Contenus de cet article

Obésité
La réduction de la résistance à l’insuline est de plus en plus dans le centre de l’intérêt scientifique concernant le syndrome métabolique.

Ce syndrome métabolique est une pathologie très répandue et, en grande partie, dû à notre alimentation moderne et à une sédentarité croissante.

Le syndrome métabolique – Un fléau sanitaire de nos jours

Le syndrome métabolique n’est pas une maladie isolée, mais il s’agit – comme le terme l’indique – d’un syndrome, c’est-à-dire une association d’anomalies pathologiques ou de signes physiologiques. Le syndrome métabolique est également connu sous le terme de syndrome X.

Le syndrome métabolique n’est pas à prendre à la légère : il peut être à l’origine de nombreuses maladies dites de civilisation, très répandues de nos jours. Le syndrome métabolique peut amener à un diabète de type 2, des maladies cardiaques et cardiovasculaires, des maladies rénales et hépatiques, ou encore à un accident vasculaire cérébral (AVC) ou à une thrombose / phlébite.

Le problème avec le syndrome métabolique est de taille : les signes avant-coureurs de problèmes de santé graves ou chroniques ne sont pas toujours visibles ou ressentis par la personne atteinte.

Tout généralement, on peut définir le syndrome métabolique comme une coexistence de plusieurs troubles de santé d’origine lipidique, glucidique ou vasculaire, associés à un excès de poids.

Les facteurs de risque qui signalisent la présence d’un syndrome métabolique 

Syndrome métabolique
Selon la FID, une personne est atteinte du syndrome métabolique lorsqu’elle présente un embonpoint ou obésité abdominale et au moins deux facteurs de risque

Le syndrome métabolique est très répandu, et cela dans tous les pays. C’est en grande partie dû à notre alimentation moderne style fast food, sans nutriments précieux, et à une sédentarité croissante devant les appareils électroniques.

Dans les pays occidentaux, on estime que 20 % à 25 % de la population adulte en est atteinte. Ce pourcentage monte drastiquement si on considère les plus de 60 ans : 40 % en seraient touchés. 

La Fédération Internationale du Diabète (FID) livre une définition fiable du syndrome métabolique.

Selon la FID, une personne est atteinte du syndrome métabolique lorsqu’elle présente un embonpoint ou obésité abdominale (un tour de taille supérieur à 94 cm chez les hommes et 80 chez les femmes, pour les populations caucasiennes, africaines de l’Est de la Méditerranée et du Moyen-Orient) et au moins deux des facteurs suivants :

  • Hypertension artérielle : la tension artérielle, également appelée « pression » artérielle, est supérieure ou égale à 130 mmHg pour la pression artérielle systolique et à 85 mmHg pour la pression artérielle diastolique.
  • Taux élevé de glycémie veineuse : la glycémie veineuse à jeun est égale ou supérieure à 5,6 mmol/L (100 mg/L). La glycémie à jeun supérieure à 126 mg/L est considérée comme diabétique.
  • Taux élevé de triglycérides : le taux de triglycérides est égal ou supérieur à 1,7 mmol/L, l’équivalent de 150 mg/dL.
  • Faible taux de cholestérol HDL (= le « bon » cholestérol) : le taux de cholestérol HDL est inférieur à 1,03 mmol/L (40 mg/dL) chez un homme et à 1,29 mmol/L (50 mg/dL) chez une femme.

Parfois, ces signes sont largement ignorés par les patients. Très souvent, ils sont seulement découverts par hasard ou lors d’un examen médical de routine. 

La liste de ces facteurs de risque pourrait s’allonger au fur et à mesure que se poursuivent les recherches. Cela pourrait modifier la définition même du syndrome métabolique. Par exemple, l’inflammation, telle que mesurée par la présence de la protéine C-réactive, pourrait un jour en faire partie.

Quels sont les risques du syndrome métabolique ?

Dans la majorité des cas, le syndrome métabolique engendre une résistance de l’organisme à l’insuline. L’insuline est une hormone qui est sécrétée par le pancréas. Elle joue un rôle primordial dans l’absorption du sucre (= glucose) présent dans le sang par les cellules, ainsi que dans le stockage et la transformation du glucose en énergie.

Le syndrome métabolique et la résistance à l’insuline peuvent entrainer de nombreuses complications, notamment :

  • Diabète de type 2 : la résistance à l’insuline pousse le pancréas à sécréter toujours plus d’insuline afin de maintenir un taux de glycémie (taux du sucre dans le sang) « normal ». Sur le long terme, le pancréas s’épuise et l’hyperglycémie devient chronique. Le diabète est en train de s’installer définitivement, avec toutes ses complications annexes.
  • Augmentation du taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol ») et du taux de triglycérides. L’excès de cholestérol détériore progressivement les artères, surtout s’il s’agit du cholestérol oxydé en présence de sucre. Cela favorise l’apparition de caillot (thrombus) et augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de l’athérosclérose.
  • Hypertension artérielle : celle-ci se caractérise par une hyperpression du sang exercée contre la paroi artérielle. A terme, l’hypertension peut entrainer un infarctus du myocarde, un AVC, une artérite des membres inférieurs ou une insuffisance rénale.
  • Stéatose hépatique ou maladie du foie gras : cette maladie est caractérisée par l’accumulation de graisse dans les cellules du foie. Elle est provoquée par un syndrome métabolique ou une consommation excessive d’alcool, et peut évoluer vers une cirrhose. Précisément, la stéatose est une infiltration et un dépôt de triglycérides dans les cellules hépatiques. Cette maladie est provoquée par une mauvaise alimentation trop riche en sucres simples et mauvaises graisses (saturées et trans).
  • Syndrome des ovaires polykystiques : ce syndrome résulte d’un désordre hormonal et peut être une cause d’infertilité. Il se caractérise par une production accrue d’hormones androgènes par les ovaires, ce qui cause la formation de kystes et empêche la maturation des ovules. Le lien entre le syndrome métabolique et le syndrome des ovaires polykystiques n’est pas tout à fait compris. Il se pourrait que la résistance à l’insuline soit un facteur sous-jacent commun à ces 2 états. Beaucoup de femmes touchées par le syndrome des ovaires polykystiques souffrent aussi de surplus de poids et de résistance à l’insuline.
  • Apnées du sommeil : les apnées du sommeil (également appelées syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil SAHOS) est une pathologie fréquente caractérisée par un collapsus répété du pharynx au cours du sommeil. Non traité, les apnées modérées à sévères constituent un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires. Plusieurs études ont démontré un lien étroit entre les apnées du sommeil et l’ensemble des composantes du syndrome métabolique incluant l’hypertension artérielle, le diabète et les anomalies du métabolisme lipidique. Ces facteurs s’ajoutent aux apnées du sommeil pour augmenter le risque cardiovasculaire. 

Syndrome métabolique – La réduction agressive du cholestérol mise en question

La réduction agressive du cholestérol LDL est la base principale de la cardiologie préventive et pour combattre le syndrome métabolique, et cela depuis des décennies. Pour baisser le cholestérol et pour la prévention des maladies cardiovasculaires, des statines sont largement utilisées en médecine, comme solution de premier choix. En effet, les statines sont l’une des classes de médicaments les plus prescrites au monde.

Mais ce phénomène soulève deux questions :

  • L’enthousiasme pour une baisse agressive du cholestérol LDL est-il vraiment justifié ?
  • Et la pharmacothérapie est-elle supérieure à l’intervention nos habitudes de vie ?

Des directives concernant le cholestérol régulièrement revues à la baisse

Au fil des années, les directives médicales ont continuellement augmenté le nombre de personnes pour lesquelles un traitement par statine est recommandé ou même nécessaire.

Les partisans soutiennent la théorie que les statines sauvent des vies et que les patients gens mourront s’ils arrêtent leur traitement anti-cholestérol. D’éminents chercheurs d’universités réputées ont déclaré que toutes les personnes de plus de 50 ans devraient prendre des statines pour réduire leur risque de maladie cardiovasculaire et que même les enfants atteints d’un taux de cholestérol LDL élevé devraient bénéficier d’un traitement par statines, et cela dès l’âge de 8 ans !

Remise en question de l’avantage des statines

Cependant, de plus en plus de membres respectés de la communauté médicale mettent en question le véritable avantage des statines dans la réduction du risque cardiovasculaire. Ce fait génère des divisions amères dans les rangs scientifiques.

Plusieurs cardiologues ont rétorqué que les avantages des statines ont été largement exagérés et surestimés, tout en particulier en tant que prévention primaire. En même temps, les risques de ses médicaments ont été constamment sous-estimés. Certains scientifiques sont persuadés que la prépondérance des essais sur les statines a été influencée par l’industrie pharmaceutique, des interprétations statistiques erronées ou encore par une méthodologie peu fiable. 

Les scientifiques contestant l’hypothèse du cholestérol sont accusés de « sélectionner » les données. Pourtant, malgré des milliards investis dans le développement de médicaments pour réduire drastiquement le cholestérol LDL, il n’existe aucune preuve cohérente d’un bénéfice clinique en ce qui concerne les événements ou la mortalité.

Par exemple, il existe 44 essais contrôlés randomisés d’interventions médicamenteuses ou diététiques pour abaisser le cholestérol LDL dans la littérature sur la prévention primaire et secondaire, mais aucun ne montre des avantages sur la mortalité. La plupart de ces essais n’ont pas réduit les événements cardiovasculaires, et plusieurs ont signalé des dommages importants. 

Cependant, ces études n’ont pas reçu beaucoup de publicité.

Quand on regarde la totalité des preuves, les résultats de ces études donnent à réfléchir. Ils ont incité de nombreux médecins à douter et à se demander si les directives de la santé publique visant à réduire le cholestérol LDL de manière agressive, en utilisant la pharmacothérapie, ont vraiment été raisonnables. Le triomphe et l’avantage principal semblent être aux côtés de l’industrie pharmaceutique, mais aucunement aux côtés des patients qui espèrent une amélioration de leur pathologie.

Syndrome métabolique et excès de calories – Vraiment un coupable principal ?

Les maladies chroniques non-transmissibles en progression

Les maladies et pathologies chroniques non-transmissibles sont aujourd’hui la plus grande cause de mortalité sur la planète.

Surpassant la guerre, le tabac et le VIH, les maladies du syndrome métabolique représentent non seulement la majeure partie de la charge de morbidité dans les pays développés, mais également la majorité des 35 millions de décès par an dans les pays en développement. 

La cause de cette augmentation est régulièrement attribuée à la progression continue de l’épidémie d’obésité, qui, à son tour, est attribuée à l’excès de calories dans le monde.

Quatre raisonnements scientifiques qui contestent la responsabilité exclusive des calories en cas de syndrome métabolique

Cependant, il y a quatre raisonnements distincts qui remettent en question cette thèse. 

  • Tout d’abord, alors qu’il existe une corrélation entre la prévalence de l’obésité et la prévalence du diabète, elle n’est pas concordante. Il y a des pays avec des populations qui sont obèses sans être diabétiques (comme l’Islande, la Mongolie et la Micronésie), et il y a des pays avec des populations qui sont diabétiques sans être obèses, comme l’Inde, le Pakistan et la Chine (ils manifestent une prévalence du diabète de 11 %. Les États-Unis, l’un des pays les plus obèses au monde, ont une prévalence du diabète de 9,3 %). Ceci est approfondi en examinant les années de vie perdues à cause du diabète par rapport à l’obésité. De nombreuses personnes de poids normal (jusqu’à un tiers) succombent également au diabète de type 2.
  • S’il est vrai que 80 % de la population obèse présente au moins une des maladies du syndrome métabolique (hypertension, dyslipidémie, stéatose hépatique et diabète de type 2), 20 % des personnes obèses morbides n’en souffrent pas et ont une durée de vie normale. À l’inverse, jusqu’à 40 % des adultes de poids normal présentent les mêmes maladies du syndrome métabolique, notamment l’hypertension, la dyslipidémie, la stéatose hépatique et les maladies cardiovasculaires.
  • La tendance séculaire du diabète aux États-Unis de 1988 à 2012 a démontré une augmentation de 25 % de la prévalence dans la population obèse et de poids normal. Ainsi, l’obésité, et par déduction, l’équilibre calorique, n’expliquent pas la pandémie mondiale de maladies non-transmissibles et du syndrome métabolique. Bien que l’obésité soit clairement un marqueur de la pathologie, ce n’est clairement pas la cause. Les personnes de poids normal contractent également le syndrome métabolique.
  • Enfin, la lipodystrophie est un syndrome pathologique caractérisé par trop peu, plutôt que trop de graisse corporelle. Pourtant, ces patients présentent les risques les plus élevés de maladie cardiovasculaire et de diabète de type 2 de tous. Cela montre qu’il n’y a clairement pas de rapport avec les calories stockées et l’obésité.

Une calorie est une calorie … vraiment ?

Repas lourd

Les réflexions actuelles sur l’obésité, le syndrome métabolique et les maladies connexes ciblent encore toujours le nombre de calories ingérées qui sont tenues comme responsable principal dans l’évolution de ce type de pathologie. 

La base de cette directive est que les calories consommées, quelle que soit leur source, sont équivalentes. Cela veut dire que sur un plan strictement physique, « une calorie est une calorie ».

Mais ce n’est pas toute la vérité. Il faut plutôt se concentrer sur les sources de ces calories consommées.

  • Les calories provenant d’aliments transformés ne sont pas identiques aux calories dont la source est un aliment naturel.
  • La consommation d’aliments de différents types provoque des processus métaboliques variés et non-comparables. En particulier, la théorie axée sur les calories est encore toujours intrinsèquement biaisée contre les aliments riches en graisses (toutes confondues et sans faire de différence entre les omégas-3, les omégas-6, les graisses saturées et les graisses trans) et, en même temps, pour les aliments riches en glucides (sucres), également sans faire de différences entre un fruit naturel et les aliments transformés. Par contre, beaucoup de bonnes graisses, contenues naturellement dans le poisson gras, les noix, les graines, etc.,  semblent protéger contre l’obésité et les maladies du syndrome métabolique. Et – de l’autre côté – les glucides rapides et/ou raffinés sont clairement responsables de beaucoup de maladies chroniques, même si sur le papier, ces aliments contiennent moins de calories. Bien sûr, le pire est le mélange entre les mauvaises graisses et les mauvais glucides qui font la plus grande part de notre alimentation industrialisée, ultra-transformée et très éloignée de la nature.

En cas de syndrome métabolique, d’obésité ou de toute autre maladie chronique, il est absolument nécessaire de déplacer l’attention des distinctions quantitatives vers les distinctions alimentaires qualitatives.

Cela veut dire que les maladies du syndrome métabolique sont dues à des changements physiologiques induits par les aliments. Cela ne peut être accompli par la restriction calorique arithmétique, comme la nutrithérapie médicale le propose partout. Un simple comptage des calories ne suffit donc pas !

Résistance à l’insuline : le principal coupable pour beaucoup de pathologies chroniques et pour le syndrome métabolique

Abaissement du cholestérol LDL et contrôle du poids seuls ne sont pas suffisants

L’identification du cholestérol LDL comme responsable principal des maladies chroniques pose de plus en plus de problèmes. Dans le combat des maladies issues du syndrome métabolique, l’abaissement agressif du taux de cholestérol LDL, par la voie médicamenteuse ou alimentaire, s’est avéré au fil des années incohérent ou même inadapté et insuffisant.

De plus, l’utilisation du poids ou de l’indice de masse corporelle (IMC) comme marqueur de substitution s’est également montrée être insuffisant voire inefficace. Alors que certaines personnes perdent du poids de manière aiguë grâce à un régime auto-imposé, elles le reprennent régulièrement, souvent avec une aggravation de leur état métabolique.

La résistance à l’insuline est le facteur de risque principal pour le syndrome métabolique

Il est donc nécessaire d’examiner d’autres facteurs de risque. 

Le facteur de risque le plus souvent associé aux maladies cardiovasculaires, au diabète de type 2 et à l’obésité est la résistance à l’insuline. Également appelée insulinorésistance, elle se définie comme une réponse biologique altérée et/ou insuffisante à l’insuline.

En fait, la résistance à l’insuline joue un rôle principal et causal dans la pathogenèse de l’hypertension, de la dyslipidémie, de la stéatose hépatique et du diabète de type 2. Toutes ces pathologies se réunissent dans le syndrome métabolique.

Il faut donc considérer la résistance à l’insuline comme facteur le plus important des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2.

La résistance à l’insuline est donc liée de près au syndrome métabolique, à l’excès de poids et à l’obésité, surtout lorsque le gras se concentre dans la région de l’abdomen. Les chercheurs ont découvert que les cellules qui emmagasinent le gras (les cellules adipeuses) sont capables de libérer des hormones impliquées dans la résistance à l’insuline et le syndrome métabolique. Les rôles et les interactions de ses substances ont fait l’objet d’intenses recherches au cours des dernières années.

Prévention des infarctus du myocarde possible en cas de correction de la résistance à l’insuline

“Nous proposons que la résistance à l’insuline soit le prédicteur le plus important des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2”.

C’est une opinion scientifique qui est fortement soulignée par les travaux de Gerald Reaven (endocrinologue américain et professeur émérite en médecine à la Stanford University School of Medicine de Stanford, Californie, États-Unis) et de ses collègues, dans les années 1960. Il ne s’agit donc pas de travaux récents, mais encore toujours d’une actualité étonnante qui prouvent de plus en plus leur validité.

La modélisation mathématique a démontré que la correction de la résistance à l’insuline chez les jeunes adultes pouvait prévenir 42 % des épisodes d’infarctus du myocarde. L’étude a rapporté que le deuxième déterminant le plus important des maladies cardiovasculaires est l’hypertension systolique, dont la prévention réduirait les infarctus du myocarde de 36 %. Ces deux premiers facteurs sont suivis par d’autres, comme un faible taux du cholestérol HDL (31 %), un IMC élevé (21 %) et un taux de cholestérol LDL élevé (16 %). 

Des hésitations dans le camp scientifique

La metformine et les thiazolidinediones sont deux médicaments qui améliorent légèrement la sensibilité à l’insuline. Bien qu’il ait été démontré que la metformine réduisait les maladies cardiovasculaires chez les diabétiques de type 2, aucune donnée sur la prévention primaire n’a encore été élaborée.

De plus, la rosiglitazone, qui fait partie de la famille des thiazolidinedoines, a augmenté la mortalité chez les personnes atteintes de diabète. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles l’utilisation de la résistance à l’insuline comme marqueur de substitution a reçu peu d’attention au cours des décennies.

De plus, l’American Diabetes Association évite l’utilisation des marqueurs de l’insulinorésistance puisque l’insuline à jeun est mal corrélée à l’obésité (c’est-à-dire l’hypothèse calorique).

En revanche, il a été scientifiquement constaté que de bonnes interventions sur le mode de vie à l’ancienne peuvent réduire considérablement la résistance à l’insuline, les maladies cardiovasculaires et la mortalité.

Des directives alimentaires à revoir

Trop de glucides raffinés et omégas-6, pas assez de bonnes graisses

Tous les produits contenant du sucre blanc sont des produits dépourvus de toute énergie vitale et sont hautement nocifs pour notre santé. Ils sont à la racine d’énormément de pathologies.

Une consommation excessive de glucides raffinés (en particulier de sucres et farines tous confondus) et des repas à charge glycémique élevée (qui en résulte automatiquement) peuvent submerger les mécanismes hépatiques qui régulent la glycémie dans le corps.

Les preuves concernant l’utilisation de régimes pauvres en glucides et riches en graisses pour la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et de l’obésité s’accumulent. Malheureusement, dans l’Occident, il y a encore peu de changements dans les directives diététiques des pays qui continuent de recommander un régime faible en gras, ce qui entraîne souvent des régimes riches en glucides raffinés (en particulier en sucre).

De plus, des directives diététiques (ainsi qu’un récent avis présidentiel de l’American Heart Association) recommandent de remplacer les graisses saturées par des graisses insaturées afin de réduire le taux du cholestérol LDL.

En pratique, cela se traduit par la recommandation d’huiles végétales et de margarines riches en acides gras polyinsaturés oméga-6 (AGPI). Par conséquent, la consommation d’AGPI oméga-6 a monté en flèche au cours des dernières décennies et a éclipsé l’apport d’AGPI oméga-3.

Augmentation de la consommation en omégas-6 = Augmentation des inflammations chroniques

Huile raffinée
Le raffinage des huiles végétales modifie dangereusement la structure chimique des huiles vierges saines.

Dans les sociétés traditionnelles, le rapport entre les acides gras polyinsaturés oméga-6 et oméga-3 était de 1 : 1. Cela est dû à une alimentation riche en poisson, en aliments végétaux et en animaux de pâturage libre, et en œufs de poulets qui mangeaient des plantes riches en acides gras oméga-3. 

Mais chez nous, dans les pays industrialisés, le ratio lipidique est plus proche de 20 : 1 (omégas-6 : omégas-3). Il s’agit d’un mélange plus « pro-inflammatoire » d’AGPI et peut contribuer à l’aggravation des plaques d’athérosclérose inflammatoires.

La plupart de nos maladies modernes est due à une inflammation chronique

Mais pas seulement : la majeure partie des maladies dont on souffre aujourd’hui a comme base une inflammation invisible et chronique. Réduire cette inflammation systémique équivaut à réduire des pathologies et des maladies auto-immunes et inflammatoires !

On peut citer les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) comme maladie de Crohn, myopathies inflammatoires (myosites), diabète de type 1, arthrites et polyarthrite, rhumatismes, lupus, sclérose en plaques, hépatopathies, etc.

Une inflammation qui perdure dans le temps est en mesure d’augmenter le processus de coagulation. Cela aboutit dans un dépôt cellulaire de cholestérol, raison pour laquelle le risque de maladies ou d’accidents cardiovasculaires s’en trouve renforcé.

On sait également qu’en facilitant la transformation de cellules anormales en cellules cancéreuses, l’inflammation peut jouer un rôle dans l’apparition de cancers, comme les lymphomes.

Le surpoids et l’existence du syndrome métabolique augmentent l’inflammation chronique – Un cercle vicieux commence

En cas de surpoids et de la présence avérée du syndrome métabolique, plusieurs mécanismes vont intervenir et déclencher un cercle vicieux.

Le plus directement impliqué est le fait que l’état inflammatoire modifie la structure biochimique de l’insuline. Celle-ci ne peut plus jouer correctement son rôle de normalisation de la glycémie (taux de sucre dans le sang).

Tissu adipeux blanc
Le tissu adipeux blanc (ici, les adipocytes sont bien visibles) constitue le stock d’énergie le plus important du corps.

La glycémie demeure donc élevée, ce qui stimule encore davantage la sécrétion par le pancréas d’une insuline qui à nouveau ne pourra correctement assurer le stockage de ce nouvel apport sucré, mais également des graisses qui sont absorbées en même temps avec l’alimentation.

Parallèlement à l’augmentation de la masse grasse dans nos cellules (adipocytes) s’installe donc progressivement une résistance à l’insuline. Cet état de résistance à l’insuline favorise lui-même l’inflammation. Le cercle vicieux est alors en place.

Une fois bien remplis et gonflés de graisses, les adipocytes (cellules graisseuses) qui sont surchargés sécrètent des substances inflammatoires, comme des cytokines. Ces dernières peuvent aller se déposer sur les vaisseaux et y provoquer des lésions. Voici pourquoi l’obésité augmente le risque cardiovasculaire. 

Régime méditerranéen et activité physique peuvent rompre ce cercle vicieux et empêcher l’installation de la résistance à l’insuline

Pyramide Régime Méditerranéen

Les bienfaits du régime méditerranéen (ou du régime crétois) ont été attribués à sa teneur élevée en acide alpha-linolénique (oméga-3), en polyphénols et en fibres. Ces nutriments bénéfiques et précieux sont présents dans les noix, l’huile d’olive extra vierge, les poissons gras et les fruits de mer, en ce qui concerne les omégas-3. Les polyphénols, on les trouve dans les légumes, fruits, fruits secs, légumineuses, graines et oléagineux, et dans les céréales complètes (uniquement complètes).

Tous ces aliments agissent pour atténuer la réponse inflammatoire. Le peu de glucides que l’on trouve dans cette alimentation saine sont livrés avec ses fibres inhérentes, réduisant ainsi la charge glycémique, la graisse hépatique et la réponse insulinique.

De plus, même un exercice minimal peut aider à inverser la résistance à l’insuline. Un article récent a déclaré qu’une marche régulière et rapide, à peine 30 minutes par jour plus de trois fois par semaine, peut inverser la résistance à l’insuline, tandis qu’une autre étude a suggéré que seulement 15 minutes d’exercice d’intensité modérée par jour peuvent augmenter la durée de vie de 3 ans.

Il est temps de redéfinir les risques des maladies cardiovasculaires et du syndrome métabolique

En résumé, pour de nombreux patients à haut risque de maladies cardiovasculaires et du syndrome métabolique, l’un des moyens les plus sûrs et les plus efficaces de réduire le risque de crise cardiaque et d’accident vasculaire cérébral est de consommer un régime méditerranéen riche en graisses et à faible charge glycémique et de faire de l’exercice régulièrement.

Toutes activités physiques sont souvent similaires aux interventions médicamenteuses en termes de bénéfices de mortalité dans la prévention secondaire des maladies coronariennes, et ne s’accompagnent pas d’effets secondaires.

Actuellement, environ 75 % des dépenses des soins de santé sont consacrés au traitement des maladies métaboliques chroniques. Au lieu de canaliser des milliards vers la recherche pharmaceutique et le développement de médicaments, peut-être une plus grande partie de ces moyens pourrait-elle être investie pour encourager la mise en œuvre de directives  qui encouragent un changement de comportement et des habitudes de vie, à l’échelle de la population entière (similaire aux efforts de lutte contre le tabac et l’alcool). Cela pourrait avoir comme résultat d’inverser notre chemin vers la résistance à l’insuline.

Même une réduction de 20 % de la consommation de sucre peut démontrer des économies de coûts notables. La santé publique devrait œuvrer principalement pour soutenir la consommation de vrais aliments qui aident à se protéger contre les dysfonctionnements neurohormonaux et mitochondriaux, et ne pas continuer à promouvoir des messages caloriques qui blâment les victimes et exacerbent ces pandémies métaboliques comme le syndrome métabolique.

Dans ce cas – et uniquement dans ce cas – nous pourrions nous approcher de l’objectif d’atténuation de la prévalence des maladies cardiovasculaires et des autres maladies chroniques du syndrome métabolique.

 

Autres articles qui pourraient vous intéresser : 

Perdre du poids avec l’alimentation crue – Sûr, sain et à long terme

Les antioxydants combattent le stress oxydatif – Une première approche

Le danger du raffinage du sucre

 

 

En cas de malaise ou de maladie, nous vous prions de consulter en tout cas un médecin ou un professionnel de la santé en mesure d’évaluer correctement votre état de santé. Le contenu de ce site https://naturolistique.fr et de ses pages annexées ne remplace en aucun cas le diagnostic d’un médecin.

https://naturolistique.fr ne permet pas de faire de diagnostic médical ou une recommandation de traitement médical pour aucune pathologie ou affection quelconque. Nous déclinons toute responsabilité en cas de mauvaise interprétation des conseils donnés.

En utilisant ce site https://naturolistique.fr , vous reconnaissez avoir pris connaissance de l’avis de désengagement de responsabilité et vous consentez à ses modalités.

 

Source :

https://pharmaceutical-journal.com/article/opinion/the-cholesterol-and-calorie-hypotheses-are-both-dead-it-is-time-to-focus-on-the-real-culprit-insulin-resistance . Clinical Pharmacist, CP, August 2017, Vol 9, No 8;9(8):DOI:10.1211/PJ.2017.20203046.

Maryanne Demasi, journaliste d’investigation médicale ; Robert H.Lustig, professeur de pédiatrie à l’Université de Californie, San Francisco, États-Unis ; Aseem Malhotra, cardiologue consultant honoraire à l’hôpital Lister de Stevenage. 

Source images :

  • Pixabay, Creative Commons
  • Flickr, Creative Commons

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En soumettant ce formulaire, j'accepte la Politique de Confidentialité de  NHA Naturolistique. Je prends connaissance que le site utilise des Cookies pour le bon fonctionnement de ce formulaire. J'autorise NHA Naturolistique à saisir et à enregistrer mes informations ; après approbation manuelle par l'administration, mes commentaires seront visibles sur le site pour tout le monde.