Charge mentale

100 ans déjà. Ou 100 ans seulement… 

C’est en effet en 1921 que les chercheurs Frederick Banting et Charles Best parvinrent, pour la première fois, à purifier l’insuline. Cette découverte sera couronnée par le prix Nobel deux ans plus tard, tant elle s’avérera rapidement décisive contre le diabète.

Connue depuis l’Antiquité, le diabète se caractérise comme un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des glucides. Cela se traduit par un taux de glucose (souvent réduit au sucre) dans le sang (glycémie) élevé – on parle d’hyperglycémie.

Par contre – le diabète peut être difficile à vivre. À la différence d’autres maladies chroniques, les diabètes, et en particulier celui de type 1, sont à surveiller en permanence. La glycémie est à contrôler, les repas à surveiller, les glucides et graisses ingérés à calculer, et les complications sont fréquentes.

Comment peut-on alléger cette charge mentale important, liée au diabète ?

Plusieurs types de diabète identifiés, incluant des formes plus atypiques et difficiles à diagnostiquer

Plusieurs types de diabète ont été identifiés. Les plus connus sont le diabète de type 1 (anciennement dit « insulino-dépendant », où une anomalie du système immunitaire empêche le pancréas de sécréter l’insuline normalement), le diabète de type 2 (d’apparition plus tardive, il se caractérise par une production d’insuline moins efficace dans la régulation du taux de sucre dans le sang) et le diabète gestationnel (concerne uniquement les femmes enceintes et se caractérise par une intolérance aux glucides et un trouble de la régulation de la glycémie entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique, potentiellement dangereux pour la mère et le bébé). 

Au-delà de ces formes bien connues, il existe une minorité de types de diabète intermédiaires et atypiques. Ces derniers sont assez méconnus et très souvent mal diagnostiqués.

Les diabètes monogéniques représentent au minimum 5 % des diabètes, voire plus. Les diabètes de type MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young) sont les formes les plus fréquentes des diabètes monogéniques. Les diabètes MODY sont en rapport avec une anomalie de la régulation de la sécrétion d’insuline. Environ 1 – 5 % des diabétiques sont touchés.

Un autre type de diabète plus rare est le diabète mitochondrial (MIDD). Ce diabète affecte environ 0.5 – 2.8 % des diabétiques non-insulinodépendants. Les mitochondries possèdent leur propre matériel génétique codant une partie des protéines impliquées dans la chaîne respiratoire. Certaines mutations ou duplications de l’ADN mitochondrial peuvent être à la source d’un diabète.

De plus, les chercheurs ont découvert une nouvelle forme de diabète. Le nom de « diabète de type 3 » a en effet été donné au défaut de production d’insuline par le cerveau. Normalement, on associe la production de l’insuline au pancréas, plus précisément aux cellules bêta. Par contre, les scientifiques ont publié des études qui prouvent que le cerveau produisait également de l’insuline. Cette affection toucherait entre autres les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Toutefois, les scientifiques précisent que ce type de diabète est très différent des autres.


Pour aller plus loin, nous vous recommandons sur ce site : 

Les types de diabète rares, méconnus et mal diagnostiqués – NHA Naturolistique


Les conséquences et symptômes sont souvent les mêmes et allient fatigue, soif intense, risques de lésions d’organes, etc.

L’action de l’insuline est vitale

Pancréas
Pancréas

L’insuline est une hormone régulatrice et vitale qui sert à diminuer le taux de sucre dans le sang.

L’insuline est produite dans notre pancréas, dans des cellules bêta qui sont regroupées en amas appelés « Ilots de Langerhans ».

Le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie quand nous mangeons. L’insuline fonctionne comme une clé, elle permet au sucre de pénétrer dans les cellules de l’organisme : dans le cerveau, dans les muscles, dans les tissus adipeux et dans le foie où il va pouvoir être transformé et stocké. Le glucose diminue alors dans le sang. Les cellules ont besoin du glucose comme énergie cellulaire. Le surplus qui n’est pas servi sur le moment est mis en réserve pour une utilisation future.

Lorsque le corps n’en sécrète pas assez, ou plus du tout, ou qu’elle fonctionne moins bien, un pré-diabète ou, un peu plus tard, un véritable diabète peut s’installer.

Par contre, le fonctionnement du pancréas n’est pas identique pour tous les types de diabètes.

Le fonctionnement du pancréas n’est pas identique pout tous les types de diabètes

Chez le diabétique de type 1, le pancréas ne produit pas d’insuline ou seulement en quantité insignifiante qui ne suffit aucunement pour métaboliser le glucose. C’est la raison pourquoi il doit s’injecter de l’insuline plusieurs fois par jour afin d’imiter le fonctionnement normal du pancréas.

Chez la personne diabétique de type 2, le pancréas produit encore de l’insuline (parfois même trop parce qu’il essaie de combattre désespérément l’augmentation importante de la glycémie), mais l’hormone n’est pas bien utilisée par le corps. On parle alors de la résistance à l’insuline. Il faut s’imaginer qu’il y a assez d’insuline devant la « porte cellulaire », mais la « porte » ne s’ouvre pas parce que la clé n’est plus adaptée – par conséquent, l’insuline ne peut entrer dans la cellule et ne peut être utilisée pour la production d’énergie. Le glucose reste dans le sang, reste complètement inutile pour les cellules, et augmentera la glycémie. Au lieu de servir comme énergie, ce glucose en excès dans le sang commencera à faire ses dégâts dans l’organisme, chaque minute quand il y est présent.

Une autre hormone, le glucagon, joue également un rôle primordial dans la régulation de la glycémie. Cette hormone permet de libérer le glucose stocké dans le foie, en dehors des repas, lors d’une baisse énergétique ou d’une baisse de glycémie. Ce système ne fonctionne plus correctement chez le diabétique. La conséquence : l’hypoglycémie, c’est-à-dire une chute plus ou moins brutale de la glycémie sanguine sous les seuils recommandés qui peut s’avérer très dangereux.

C’est l’équilibre de ces hormones qui permet de maintenir la glycémie stable dans le corps. En cas de diabète, ce système de régulation ne fonctionne pas ou est défaillant.

Très souvent, la genèse d’un diabète de type 2 passe par la case de l’insulinorésistance. Celle-ci se définie comme une réponse biologique altérée et/ou insuffisante à l’insuline.

En fait, la résistance à l’insuline joue un rôle principal et causal dans la pathogenèse de l’hypertension, de la dyslipidémie, de la stéatose hépatique et, comme mentionné plus haut, du diabète de type 2. Toutes ces pathologies se réunissent dans le syndrome métabolique.


Pour aller plus loin, nous vous recommandons sur ce site : 

La résistance à l’insuline – Le vrai coupable du syndrome métabolique – NHA Naturolistique


Le fardeau du diabète

Diabète

À l’occasion de ce centenaire, il est permis de regarder dans le rétroviseur afin de réaliser tout le chemin parcouru en si peu de temps. De nombreux progrès ont été obtenus, que ce soit en ce qui concerne la thérapeutique, avec de nouvelles molécules pour améliorer l’équilibre glycémique et diminuer le risque de complications, ou encore dans l’accompagnement de la maladie au quotidien à l’aide des nouvelles technologies, du numérique et de l’intelligence artificielle.

Mais le diabète reste une des plus grandes épidémies de notre temps ; environ 463 millions d’adultes vivent avec un diabète dans le monde aujourd’hui, et ce chiffre va probablement grimper à 700 millions à l’horizon 2040. Malgré la recherche toujours active autour de cette maladie, il n’existe pas encore de solutions pour en guérir définitivement.

À la différence d’autres maladies chroniques, les diabètes, et en particulier celui de type 1, sont à surveiller en permanence. Les personnes affectées doivent surveiller régulièrement leur glycémie (en se piquant plusieurs fois par jour qui peut générer de l’anxiété ou du stress supplémentaire), éviter les hypo- et hyperglycémies, analyser leurs repas et activités physiques en fonction des traitements et injections à réaliser…

La charge mentale liée au diabète peut être importante

Charge mentale

Tout ceci peut avoir de fortes répercussions sur la vie au quotidien, les relations personnelles ou professionnelles, au point qu’on y associe une véritable charge mentale liée au diabète : une personne vivant avec un diabète peut en effet devoir prendre jusqu’à 180 décisions par jour en lien avec sa maladie.

Lorsque ce fardeau est trop lourd, il peut s’instaurer ce qu’on appelle une détresse liée au diabète, qui se définit comme l’ensemble des problèmes de stress, d’anxiété, de fatigue ou de frustration liés à cette gestion quotidienne ou la peur des complications. On estime qu’une personne sur quatre avec un diabète de type 1, et une sur cinq avec un diabète de type 2, ont des niveaux élevés de charge mentale liée au diabète.

Cette conséquence pourtant majeure est probablement sous-rapportée. La charge mentale liée au diabète peut être non diagnostiquée ou non évoquée lors des consultations avec un médecin, faute d’outils facilement utilisables dans la pratique clinique.

S’ajoute à cela le fait qu’une personne diabétique (tous types confondus), passe entre 6 et 10 heures par an avec un professionnel de santé pour évoquer sa maladie… contre plus de 600 heures par an à s’occuper soi-même de sa maladie. Des solutions doivent être trouvées pour limiter l’impact du diabète sur la vie de tous les jours.

Des lueurs d’espoir : la recherche avance

Heureusement, des pistes prometteuses arrivent sur le marché.

Au niveau des traitements, l’administration d’insuline par boucle fermée (avec couplage d’une pompe à insuline et d’un capteur de glucose en continu qui permet la délivrance quasi automatisée des bonnes doses au bon moment) arrive peu à peu sur le marché pour certaines catégories de personnes diabétiques. Un algorithme auto-apprenant a été développé qui permet l’automatisation et la personnalisation du traitement du diabète de type 1. Cette nouvelle technologie, basée sur l’intelligence artificielle thérapeutique, automatise la délivrance d’insuline. 

Dans le diabète de type 1, la greffe d’îlots de Langerhans est également une option de thérapie cellulaire capable de réduire les besoins en injection d’insuline.

Ces options thérapeutiques contribuent à libérer du temps utile et à diminuer la charge mentale liée au diabète des personnes atteintes et donc, mécaniquement, à diminuer les risques de détresse.

Faciliter le suivi du diabète au quotidien et diminuer ainsi la charge mentale liée au diabète

Les nouvelles options thérapeutiques ne bénéficieront toutefois pas, en tous cas à court terme, à toutes les personnes diabétiques.

De manière générale, la charge mentale liée au diabète et le fardeau de la maladie vont donc encore rester des soucis majeurs. C’est pour cela qu’il est crucial, en parallèle des nouvelles thérapies, de développer des solutions innovantes et accessibles à tous pour mieux diagnostiquer et suivre la détresse liée au diabète, afin de mieux la prendre en charge.

Les nouvelles technologies et le digital permettent aujourd’hui d’envisager de telles solutions. C’est précisément l’objectif du projet de recherche Colive Voice, dont l’objectif est d’améliorer le diagnostic et le suivi de la détresse liée au diabète à l’aide de la voix de la personne vivant avec la maladie.

Les chercheurs souhaitent identifier un marqueur dans la voix, qu’on appelle « biomarqueur vocal », qui permettra de suivre la charge liée au diabète simplement à partir de quelques secondes d’enregistrement de la voix.

C’est une méthode non invasive, rapide, peu coûteuse, et qui pourra facilement être déployée dans les smartphones des personnes diabétiques ou dans des solutions de télémédecine. Tout comme on peut faire aujourd’hui une analyse de sang pour contrôler certains marqueurs sanguins (glycémie, cholestérol…), la voix permettra bientôt le diagnostic et le suivi de nombreux paramètres dans le diabète ou d’autres maladies chroniques.

 

The Conversation

 

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Sources : Comment alléger la charge mentale liée au diabète ? (theconversation.com) (Creative Commons, CC BY-ND). Dr Guy Fagherazzi, Directeur, Department of Precision Health, Luxembourg Institute of Health, Université Paris-Saclay

Sources / Crédits images: Pixabay, CC0 Public Domain

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