Les types de diabète rares, méconnus et mal diagnostiqués


Types de diabète

Il y a plusieurs types de diabète – certains sont assez rares, mais quand même existants. Chaque type de diabète peut causer des complications. Toutefois, chaque forme peut avoir des origines différentes et ne peut être combattu de la même façon. Il est donc important pour le patient à savoir s’il n’est pas atteint d’un des types rares qui nécessite une approche individualisée.

Quand un patient est diagnostiqué diabétique, le plus souvent, il se retrouve ou avec un diabète de type 1, ou avec un diabète de type 2, ou encore avec un diabète gestationnel. Ce sont les types de diabète les plus courants. Pourtant, il existe une multitude de types de diabète méconnus et très souvent mal diagnostiqués qui nécessiteraient peut-être une prise en charge différente de celui qui est proposé.

Il n’est donc pas tout à fait superflu de se familiariser avec ces types de diabète qui sont relativement rares, mais quand même très réels. En les identifiant dès le début, un suivi plus efficace et un traitement mieux ciblé peuvent se mettre en place et éviter à long terme des complications supplémentaires. De plus, connaître la cause exacte de leur maladie peut aider à beaucoup de patients concernés à combattre le diabète avec plus de motivation.

Le diabète concerne de plus en plus de monde

Tous les types de diabète ont plusieurs facteurs en commun : il s’agit toujours d’une maladie chronique qui se caractérise par une glycémie élevée (hyperglycémie) et qui est difficile à contrôler : il y a un excès de sucre dans le sang qui n’est pas servi convenablement par les cellules.

C’est une maladie qui concerne des millions de personnes à travers le monde. En 1980, il y avait 108 millions de diabétiques, en 2014 ce chiffre s’élevait alors à 422 millions de malades identifiés –  ce qui correspond à 8.5% de la population mondiale. Malheureusement, un grand nombre de personnes ne savent pas qu’elles en sont atteintes ; souvent, la maladie est seulement détectée quand les premiers symptômes parfois irréversibles se présentent. En France, le diabète touche en 2017 près de 3,5 millions de personnes, soit environ 5 % de la population totale.

L’organisme d’une personne diabétique – et là aussi, tous les types de diabète sont concernés – rencontre des problèmes d’assimiler, d’utiliser et de stocker les glucides venant de l’alimentation. Ces incapacités viennent d’un défaut de production ou de sensibilité à l’insuline, une hormone pancréatique intervenant dans la régulation du métabolisme glucidique. Cette maladie – et n’importe quel type de diabète – nécessite donc un contrôle permanent de la glycémie et des actions du malade qui ont le but à gérer et à maîtriser l’impact des apports glucidiques. Sans ce contrôle minutieux et sans traitement adéquat, le diabète peut s’avérer mortel !

A long terme, un taux glycémique élevé dans le sang entraîne des complications et des pathologies au niveau du système cardiovasculaire (cœur, vaisseaux sanguins), du système nerveux, des yeux ou des reins. On peut dire que le sucre « caramélise » l’intérieur du corps : le sang, les vaisseaux, les nerfs et les organes.

Sans l’insuline, rien ne va …

L’insuline qui est produit dans le pancréas est une hormone régulatrice de la glycémie ; elle est vitale.

Le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie quand nous mangeons. Les cellules bêta qui sont situées dans le pancréas, regroupées en amas appelés « Ilots de Langerhans », sécrètent de l’insuline. L’insuline fonctionne comme une clé, elle permet au sucre de pénétrer dans les cellules de l’organisme : dans le cerveau, dans les muscles, dans les tissus adipeux et dans le foie où il va pouvoir être transformé et stocké. Le glucose diminue alors dans le sang. Les cellules ont besoin du glucose comme énergie cellulaire. Le surplus qui n’est pas servi sur le moment est mis en réserve pour une utilisation future.

Par contre, le fonctionnement du pancréas n’est pas identique pour tous les types de diabètes.

Chez le diabétique de type 1, le pancréas ne produit pas d’insuline ou seulement en quantité insignifiante qui ne suffit aucunement pour métaboliser le glucose. C’est la raison pourquoi il doit s’injecter de l’insuline plusieurs fois par jour afin d’imiter le fonctionnement normal du pancréas.

Chez la personne diabétique de type 2, le pancréas produit encore de l’insuline (parfois même trop parce qu’il essaie de combattre désespérément l’augmentation importante de la glycémie), mais l’hormone n’est pas bien utilisée par le corps. On parle alors de la résistance à l’insuline. Il faut s’imaginer qu’il y a assez d’insuline devant la « porte cellulaire », mais la « porte » ne s’ouvre pas parce que la clé n’est plus adaptée – par conséquent, l’insuline ne peut entrer dans la cellule et ne peut être utilisée pour la production d’énergie. Le glucose reste dans le sang, reste complètement inutile pour les cellules, et augmentera la glycémie. Au lieu de servir comme énergie, ce glucose en excès dans le sang commencera à faire ses dégâts dans l’organisme, chaque minute quand il y est présent.

Une autre hormone, le glucagon, joue également un rôle primordial dans la régulation de la glycémie. Cette hormone permet de libérer le glucose stocké dans le foie, en dehors des repas, lors d’une baisse énergétique ou d’une baisse de glycémie. Ce système ne fonctionne plus correctement chez le diabétique. La conséquence : l’hypoglycémie, c’est-à-dire une chute plus ou moins brutale de la glycémie sanguine sous les seuils recommandés qui peut s’avérer très dangereux.

C’est l’équilibre de ces hormones qui permet de maintenir la glycémie stable dans le corps. En cas de diabète, ce système de régulation ne fonctionne pas ou est défaillant.

Les types de diabète tels que l’on les connaît généralement

Le diabète de type 1

Diabetes de type 1

Le diabète de type 1 nécessite presque toujours une administration d’insuline ; le pancréas ne produit plus assez d’insuline pour gérer le métabolisme du glucose.

Le diabète de type 1 touche environ 6 % des malades diabétique. Cette forme de la maladie apparaît le plus souvent durant l’enfance ou l’adolescence, d’où son appellation ancienne de « diabète juvénile ».

Au début de la maladie, le diabète de type 1 ne provoque aucun symptôme visible, car très souvent, le pancréas fonctionne encore en partie et produit de l’insuline. L’enfant ou l’adolescent mène une vie normale sans signes de diabète.

La maladie ne devient apparente qu’au moment où 80 à 90 % des cellules pancréatiques productrices d’insuline sont déjà détruites. Le diabète de type 1 se caractérise donc par une destruction auto-immune des cellules béta,  provoquant une carence insulinique totale ou partielle. Cette défaillance du pancréas nécessite une administration quotidienne et très régulière de cette hormone pour contrôler la glycémie.

Les scientifiques ignorent à ce moment les mécanismes exacts qui poussent le système immunitaire à détruire les cellules bêta. Les prédispositions génétiques (héréditaires) constituent l’un des principaux facteurs de survenue de la maladie. Ce type de diabète semble résulter d’un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux. De plus, l’exposition à certains aliments ou à des virus tôt dans la vie de l’enfant pourrait également jouer un rôle et favoriser le diabète de type 1.

Le diabète de type 2

Ce type de diabète est souvent également appelé « Diabète non insulinodépendant » ou « Diabète de la maturité ».

Le diabète de type 2 touche la majorité des diabétiques, c’est-à-dire environ 91 %. Auparavant, cette maladie apparaissait à un âge plus avancé, mais aujourd’hui, il progresse vers une population de plus en plus jeune. La raison de ce développement défavorable est à chercher dans notre mode de vie qui a beaucoup changé ces dernières décennies : une vie sédentaire, confortable, et parallèlement, une alimentation peu saine, peu nutritive, et plein de sucres et de glucides raffinés qui augmente la glycémie d’une façon parfois astronomique.

Le diabète de type 2 est pratiquement toujours précédé par une phase que l’on appelle « résistance à l’insuline » ou « insulinorésistance ». Pendant cette phase qui peut durer des années avant que le diabète proprement dit se déclare, la mauvaise gestion des glucides par les cellules et une première fatigue du pancréas apparaissent. Parfois, on peut également constater une insulinopénie qui est une carence en insuline.

De plus, autant la résistance à l’insuline que le diabète sont le plus souvent asymptomatique et donc non détectés. Un sujet atteint de ce type de diabète peut par conséquent vivre plusieurs années avec la maladie sans la ressentir. De ce fait, la maladie peut être diagnostiquée plusieurs années après son apparition, une fois les complications déjà présentes. 

Pour cette raison, un dosage sanguin de la glycémie devrait être effectué de façon régulière (par exemple chaque année), surtout si des antécédents familiaux, des prédispositions ou un surpoids existent. Aujourd’hui, il est également possible d’effectuer un dépistage de diabète en pharmacie !

Le diabète gestationnel

Diabète gestationnel

Le diabète gestationnel doit absolument être observé de prêt pour le bien de la future mère et du bébé. Sans contrôle, il peut s’avérer très dangereux pour les deux.

Le diabète gestationnel concerne uniquement des femmes enceintes. Il se définit par une hyperglycémie diagnostiquée pour la première fois lors de la grossesse et se retrouve dans 3 à 6 % des grossesses ; sa sévérité est variable d’une femme à l’autre, selon les prédispositions existantes.

Comme pour le diabète de type 2, le diabète gestationnel est une intolérance aux glucides et un trouble de la régulation de la glycémie entraînant un excès de sucre dans le sang ou hyperglycémie chronique.

Les risques pour la mère et pour l’enfant se situent essentiellement dans la période périnatale. Le surplus de sucre chez la mère est transmis au fœtus. Ces glucides (et calories) excédentaires sont stockés dans les organes de l’enfant, sous forme de graisse. Le poids et la croissance du fœtus deviennent excessifs. Le poids à la naissance supérieur à la normale peut entraîner un accouchement difficile et peut même engager le pronostic vital de l’enfant.

D’autres complications pour l’enfant sont possibles, telles que l’hypoglycémie néonatale, le risque de développer un diabète de type 2 ou la détresse respiratoire.

La complication la plus grave pour la mère peut être une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique) qui est associée à une prise de poids, à des œdèmes et à une hypertension artérielle qui peut s’avérer fatale.

En cas de diabète gestationnel, un accouchement par césarienne est très souvent nécessaire. De plus, le risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse est 7 fois plus élevé que sans diabète gestationnel.

Diabète de type 3 et la maladie d’Alzheimer

Le cerveau produit également de l’insuline

Normalement, on associe la production de l’insuline au pancréas, plus précisément aux cellules bêta. Par contre, les scientifiques ont publié des études qui prouvent que le cerveau produisait également de l’insuline.

Ainsi, les chercheurs ont découvert une nouvelle forme de diabète. Le nom de « diabète de type 3 » a en effet été donné au défaut de production d’insuline par le cerveau. Cette affection toucherait entre autres les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Toutefois, les scientifiques précisent que ce type de diabète est très différent des autres.

C’est en étudiant des cerveaux de rongeurs que les chercheurs se sont aperçus que de l’insuline y était produite. Ils ont alors observé le cerveau de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et ils ont constaté que, dans l’hippocampe, la région du cerveau responsable de la mémoire, leur production d’insuline et de protéines connexes était inférieure à la normale. L’absence complète de production d’insuline était associée à la mort des cellules nerveuses.

L’insuline du cerveau est produite en beaucoup plus petite quantité que celle du pancréas. Elle n’influence pas le taux de glucose sanguin. Bien que les personnes diabétiques soient légèrement plus à risque d’Alzheimer, la responsable de la recherche, la Dr Suzanne de la Monte, neuropathologiste à l’hôpital de Rhode Island aux États-Unis, a précisé que le diabète de type 3 est très différent des autres types de diabète et fonctionne indépendamment des autres types. De plus, pour ces derniers types conventionnels de diabète, la production insulinique du cerveau ne joue pas un rôle important.

La neurodégénérescence qui survient dans la maladie d’Alzheimer est associée à un certain nombre d’anomalies : dépôts d’amyloïde-bêta, perte de cellules, accumulation de la protéine Tau (voir plus bas), etc. Au stade précoce de cette maladie, une baisse de l’utilisation cérébrale du glucose et du métabolisme énergétique survient. Un trouble du signal insuline pourrait jouer un rôle important.

Les scientifiques ont ainsi établi pour la première fois un lien entre l’insuline cérébrale et la maladie d’Alzheimer. Ils suggèrent également que la maladie d’Alzheimer pourrait représenter un trouble neuroendocrinien qui ressemble, mais diffère du diabète.

Cette découverte majeure laisse entrevoir la possibilité de développer de nouvelles méthodes pour détecter plus précocement l’Alzheimer, en améliorant par exemple les techniques d’imagerie pour déterminer la quantité d’insuline produite par le cerveau. Du côté de la prise en charge, on pourrait s’orienter vers des traitements capables de stimuler spécifiquement le signal de l’insuline dans le cerveau.

Et enfin, un risque accru d’Alzheimer chez les diabétiques devra être évalué.

La protéine Tau – une protéine qui protège les cellules du système nerveux centrale, et qui peut également les détruire 

Qu’est-ce la protéine Tau ?

Protéine Tau

Un excès de la protéine Tau dans les neurones du cerveau peut provoquer une agrégation de ces protéines entre elles en formant des amas. Cela amène à une dégénérescence cellulaire et donc à la mort neuronale. 

La protéine Tau, (venant de l’expression anglaise tubulin-associated unit) est une protéine animale qui se trouve également dans le corps humain. Elle fait partie de la famille des protéines associées aux microtubules (protéines MAP).

Chez les humains, ces protéines sont surtout présentes dans les neurones du système nerveux central. Elles ont des fonctions importantes dans notre organisme puisqu’elles participent à l’architecture des neurones et contribuent à leur stabilité. Elles sont également capables d’entrer dans le noyau des cellules, se fixer à l’ADN et le protéger lors de stress cellulaires.

Alors, chez la personne saine, cette protéine est précieuse et nécessaire pour la protection des cellules du système nerveux central. Par contre, en cas de dysfonctionnement, les données changent. Une étude dans le journal Plos One (1) démontre que la protéine Tau se propage en empruntant des connexions synaptiques à partir d’une seule zone du cerveau pour affecter petit à petit des régions plus larges, à l’origine des troubles cognitifs chez les patients. Il agit donc presque comme un virus contagieux. Quand une accumulation de la protéine Tau a lieu, sa présence massive dans les neurones signifie la fin de vie des cellules cérébrales.

Le mauvais fonctionnement des protéines Tau est lié à un excès de phosphorylation (l’ajout de groupements phosphate), entraînant l’agrégation des protéines entre elles : des amas de protéines Tau se forment. Dans ce cas, cela amène à une désorganisation des neurones en une dégénérescence neurofibrillaire, qui peut entraîner la mort cellulaire (dégénérescence cellulaire).

La protéine Tau et la production d’insuline dans le cerveau 

David Blum et Luc Buée de l’équipe « Alzheimer & Tauopathies », UMR-S1172 (Université de Lille CHU de Lille Inserm) ont démontré qu’une fonction physiologique de la protéine Tau est de réguler les effets de l’insuline dans le cerveau.

Les chercheurs ont démontré que les actions de l’insuline dans le cerveau étaient réduites chez des animaux ne possédant pas la protéine Tau. Ainsi, les souris déficientes en Tau présentent une réponse réduite à l’insuline au niveau de l’hippocampe, une structure du cerveau impliquée dans la mémoire. L’absence de protéine Tau provoque également des troubles du métabolisme chez les souris  comme un gain anormal de poids et une intolérance au glucose, des manifestations généralement associées à l’obésité ou au diabète.

Ces effets métaboliques seraient la conséquence d’une diminution des effets de l’insuline dans le cerveau, notamment sa capacité à réduire la prise alimentaire. Ce rôle de la protéine Tau est étayé par des données génétiques chez l’Homme. Cette étude fournit la première preuve d’un rôle de la protéine Tau dans les effets de l’insuline au niveau du cerveau et apporte de nouvelles pistes dans la compréhension des maladies neurodégénératives et des troubles métaboliques associés à ces pathologies.

Les autres types de diabète peu connus et souvent mal diagnostiqués

Parmi les diabétiques, environ 91 % sont atteints d’un diabète de type 2, environ 6 % d’un diabète de type 1.

Au-delà de ces formes bien connues, il existe une minorité de types de diabète intermédiaires et atypiques. Ce sont des formes de la maladie méconnues et plus difficiles à diagnostiquer ; très souvent, les médecins n’envisagent même pas que leur patient pourrait être atteint de ces types rares.

Alors, même si quelques-uns de ces types de diabète sont considérés comme des maladies rares (pas tous), le patient diabétique ou chaque personne prédisposée (par exemple par une insulinorésistance déjà existante ou tout simplement par hérédité) a peut-être l’intérêt de les connaître pour pouvoir en discuter avec son médecin, si nécessaire.

Les formes du diabète de type 1

Il existe plusieurs sous-types de diabète de type 1 :

  • Diabète de type 1, forme 1A :il s’agit d’une maladie auto-immune. La sous-catégorie 1A représente environ 96 % des cas de diabète de type 1. On peut constater la présence d’auto-anticorps : anti-îlot (ICA), anti-insuline (IAA), anti-décarboxylase de l’acide glutamique (GAD) et anti-tyrosine phosphatase membranaire (IA2). L’existence de ces auto-anticorps confirme que la plupart des cas de diabète de type 1 de l’enfant et de l’adolescent sont de nature auto-immune. Dès lors qu’au moins un des quatre auto-anticorps du diabète est retrouvé ce diabète est alors classé en type 1A.
  • Diabète de type 1 idiopathique, forme 1B : le terme idiopathique signifie que l’on ne connaît pas la cause de ce diabète. Cette forme est semblable au diabète de type 1 dans le sens qu’il est marqué par un déficit de sécrétion de l’insuline, il s’en distingue néanmoins dans la mesure où il n’en présente pas les marqueurs auto-immuns.
  • Diabète de type 2 cétonurique ou cétosique (fait partie des diabètes idiopathiques) : cette forme est également classée dans la sous-catégorie 1B. Ce type de diabète se caractérise par un début brutal avec des symptômes sévères qui nécessitent une administration d’insuline immédiate, avec une évolution proche du diabète de type 2. Cette forme de diabète est plus particulièrement observée dans certaines régions, en Afrique sub-saharienne notamment (20 % des Africains diabétiques présentent cette forme) ou en Europe de l’Est. Dans la moitié voire les trois-quarts des cas, une fois la phase aiguë passée, une bonne hygiène de vie permet au patient de se passer d’insulinothérapie.
  • Diabète de type 1 lent ou LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults) : cette version du diabète de type 1 apparaît généralement entre 30 et 50 ans. Il représente environ 10 % des diabétiques de type 2 (!). Il existe une composante auto-immune (présence d’anticorps) mais la progression de la destruction des cellules béta est beaucoup plus lente que le type 1A. Il ne nécessite pas forcément d’insuline au début du diagnostic, ce qui peut faire penser à un diabète de type 2, mais après au moins 6 mois ou parfois, plusieurs années, l’administration d’insuline s’avère nécessaire. Ce type de diabète ne provoque généralement pas de décompensation cétosique (accumulation de déchets acides dans le sang, dû à l’insuffisance d’insuline).

Les diabètes monogéniques

Microscope

Pour détecter un diabète monogénique, un diagnostic moléculaire est nécessaire.

Les diabètes monogéniques représentent au minimum 5 % des diabètes, voire plus. Dans ces cas de diabète, une approche clinique avec un diagnostic moléculaire est nécessaire. Selon le phénotype du diabétique, elle permettra d’orienter le diagnostic génétique. La reconnaissance d’un diabète monogénique est importante car elle permettra d’établir un pronostic, d’adapter le suivi clinique et la prise en charge thérapeutique et de proposer un dépistage familial et préventif.

Cependant, dans certaines formes le diagnostic différentiel, notamment avec un diabète de type 2 de survenue précoce, peut s’avérer difficile. La liste des diabètes monogéniques s’allonge de jour en jour, il semblerait que ce type de diabète apparaisse de plus en plus nombreux et des recherches scientifiques se poursuivent et s’intensifient.

Il est aussi important de préciser que sauf quelques exceptions, ces formes de diabètes monogéniques sont à l’interface entre les diabètes de type 1 et les diabètes de type 2. Ainsi, dans les diabètes mitochondriaux ou dans certains MODY, l’insulinodépendance et l’insulinoindépendance sont parfois observées au sein d’une même famille.

Selon leur présentation clinique, on peut classer les diabètes monogéniques en plusieurs groupes.

Les diabètes MODY

 Les diabètes de type MODY (Maturity Onset Diabetes of the Young) sont les formes les plus fréquentes des diabètes monogéniques. Les diabètes MODY sont en rapport avec une anomalie de la régulation de la sécrétion d’insuline. Environ 1 – 5 % des diabétiques sont touchés. Cette classe de diabète regroupe des formes de diabète de sévérités variables et de mécanismes différents. Les MODY, tous types confondus, ne sont pas considérés comme des maladies rares, puisqu’ils représentent autour les 5 % de l’ensemble des diabètes dans le monde.

On en connaît actuellement 5 types classés en MODY 1,2,3,4,5 ; le MODY 2 est le plus répandu, suivi par le MODY 3. Les autres sont très rares et plutôt anecdotiques.

Les diabètes MODY sont caractérisés par un diabète de type 2 non cétosique transmis au sein de la famille selon le mode autosomique dominant. Il s’agit donc d’un diabète familial et concerne la moitié des personnes de chaque génération d’une même famille, dans les deux sexes.

Les diabètes MODY se manifestent dès l’enfance ou l’adolescence, jusqu’à l’âge d’environ 25 ans, d’où son nom (parfois également appelé diabète de type adulte chez le jeune). Généralement, pendant les premières années suivant le diagnostic, ces diabètes ne sont pas insulinodépendants.

Il est important de penser aux diabètes de types MODY et de les diagnostiquer, en identifiant en même temps la sous-catégorie précise. En effet, l’évolution, les conséquences et le traitement de ces maladies seront différents selon leur origine génétique.

Actuellement, au moins 7 gènes impliqués dans l’apparition de cette maladie ont été identifiés ; cinq d’entre eux codent pour des facteurs de transcription, un pour la glucokinase et un autre pour l’insuline. Plus précisément, ce sont pour :

  • MODY 1 : gène de l’hépatocyte nuclear factor-4α ;
  • MODY 2 : gène de la glucokinase ;
  • MODY 3 : gène de l’hépatocyte nuclear factor-1α ;
  • MODY 4 : gène de l’insuline promotor factor-1 ;
  • MODY 5 : gène de l’hepatic transcription factor 2 ;
  • MODY 6 : gène du NEUROD 1 ;
  • MODY 7 : gène de l’insuline.

Les symptômes des diabètes MODY 

Quand une personne est atteinte du diabète type MODY, l’hyperglycémie n’est pas très prononcée ou peut être même inexistante pendant très longtemps, voire indéfiniment. Pour cette raison, la maladie peut n’être découverte qu’à l’occasion d’un bilan de santé, d’un acte chirurgical, d’une grossesse ou d’un diagnostic familial de MODY.

Mais l’hyperglycémie peut s’aggraver et dans ce cas, il devient difficile de distinguer un diabète MODY d’un Diabète de type 2, en dehors du contexte familial (grande fréquence de diabète, y compris chez des sujets jeunes). Cette aggravation de l’hyperglycémie est à craindre en cas de prise de poids, au cours de la grossesse, et bien entendu avec l’âge.

Le diabète mitochondrial MIDD

Le diabète mitochondrial affecte environ 0.5 – 2.8 % des diabètiques non-insulinodépendants. Les mitochondries possèdent leur propre matériel génétique codant une partie des protéines impliquées dans la chaîne respiratoire. Certaines mutations ou duplications de l’ADN mitochondrial peuvent être à la source d’un diabète.

Les symptômes de cette forme de diabète sont : un déficit de l’insulinosécrétion, un développement précoce de la maladie, avec un âge moyen lors du diagnostic compris entre 25 et 35 ans, et l’absence de surpoids.

La forme la plus répandue des diabètes mitochondriaux est le diabète mitochondrial MIDD (Maternally Inherited, Diabetes, Deafness).

On pensera à la possibilité d’un diabète mitochondrial MIDD quand sont réunies au moins deux des conditions suivantes :

  • Troubles d’audition ou surdité neurosensorielle acquise ;
  • transmission du diabète et/ou de la surdité au sein de la famille par la mère ;
  • anomalies de l’épithélium pigmentaire rétinien dites « poivre et sel » ;
  • insuffisances hormonales (hypoparathyroidie, hypogonadisme) ;
  • manifestations digestives à type de constipation, de diarrhée ou d’épisodes d’occlusion fonctionnelle ;
  • anomalies neurologiques ou musculaires comme le syndrome MELAS (MyoEncephalopathy, Lactic Acidosis, Stroke-like episodes) avec une intolérance musculaire à l’effort, des migraines et céphalées, des crises d’epilepsie, de l’anorexie, des accidents vasculaires transitoires, un ptosis de la paupière, etc.

Le diabète mitochondrial MIDD peut s’afficher sous tous les modes de présentation, commençant par l’intolérance au glucose allant jusqu’ à l’insulinodépendance absolue. Le plus souvent, il s’agit de formes évoluant en deux temps, d’abord non insulinodépendante, puis échappant secondairement aux hypoglycémiants oraux.

Les diabétiques qui sont atteints de ce type sont relativement protégés de la rétinopathie diabétique et de l’hypertension artérielle ; par contre, le risque de complication rénale demeure élevé, probablement du fait de la possibilité d’une influence du défaut oxydatif sur la fonction de ces organes.

Le diabète et l’hémochromatose

Qu’est-ce l’hémochromatose ?

L’hémochromatose est une pathologie qui se caractérise par un excès de fer dans l’organisme. Cet excès est dû à une absorption excessive du fer alimentaire au niveau du duodénum.

La personne atteinte de l’hémochromatose présente une grande « avidité » pour le fer, normalement contenu dans l’alimentation. Cette hyper-absorption de fer par l’alimentation conduit à une augmentation de la concentration de fer dans le sang qui, elle-même, va aboutir à un dépôt progressif de fer dans le foie.

Le foie est en effet l’organe qui reçoit en première ligne les produits de la digestion et donc ce fer en excès. Par contre, le foie – et d’une manière générale le corps humain – n’est pas préparé pour éliminer cet excès en fer et va donc le stocker jour après jour à partir de la naissance,  jusqu’au moment où, 30 à 40 ans plus tard, la surcharge en fer est devenue si massive qu’elle endommage le foie. Celui-ci n’arrive plus à faire son travail de façon adéquate et protéger les autres organes du surplus. Le résultat : les autres organes seront également atteints. Ainsi la peau, les articulations, le pancréas et le cœur seront progressivement impliqués, ce qui explique les symptômes de l’hémochromatose : par exemple, arthrite, diabète, troubles cardiaques ou pigmentation cutanée excessive.

Il y a plusieurs formes d’hémochromatose. La plus fréquente est celle dite HFE1, en particulier dans le nord-ouest de l’Europe. Mais il y a également l’hémochromatose juvénile (HFE2A) et les hémochromatoses HFE3 – HFE6. En France, c’est l’hémochromatose HEF4 qui est sur la deuxième place après l’HFE1. Les autres formes sont en partie liées à une population géographique précise comme au Japon à l’Italie du Sud.

Le diabète de l’hémochromatose

L’hémochromatose est la première forme de diabète monogénique reconnue, d’un point de vue historique. Environ 1,3 % des diabétiques ont une hémochromatose et inversement, environ 40 % des patients porteurs d’une hémochromatose ont un diabète, surtout s’il y a des anomalies hépatiques.

Voici quelques signes quand diabète et hémochromatose s’associent :

  • le diabète est plus précoce que dans le diabète de type 2 (vers 40-45 ans) ;
  • le surpoids est plutôt rare ;
  • ce type de diabète est plus fréquent chez l’homme (ratio H/F  8/2) ;
  • il est exempt de marqueurs d’auto-immunité ;
  • le diabète peut survenir avant ou après l’hémochromatose, mais également de façon simultanée ;
  • le diabète est plus important en cas d’anomalies hépatiques ou de diagnostic tardif ;
  • les complications diabétiques sont les mêmes : atteintes des yeux et des reins, atteintes du système cardio-vasculaire (infarctus, artérite des membres inférieurs et accidents vasculaires cérébraux), atteinte du système nerveux, etc.

Les traitements de ce diabète sont identiques aux ceux du diabète de type 2.

En pratique – comment procéder si on soupçonne un de ces types de diabète rares ?

Les diabètes monogéniques restent des formes rares de diabète non-insulinodépendant. Toutefois, dans certains cas, le patient diabétique a l’intérêt d’aborder la question en discutant avec son médecin traitant.

Pour diagnostiquer avec certitude un diabète monogénique, un diagnostic moléculaire est nécessaire. Tout généralement, les diagnostics muléculaires sont un ensemble des méthodes de détection, quantification ou typage dont la cible est un acide nucléique (ADN ou ARN).

Quand demander un diagnostic moléculaire de diabète monogénétique ?

Chez qui évoquer le diagnostic de diabète monogénique ?

Il faut envisager ce diagnostic chez les patients diabétiques qui :

  • n’ont pas de surpoids ;
  • présente une hyperglycémie chronique non insulinodépendante avant l’âge de 30 ans ;
  • s’inscrivent dans un contexte familial de diabète.

Avant de demander l’analyse génétique, il faut en tout cas éliminer la possibilité d’un diabète de type 1 lent (ou LADA), qui reste le diagnostic différentiel principal.

Le contexte clinique peut orienter plus précisément la suspicion diagnostique. En effet, par exemple,

  • la présence de kystes rénaux évoquera un MODY 5 ;
  • une surdité, une transmission maternelle et/ou une dystrophie maculaire feront évoquer un diabète mitochondrial ;
  • un diabète non insulinodépendant de l’enfant ou de l’adolescent fera envisager un MODY 2.

Conclusion

Il existe encore d’autres formes de diabètes rares. On pourrait encore évoquer le diabète néonatal (un diabète présent dès la naissance) ou des diabètes dus à des anomalies génétiques de l’action de l’insuline. Dans ces derniers cas, il s’agit d’une résistance extrême à l’insuline par mutation du récepteur insulinique.

Encore une autre cause du diabète peut être une affectation du pancréas. Comme on l’a vu plus haut, le pancréas héberge les cellules béta qui produisent l’insuline. En cas d’une pathologie pancréatique, la production de l’insuline peut être impactée.  Parmi ces pathologies, on peut citer une pancréatite (inflammation du pancréas), la mucoviscidose, une fibrose kystique (formation de tissus fibreux), un traumatisme quelconque du pancréas ou une tumeur / un cancer du pancréas.

La prise régulière de certains médicaments à long terme peut également déclencher un diabète : la cortisone (anti inflammatoire), l’acide nicotinique (contre le cholestérol), le diazoxide (contre l’hyperinsulinisme), les béta-mimétiques (contre l’asthme) ou les anti-psychotiques (contre les états psychotiques).

En conclusion, il faut donc retenir qu’il y a nettement plus de formes de diabète que seulement les diabètes les plus connus par le grand publique : le diabète de type 1, le diabète de type 2 ou le diabète de grossesse.

Chaque patient qui se voit confronté à cette maladie devrait se questionner sur les possibilités éventuelles de la présence d’un diabète plus rare, et, au cas échéant, en discuter avec son médecin. Ainsi, le traitement pourrait être plus ciblé et plus efficace !

 

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Sources :

Références :

  1. http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0031302 (en anglais)

Crédits/sources image:  

  • Images 1 – 3 et 4 : Pixabay, Public Domain CC0, libre de droits
  • Protéine Tau : Wikimedia Commons, by Zwarck, CC BY-SA 2.5 

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