol, triglycérides), poids, IMC, bilan hépatique, glycémie, inflammation chronique, etc.

Cependant, si la perte de poids observée est importante et rapide, un rebond pondéral survient dès l’arrêt du régime. C’est pourquoi il n’est pas plus indiqué que les autres régimes hypocaloriques pour traiter l’obésité seule.

De plus, le régime cétogène devrait toujours être accompagné par d’autres mesures qui améliorent l’hygiène de vie et – en même temps – l’état métabolique de notre organisme. En font partie, par exemple, l’augmentation d’activité physique avec la réduction parallèle de la sédentarité, l’augmentation du temps passé dans la nature, l’équilibre émotionnel, réduction du stress ou encore l’équilibre vibratoire qui entraîne une augmentation du taux vibratoire.

 

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