Nerf vague illustration

On considère souvent le déclin cognitif comme un problème qui commence et se termine dans le cerveau, et qu’ inverser le déclin cognitif soit très difficile voire impossible. Mais de nouvelles recherches suggèrent que le véritable centre de contrôle de la mémoire se situe en réalité dans l’intestin. Des scientifiques ont découvert que chez les souris âgées, le microbiote intestinal se modifie, favorisant notamment une bactérie appelée Parabacteroides goldsteinii .

Ce changement déclenche une réaction inflammatoire intestinale qui inhibe le nerf vague, principale voie de communication avec le cerveau. Cette inhibition engourdit l’hippocampe, entraînant des pertes de mémoire. De façon remarquable, en stimulant le nerf vague ou en rééquilibrant le microbiote intestinal, des chercheurs ont transformé des souris âgées « distraites » en souris aux capacités cognitives exceptionnelles. Ainsi, ils ont réussi à prouver que le vieillissement cognitif n’est pas irréversible et qu’il est possible d’ inverser le déclin cognitif. Il peut simplement être inversé par l’action du système digestif.

Ces résultats suggèrent que le déclin cognitif pourrait être influencé par des facteurs situés bien au-delà du cerveau lui-même. L’équilibre du microbiote intestinal, l’inflammation chronique et le fonctionnement du nerf vague apparaissent désormais comme des éléments clés de cette communication entre le corps et le cerveau.


Contenus de cet article

Il existe un lien crucial entre le microbiote et le déclin cognitif


La vue d’une délicieuse assiette de lasagnes ou l’arôme d’un jambon de fête suffisent à mettre l’eau à la bouche. Mais si nous avons tous déjà ressenti cette sensation de « manger » avec les yeux et le nez avant même que les aliments n’atteignent notre bouche, on connaît beaucoup moins l’existence de cette voie de communication essentielle : le nerf vague, qui transmet des signaux dans le sens inverse : de l’intestin directement au cerveau.

Ces signaux transmettent bien plus que de simples informations sur ce que vous avez mangé et sur votre sensation de satiété. Une nouvelle étude menée sur des souris par des chercheurs de Stanford Medicine et de l’Arc Institute de Palo Alto, en Californie, a mis en évidence un lien crucial entre les bactéries qui peuplent notre intestin et le déclin cognitif souvent associé au vieillissement.

Christoph Thaiss, PhD, professeur adjoint de pathologie à l’Université Stanford et un des auteurs principaux de l’étude publiée dans la revue scientifique Nature, a déclaré : 

« Bien que les pertes de mémoire soient fréquentes avec l’âge, elles affectent les individus différemment et à différents âges ».

« Nous voulions comprendre pourquoi certaines personnes très âgées conservent une excellente acuité cognitive tandis que d’autres connaissent un déclin significatif dès la cinquantaine ou la soixantaine. Nous avons découvert que le rythme du déclin de la mémoire n’est pas immuable ; il est activement modulé par l’organisme, et le système gastro-intestinal joue un rôle crucial dans ce processus. »


Inverser le déclin cognitif – Une réversibilité surprenante

Système digestif
De nouvelles recherches révèlent que rétablir la communication entre le système digestif et le cerveau peut inverser le déclin de la mémoire lié à l’âge.

L’étude menée sur des souris a montré que la composition de la population bactérienne naturellement présente dans l’intestin, connue sous le nom de microbiote intestinal, change avec l’âge. Cela favorise certaines espèces de bactéries par rapport à d’autres.

Ces changements sont enregistrés par les cellules immunitaires du tube digestif., Cela déclenche une réponse inflammatoire qui entrave la capacité du nerf vague à transmettre des signaux à l’hippocampe — la partie du cerveau responsable de la formation de la mémoire et de la navigation spatiale.


Inverser le déclin cognitif – Stimulation du nerf vague peut améliorer les performances cérébrales

La stimulation de l’activité du nerf vague chez des animaux âgés a transformé de vieilles souris oublieuses en petits génies à la vivacité exceptionnelle, capables de se souvenir de nouveaux objets et de s’échapper de labyrinthes avec autant d’agilité que leurs congénères plus jeunes. 

« Le degré de réversibilité du déclin cognitif lié à l’âge chez les animaux, obtenu simplement en modifiant la communication entre l’intestin et le cerveau, était surprenant », a observé Thaiss. « On a tendance à considérer le déclin de la mémoire comme un processus intrinsèque au cerveau. Mais cette étude indique qu’il est possible d’améliorer la formation de la mémoire et l’activité cérébrale en modifiant la composition du tractus gastro-intestinal — une sorte de télécommande pour le cerveau. »

Maayan Levy, docteure en pathologie, professeure adjointe et chercheuse en innovation à l’Institut Arc, Palo Alto, Californie, est l’autre auteure principale. 

« Notre étude souligne que les processus cérébraux peuvent être modulés par une intervention périphérique. Le tube digestif étant facilement accessible par voie orale, moduler l’abondance des métabolites du microbiote intestinal représente une stratégie très intéressante pour contrôler les fonctions cérébrales. » 


L’appel provient de l’intérieur du corps


Intéroception vs extéroception

Schéma Intéroception : Organes impliqués

L’idée que des centaines d’espèces de bactéries vivent confortablement dans nos intestins, était autrefois surprenante.

Cinq sens classiques
Nos organes sensoriels classiques (ouïe, vue, goût, odorat, toucher) sont nos canaux et outils pour l’extéroception. Le sens un système de récepteurs, ou cellules sensitives, capable de capter et de traduire plusieurs formes d’énergie (stimuli) et de les transmettre au système nerveux central sous forme d’influx nerveux.

Mais le microbiote intestinal connaît aujourd’hui un véritable engouement médiatique. On prend conscience de son rôle essentiel non seulement dans la digestion, mais aussi dans notre santé globale.

Il y a un peu plus de dix ans, des chercheurs ont démontré que la modification du microbiote intestinal de rongeurs influençait leurs comportements sociaux et cognitifs. Thaiss et Levy se sont alors demandés si un processus similaire pouvait être responsable des pertes de mémoire et des troubles cognitifs souvent associés au vieillissement.

Les signaux provenant de l’intérieur du corps et transmis au cerveau, comme ceux qui transitent des intestins au cerveau par le nerf vague, relèvent de l’intéroception (perception consciente ou non des signaux corporels internes).

À l’inverse, les signaux provenant de l’extérieur du corps, véhiculés principalement par les cinq sens (goût, toucher, odorat, vue et ouïe), sont appelés extéroception.

« L’extéroception, c’est fondamentalement la façon dont nous percevons le monde extérieur », explique Thaiss. « Nous avons des connaissances très détaillées sur son fonctionnement. Mais nous en savons beaucoup moins sur la façon dont le cerveau perçoit ce qui se passe à l’intérieur du corps. Nous ignorons le nombre de sens internes et même la nature exacte de ce qu’ils perçoivent. Il est clair que nos capacités extéroceptives diminuent avec l’âge – nous avons besoin de lunettes et d’appareils auditifs, par exemple. Et cette étude montre que le vieillissement affecte également l’intéroception. »


Comment s’est déroulée l’étude ?

Pour tester leur hypothèse selon laquelle le microbiote intestinal joue un rôle dans les « trous de mémoire liés à l’âge » que beaucoup d’entre nous connaissent, les chercheurs ont placé de jeunes souris (âgées de deux mois) avec des souris âgées (âgées de 18 mois). La proximité de ces dernières (et de leurs déjections) a permis aux jeunes souris d’être exposées au microbiote intestinal des souris âgées, et inversement. Au bout d’un mois, les chercheurs ont analysé la composition du microbiote des animaux jeunes et âgés.

Le microbiote intestinal s’adapte à l’environnement direct

Bactéries microbiote intestinal
Bactéries microbiote intestinal

Ils ont constaté que le fait de partager un terrier entraînait une plus grande ressemblance entre le microbiote intestinal des jeunes souris et celui des animaux plus âgés. Lorsqu’ils ont comparé la capacité des souris à reconnaître un nouvel objet ou à trouver la sortie d’un labyrinthe, les jeunes souris au microbiote « âgé » ont obtenu des résultats nettement inférieurs à ceux de leurs congénères : elles se montraient moins curieuses face à l’objet inconnu et se déplaçaient maladroitement dans le labyrinthe, à l’instar des animaux plus âgés.

Lorsque les chercheurs ont comparé de jeunes souris et des souris âgées élevées en milieu axénique depuis leur naissance (c’est-à-dire dépourvues de flore intestinale), les jeunes souris ont conservé leur capacité à former des souvenirs. Cependant, lorsqu’ils ont transplanté à de jeunes souris axéniques le microbiome de souris âgées, les jeunes souris ont de nouveau obtenu des résultats similaires à ceux des souris âgées lors des tests de mémoire et de cognition.

Fait intéressant : les souris âgées axéniques n’ont présenté aucun déclin de leurs capacités de mémoire et de cognition avec l’âge, leurs performances étant comparables à celles d’animaux âgés de deux mois.

De façon surprenante, le traitement de jeunes souris présentant un microbiote « ​​ancien » (et donc des capacités cognitives défaillantes) avec des antibiotiques à large spectre pendant deux semaines a restauré les capacités cognitives des animaux, les amenant à explorer avec avidité des objets inconnus et à parcourir le labyrinthe aussi bien que leurs congénères témoins.

« Le test de reconnaissance d’objets est similaire aux tests de reconnaissance cognitive chez l’humain, où l’on vous présente une série d’images, puis vous devez vous souvenir lesquelles vous avez déjà vues après un certain temps », a expliqué Thaiss.

« Le test du labyrinthe est comparable à la tâche de se rappeler où l’on a garé sa voiture dans un grand centre commercial. Ce que ces tâches ont en commun, chez la souris comme chez l’humain, c’est leur forte dépendance à l’activité de l’hippocampe, car c’est là que les souvenirs sont encodés. »


Inverser le déclin cognitif – Une bactérie très spécifique inhibe les performances cognitives


Parabacteroides distasonis
Parabacteroides. Ici : Parabacteroides distasonis qui se trouvent également dans le microbiote intestinal, tout comme les Parabacteroides goldsteinii qui appartiennent au même genre. 

En approfondissant leurs recherches, les chercheurs ont identifié des modifications spécifiques de la composition du microbiote intestinal des souris âgées. Plus précisément, l’abondance relative d’une bactérie appelée Parabacteroides goldsteinii augmente chez les souris âgées et est directement associée au déclin cognitif observé chez ces animaux.

Ils ont montré que la colonisation de l’intestin de jeunes souris par cette espèce bactérienne inhibait leurs performances lors des tâches de reconnaissance d’objets et d’échappement de labyrinthe. Ce déficit était corrélé à une réduction de l’activité dans l’hippocampe.

Cependant, lorsqu’ils ont traité des souris âgées avec une molécule activant le nerf vague, les performances cognitives des animaux étaient indiscernables de celles des jeunes animaux.


L’inflammation chronique due aux bactériee Parabacteroides goldsteinii

Des expériences complémentaires ont montré que la prévalence croissante de la bactérie Parabacteroides goldsteinii était corrélée à une augmentation de la concentration de métabolites appelés acides gras à chaîne moyenne. Ces métabolites induisaient une réponse inflammatoire chez un groupe de cellules immunitaires intestinales appelées cellules myéloïdes. Cette inflammation inhibait l’activité du nerf vague, l’activité de l’hippocampe et la capacité à former des souvenirs durables.

« Le système digestif est sans doute le premier système organique à avoir évolué au cours de l’histoire de l’évolution humaine ; l’évolution des processus cognitifs cérébraux a donc indubitablement été influencée par les signaux provenant de l’intestin », a déclaré Levy. « Il est probable que ces signaux jouent un rôle important dans la contextualisation de la formation des souvenirs. »

Thaiss a ajouté : « En gros, nous avons identifié un processus en trois étapes menant au déclin cognitif, qui commence par le vieillissement gastro-intestinal et les changements microbiens et métaboliques qui en découlent. »

« Les cellules myéloïdes du tube digestif perçoivent ces changements, et leur réaction inflammatoire perturbe la connexion entre l’intestin et le cerveau via le nerf vague. Ceci est une cause directe du déclin de la mémoire. Et si nous parvenons à restaurer l’activité du nerf vague, nous pouvons redonner à un animal âgé les capacités mnésiques d’un jeune animal . »

Les chercheurs étudient actuellement l’existence d’une voie similaire reliant le microbiome intestinal et l’activité cérébrale chez l’humain, et son rôle éventuel dans le déclin cognitif lié à l’âge. Il est important de noter que la stimulation du nerf vague est approuvée par la FDA (Food and Drug Administration) pour le traitement de la dépression et de l’épilepsie, ainsi que pour favoriser la récupération après un AVC. Les chercheurs s’intéressent également au développement de méthodes non invasives permettant de surveiller, voire de contrôler, l’activité des neurones périphériques afin d’influencer la formation de la mémoire et les fonctions cognitives.

« Nous espérons qu’à terme, ces découvertes pourront être transposées en clinique pour lutter contre le déclin cognitif lié à l’âge chez l’humain », a ajouté Thaiss. 

Un début pour inverser le déclin cognitif !


Récapitulation des acteurs principaux impliqués dans le déclin cognitif


Le vieillissement s’accompagne d’un déclin des fonctions cognitives.

Il s’agit une diminution progressive des capacités du cerveau. Le déclin cognitif ne touche pas seulement la mémoire, mais l’ensemble de fonctions qui permettent de comprendre, d’apprendre, de raisonner et d’interagir avec le monde. Autrement dit, tout ce qui construit notre quotidien intellectuel.

Il est essentiel de distinguer le vieillissement cérébral normal des véritables troubles cognitifs. Avec l’âge, il est fréquent de mettre un peu plus de temps à retenir un détail ou à apprendre une nouvelle compétence. Ces changements sont physiologiques et ne traduisent pas forcément une défaillance.

En revanche, lorsque les difficultés deviennent fréquentes, qu’elles s’installent durablement et perturbent la vie de tous les jours, il ne s’agit plus d’un simple ralentissement lié à l’âge. On parle alors de troubles cognitifs.

Comprendre ce qu’est le déclin cognitif et ce qui peut l’influencer constitue donc une étape cruciale pour préserver ses capacités et rester intellectuellement actif au fil des années. Cela fait aussi partie des éléments qui aident à inverser le déclin cognitif.


Le système nerveux central et le système nerveux autonome – Les deux acteurs principaux

Le système nerveux central

Le système nerveux central, composé du cerveau et de la moelle épinière, est au cœur de notre fonctionnement cognitif.

Il est responsable de l’intégration des informations, du contrôle de la motricité et de la facilitation des fonctions cognitives. Chaque région du cerveau joue un rôle spécifique dans ces processus.

Le système nerveux autonome

Système nerveux parasympathique
Système nerveux parasympathique, avec le nerf vague

Le système nerveux autonome est l’autre grand acteur impliqué dans les processus cognitifs. Le système nerveux autonome reçoit des informations au sujet du corps et de l’environnement externe, puis y répond en stimulant des processus physiologiques par le système sympathique, ou en les inhibant par le système parasympathique. 

Il se subdivise en système nerveux sympathique et système nerveux parasympathique.

  • le système nerveux sympathique prépare le corps à des situations qui exigent de la force et une perception accrue ou qui éveillent la peur, la colère, l’excitation ou la gêne ; 
  • le système nerveux parasympathique a un effet apaisant sur le corps. Il permet à la fréquence cardiaque et à la respiration de revenir à la normale, aux pupilles de rétrécir et au métabolisme de ralentir afin de préserver l’énergie.

Les émotions humaines sont intimement liées à l’état de notre système nerveux autonome. Ce système module notre comportement, influençant comment nous réagissons aux différentes situations de la vie. Il fonctionne également selon un équilibre entre les systèmes sympathiques et parasympathiques, responsables respectivement de l’activation et de l’apaisement de notre corps.

Cela se passe par le biais des neurotransmetteurs qui sont des messagers chimiques et qui jouent un rôle clé dans notre comportement.

Le stress, qu’il soit aigu ou chronique, agit profondément sur nos comportements et notre système nerveux. Lorsqu’un individu fait face à un stress immédiat, les centres nerveux sont activés, augmentant la vigilance et la concentration nécessaires à la gestion de la situation. Cette activation est le résultat d’une véritable orchestration entre différents réseaux neuronaux.

Par conséquent, nos fonctions cognitives sont également touchées !


Encore une fois, quelles sont nos fonctions cognitives principales ? Et quels symptômes en cas de déclin cognitif ?

Les fonctions cognitives les plus importantes sont :

Attention 

L’attention, qui forme un ensemble avec la concentration et la vigilence, est notre capacité à sélectionner une information et à la maintenir dans la conscience.

Elle comprend plusieurs degrés d’intensité (simple vigilance à l’attention soutenue) et de sélectivité (prêter attention à une seule chose en éliminant toute autre source de distraction à l’attention « divisée » pour prêter attention à plusieurs éléments). L’attention est indispensable pour l’ensemble des actes de la vie quotidienne.

Dans le cadre de cette fonction, nous devons parler de 5 processus différents :

  • Attention soutenue : capacité à maintenir une attention régulière sur une tâche ou un événement pendant une période prolongée.
  • Attention sélective : capacité à diriger l’attention et à se concentrer sur quelque chose sans permettre à d’autres stimuli, externes ou internes, d’interrompre la tâche.
  • Attention alternée : capacité à passer d’une tâche ou d’une norme interne à une autre sans interruption.
  • Vitesse de traitement : vitesse à laquelle le cerveau effectue une tâche (elle varie évidemment d’une tâche à l’autre, en fonction des autres fonctions cognitives impliquées dans la tâche).
  • Hémineglect : grande difficulté ou incapacité à diriger l’attention d’un côté (généralement le gauche), à la fois par rapport à son propre corps et par rapport à l’espace.
Effets observables en cas de déclin cognitif

Lorsque l’attention se détériore, la personne peut avoir de plus en plus de difficultés à rester concentrée sur une tâche. Elle se laisse facilement distraire par des stimuli externes ou internes. Les conversations deviennent difficiles à suivre lorsqu’il y a du bruit ou plusieurs interlocuteurs. Les tâches simples demandent davantage de temps, et les erreurs d’inattention deviennent plus fréquentes, notamment dans les activités quotidiennes comme la lecture, la conduite ou la gestion de tâches multiples.

Orientation

L’orientation est notre capacité d’ être conscients de nous-mêmes et du contexte dans lequel nous nous trouvons à un moment donné. 

L’orientation est un aspect fondamental de notre vie quotidienne. Elle nous permet de nous situer, ainsi que les autres, dans une situation donnée. Il est essentiel d’avoir une bonne orientation spatio  temporelle dans la vie quotidienne.

Cette fonction se divise en trois types :

  • Orientation personnelle : capacité d’intégrer des informations relatives à l’histoire te l’identité personnelle comme par exemple notre âge, notre état civil ou les études que nous avons.
  • Orientation temporelle : capacité de gérer des informations sur différents évènements ou situations et à les placer chronologiquement dans le temps. Nous nous référons aux informations relatives au jour, à l’heure, au mois, à l’année, etc., aux moments de se comporter, aux festivités, aux saisons, etc.
  • Orientation spatiale : capacité de gérer des informations liées à où d’où nous venons, où nous sommes à un moment donné, à où nous allons, etc.
Effets observables en cas de déclin cognitif

Les troubles de l’orientation apparaissent souvent de manière progressive. Une personne peut commencer par oublier la date ou le jour de la semaine, puis avoir des difficultés à situer certains événements dans le temps. Dans des cas plus avancés, elle peut se désorienter dans des lieux familiers, oublier où elle se trouve ou avoir des difficultés à retrouver son chemin dans des environnements pourtant connus. Ces troubles peuvent entraîner un sentiment d’insécurité et d’anxiété.

Mémoire et apprentissage

Les fonctions mnésiques désignent l’ensemble des processus cognitifs impliqués dans l’encodage, le stockage, la consolidation et la récupération des informations. Ce sont toutes les fonctions de la mémoire qui permettent d’acquérir, de conserver et de restituer les connaissances et les expériences.

Au sein de la mémoire, on distingue

  • Mémoire épisodique : se réfère à des informations sur des événements et des expériences, tous situés dans l’espace et le temps.
  • Mémoire sémantique : se réfère aux connaissances générales.
  • Mémoire procédurale : se réfère aux actions ou séquences d’actions apprises, que nous faisons pour la plupart automatiquement sans avoir besoin de réfléchir à chaque geste ou mouvement que nous faisons (souvent difficile à verbaliser).
Effets observables en cas de déclin cognitif

Le déclin des fonctions mnésiques se manifeste généralement par des oublis plus fréquents. La personne peut avoir du mal à retenir de nouvelles informations, à se souvenir d’une conversation récente ou à rappeler certains événements récents. Elle peut également poser plusieurs fois la même question ou oublier où elle a posé certains objets. Les souvenirs plus anciens restent souvent mieux préservés, tandis que les informations récentes deviennent plus difficiles à mémoriser.

Reconnaissance (gnosie)

Cette fonction cognitive se définit par notre capacité à reconnaître un objet ou une personne.

La reconnaissance se déroule à partir de l’un de nos cinq sens. Elle est liée à un temps d’interprétation du cerveau et donc la possibilité de recevoir et de mémoriser des informations.

Il existe des gnosies pour chacun des canaux sensoriels et des gnosies qui combinent différents canaux.

  • Gnosies visuelles : capacité à reconnaître visuellement différents éléments et à leur attribuer une signification : objets, visages, lieux, couleurs, etc.
  • Gnosies auditives : capacité à reconnaître, de manière auditive, différents sons.
  • Gnosies tactiles : capacité à reconnaître, par le toucher, différents objets, textures, températures, etc.
  • Gnosies olfactives : capacité à reconnaître, par l’odorat, différentes odeurs.
  • Gnosies gustatives : capacité à reconnaître, par le goût, les différentes saveurs.
  • Schéma corporel : capacité à reconnaître et à représenter mentalement le corps dans son ensemble et ses différentes parties, développement des mouvements pouvant être effectués avec chaque partie et orientation du corps dans l’espace.
Effets observables en cas de déclin cognitif

Lorsque les gnosies sont altérées, la personne peut avoir des difficultés à reconnaître des objets, des visages ou certains sons pourtant familiers. Elle peut, par exemple, reconnaître un objet mais ne plus se souvenir immédiatement de son nom ou de son utilisation. Dans des cas plus marqués, elle peut confondre certaines personnes ou interpréter incorrectement des stimuli sensoriels, ce qui peut générer de la confusion.

Fonctions exécutives

Les fonctions exécutives sont un ensemble de processus cognitifs de haut niveau. Elles permettent de planifier, organiser, réguler et adapter son comportement en fonction d’un but. Elles attribuent à gérer les comportements volontaires et à gérer le quotidien efficacement.

Ceci particulièrement dans des situations nouvelles ou complexes. Elles jouent un rôle central dans la prise de décision , la résolution de problèmes et l’autorégulation.

Ces fonctions sont primordiales pour conserver une autonomie au quotidien dans toutes les activités. Les fonctions exécutives comprennent différents processus fondamentaux pour notre vie quotidienne:

  • Mémoire de travail : système qui permet le maintien, la manipulation et la transformation des informations dans l’esprit.
  • Planification : capacité à générer des objectifs, à élaborer des plans d’action pour les atteindre (séquences d’étapes) et à choisir le plus approprié en fonction de l’anticipation des conséquences.
  • Raisonnement : capacité à comparer des résultats, à tirer des conclusions et à établir des relations abstraites.
  • Flexibilité : capacité à élaborer de nouvelles stratégies pour adapter le comportement aux exigences changeantes de l’environnement.
  • Inhibition : capacité à ignorer les impulsions ou les informations internes et externes non pertinentes lors de l’exécution d’une tâche.
  • Prise de décision : capacité à décider d’un plan d’action après avoir pesé différents types d’options possibles et leurs résultats et conséquences possibles.
  • Estimation du temps : capacité à estimer approximativement le passage du temps et la durée d’une activité ou d’un événement.
  • Double performance : capacité à effectuer deux tâches en même temps (elles doivent donc être de types différents), en accordant une attention constante à chacune d’entre elles.
  • Branchement (multitâche) : capacité à organiser et à exécuter de manière optimale des tâches simultanément, en les imbriquant les unes dans les autres et en sachant à tout moment où se trouve chacune d’entre elles.
Effets observables en cas de déclin cognitif

Les troubles des fonctions exécutives se manifestent souvent par des difficultés à organiser, planifier ou gérer plusieurs étapes d’une tâche. La personne peut avoir du mal à prendre des décisions, à résoudre des problèmes ou à s’adapter à des situations nouvelles. Des activités auparavant simples, comme gérer un budget, préparer un repas ou organiser une journée, peuvent devenir plus compliquées. La flexibilité mentale diminue et la personne peut avoir tendance à répéter les mêmes stratégies même lorsqu’elles ne fonctionnent plus.

Savoir-faire (praxies) 

Le savoir-faire, également appelé praxies, est l’ensemble des actions motrices et des mouvements que nous coordonnons dans un but intentionnel.

On distingue entre mouvements élémentaires (ex. marcher, manger, boire, etc.) ou plus complexes (ex. habillage, toilette, cuisine, travaux manuels). L’acquisition se poursuit tout au long de la vie pour des activités plus complexes.

Au sein des praxies, nous faisons la distinction entre :

  • Praxies idéomotrices : capacité à exécuter intentionnellement un mouvement ou un geste simple.
  • Praxies idéationnelles : capacité à manipuler des objets au moyen d’une séquence de gestes, ce qui implique la connaissance de la fonction de l’objet, la connaissance de l’action et la connaissance de l’ordre sériel des actes qui conduisent à cette action.
  • Praxies faciales : capacité à effectuer volontairement des mouvements ou des gestes avec les différentes parties du visage : lèvres, langue, yeux, sourcils, joues, etc.
  • Praxies visoconstructives : capacité à planifier et à exécuter les mouvements nécessaires pour organiser une série d’éléments dans l’espace afin de former un dessin ou une figure finale.
Effets observables en cas de déclin cognitif

Lorsque les praxies sont affectées, les gestes du quotidien deviennent plus difficiles à exécuter malgré l’absence de problème moteur. La personne peut avoir du mal à utiliser certains objets familiers, à s’habiller correctement ou à réaliser une séquence d’actions habituelles. Par exemple, elle peut hésiter sur l’ordre des étapes pour préparer un repas ou manipuler un objet sans savoir exactement comment l’utiliser.

Langage (phasie) 

Le langage (aussi phasie) est l’instrument privilégié de la communication humaine qui s’exprime par la parole à l’oral et implique un mécanisme de compréhension. A l’écrit, il s’exprime par l’écriture et se décode par la lecture.

Le langage utilise l’apprentissage, mais aussi la mémoire et les fonctions exécutives. De plus, il et nécessite souvent l’utilisation annexe de l’attention, la vigilance et la concentration selon les situations.

Les êtres humains sont par nature des individus sociaux. La fonction cognitive du langage nous sert à communiquer, sous plusieurs formes (orales ou écrites). Par conséquent, et comme nous vivons actuellement dans une société de l’information, les problèmes dans ce domaine se traduisent à limiter la vie quotidienne d’une personne à différents niveaux. Le langage est fondamental dans notre vie quotidienne.

Les fonctions de langage regroupent des habiletés divisées en 2 catégories : les habiletés réceptives (comprendre le langage parlé et écrit) et les habiletés expressives (parler et écrire).

Le langage oral :

  • Habiletés réceptives : correspondent au décodage des mots et à la compréhension de phrases.
  • Habiletés expressives : correspondent à la dénomination, l’articulation, la fluence verbale, l’intonation, et la gestion de la syntaxe et de la grammaire.

En langage écrit, on différencie les capacités de lecture des capacités d’écriture :

  • La lecture du mot par découpage en graphèmes (plus petite unité de lettres qui forment un son) que nous traduisons en sons. Nous décodons les mots nouveaux de cette façon.
  • La reconnaissance du mot par sa forme globale et le contexte (la phrase). C’est la voie qu’utilise un lecteur compétent avec une lecture fluide et rapide par reconnaissance instantanée du mot lu. Nous lisons les mots irréguliers de cette façon.
  • L’écriture correspond à la maîtrise de l’orthographe et des règles de grammaire. Elle concerne également la maîtrise de la syntaxe, de la ponctuation, l’organisation du texte, et l’utilisation d’un vocabulaire adéquat.

Chez la personne âgée, la stimulation du langage et de la communication permet le maintien du lien social.

Effets observables en cas de déclin cognitif

Les troubles du langage peuvent se manifester par des difficultés à trouver les mots justes, une diminution de la fluidité verbale ou des phrases moins structurées. La personne peut hésiter davantage lorsqu’elle parle, utiliser des mots génériques à la place de termes précis ou perdre le fil d’une conversation. Dans certains cas, la compréhension du langage peut également être affectée, rendant les échanges plus difficiles.

Cognition sociale 

Le champ de la cognition sociale est large et cherche à intégrer des approches variées telles que la psychologie cognitive, la psychologie clinique et les neurosciences.

La cognition sociale est un ensemble de processus cognitifs et émotionnels par lesquels nous comprenons, analysons, interprétons, mémorisons et utilisons des informations sur le monde social. Elle intervient à notre perception de notre environnement et à nos réactions intellectuelles et émotionnelles.

Grâce à la cognition sociale, nous sommes capables d’interpréter les émotions des autres, d’être empathiques (ou pas), de nous mettre à leur place dans une situation donnée afin de savoir ce qu’ils pensent ou comment ils réagiront si nous faisons ou disons quelque chose de précis.

La cognition social est donc au cœur des interactions sociales, de la communication, de l’empathie et de la régulation des comportements sociaux. Elle comprend quatre fonctions distinctes :

  • Théorie de l’esprit : permet de déduire les pensées et intentions d’autrui.
  • Perception des émotions : décode les expressions faciales et indices vocaux.
  • Empathie et la régulation socio-émotionnelle : par lesquels on raisonne avec autrui tout en ajustant son comportement.
Effets observables en cas de déclin cognitif

Lorsque la cognition sociale se dégrade, la personne peut avoir plus de difficulté à interpréter les émotions ou les intentions des autres. Elle peut mal comprendre certaines situations sociales, réagir de manière inappropriée ou perdre une partie de sa capacité d’empathie. Les interactions sociales peuvent devenir plus compliquées, ce qui peut entraîner un isolement progressif.

Compétences visuo-spatiales

Les compétences visuo-spatiales sont des fonctions qui nous permettent  à représenter, analyser et manipuler mentalement des objets. Grâce à ces compétences, nous sommes capables de nous orienter dans l’espace, et de percevoir les objets de notre environnement en les organisant en une scène visuelle cohérente.

Nous distinguons deux concepts importants :

  • Relation spatiale : capacité à représenter et à manipuler mentalement des objets en deux dimensions.
  • Visualisation spatiale : capacité à représenter et manipuler mentalement des objets en trois dimensions.

Les capacités visuo-spatiales sont très utiles dans la vie quotidienne. Grâce à elles, nous conduisons des véhicules, nous nous déplaçons, nous contrôlons la distance entre deux objets, nous lisons une carte géographique, nous nous orientons dans une ville inconnue, nous imaginons un lieu ou un endroit dont on nous parle, nous interprétons des plans dans la réalité (plan de maison, etc.), nous transformons le 2D en 3D, etc.

Effets observables en cas de déclin cognitif

Le déclin des capacités visuo-spatiales peut se traduire par des difficultés à s’orienter dans l’espace ou à juger correctement les distances. La personne peut avoir du mal à lire une carte, à suivre un itinéraire ou à se repérer dans un lieu nouveau. Elle peut également rencontrer des difficultés à assembler des objets, à comprendre des schémas ou à manipuler mentalement des formes et des volumes.


Conclusion – Et si on pouvait inverser le déclin cognitif ?


On associe souvent le déclin cognitif au cerveau lui-même, comme si la mémoire s’usait uniquement de l’intérieur, avec l’âge, de manière inévitable. Pourtant, cette étude apporte une idée bien plus troublante — et en même temps pleine d’espoir : le cerveau ne fonctionne pas en vase clos.

Il dépend en permanence d’informations venues du reste du corps. Et parmi ces messages internes, ceux qui remontent de l’intestin vers le cerveau par le nerf vague semblent jouer un rôle bien plus important qu’on ne l’imaginait.

Autrement dit, le problème ne vient peut-être pas uniquement d’un cerveau qui vieillit, mais aussi d’un dialogue qui se dégrade entre l’intestin et le cerveau.

Avec l’âge, le microbiote intestinal se modifie. Certaines bactéries deviennent plus abondantes, notamment Parabacteroides goldsteinii. Ce déséquilibre favorise une inflammation intestinale, qui perturbe ensuite le fonctionnement du nerf vague.

Résultat : le cerveau, et plus précisément l’hippocampe, reçoit moins bien certains signaux internes essentiels. La formation des souvenirs devient alors plus difficile.

C’est là que cette recherche devient particulièrement fascinante !

Elle montre que le déclin cognitif lié à l’âge n’est pas forcément une pente à sens unique. Chez les souris, le simple fait de restaurer la communication entre l’intestin et le cerveau a permis d’améliorer nettement la mémoire et les capacités d’orientation. En d’autres termes, en agissant à la périphérie — au niveau intestinal et nerveux — les chercheurs ont réussi à influencer directement les performances cérébrales et faire les premiers pas pour inverser le déclin cognitif (chez l’animal).

Le véritable déclic, ici, est sans doute celui-ci : la mémoire ne dépend pas seulement de ce que fait le cerveau, mais aussi de ce que le corps lui transmet.

Et quand les messages en provenance de l’intestin deviennent confus, inflammatoires ou trop faibles, le cerveau peut perdre une partie de sa clarté. À l’inverse, quand cette communication est restaurée, certaines fonctions cognitives peuvent retrouver un second souffle.

Bien sûr, cette étude a été réalisée chez la souris, et il serait prématuré d’en tirer des applications directes chez l’être humain. Mais elle ouvre une piste majeure : celle d’un vieillissement cognitif qui ne serait pas totalement figé, ni entièrement irréversible.

En clair, prendre soin de sa mémoire ne consistera peut-être pas seulement, à l’avenir, à « entraîner son cerveau », mais aussi à préserver l’axe intestin–nerf vague–cerveau.

Le cerveau n’est donc peut-être pas une forteresse isolée. Il pourrait être, en partie, le reflet de ce qui se passe plus bas, dans ce monde discret mais fondamental qu’est l’intestin.


Que puis-je faire moi-même pour ralentir le déclin cognitif en agissant sur le microbiote et le nerf vague ?

Si cette étude apporte un message important, c’est que le cerveau n’est pas isolé du reste du corps. Une partie de nos fonctions cognitives dépend de la qualité du dialogue permanent entre l’intestin, le système nerveux et le cerveau. Pour espérer d’ inverser le déclin cognitif, il faut donc agir sur plusieurs plans !

Même si la recherche est encore en cours, plusieurs habitudes de vie peuvent soutenir cet axe intestin–cerveau et contribuer à préserver les fonctions cognitives au fil des années.

Ralentir et inverser le déclin cognitif – Nourrir un microbiote intestinal diversifié

Alimentation anti-inflammatoire

L’étude montre que la composition du microbiote intestinal influence directement la communication avec le cerveau. Maintenir un microbiote diversifié et équilibré constitue donc une première stratégie.

Cela passe principalement par l’alimentation.

Les bactéries intestinales bénéfiques se nourrissent de fibres alimentaires et de composés végétaux présents dans les aliments d’origine végétale.

On les trouve notamment dans :

  • les légumes variés
  • les fruits
  • les légumineuses
  • les noix et graines
  • les céréales complètes
  • les aliments fermentés (choucroute, kéfir, yaourt, miso, etc.)

Plus l’alimentation est variée et riche en fibres, plus le microbiote tend à être diversifié, ce qui favorise une communication plus équilibrée entre l’intestin et le cerveau.

Une alimentation biogénique et/ou une alimentation vivante et crue est également une approche intéressante dans ce contexte.

Les aliments crus et peu transformés contiennent naturellement une grande diversité d’enzymes, de fibres, de composés phytochimiques et parfois même de micro-organismes bénéfiques qui peuvent contribuer à enrichir le microbiote intestinal. Les légumes crus, les graines germées, les fruits frais ou encore certains aliments fermentés apportent un environnement particulièrement favorable aux bactéries intestinales utiles.

En outre, ces aliments sont généralement riches en antioxydants et en molécules bioactives qui peuvent contribuer à limiter les processus inflammatoires. Dans la perspective de l’axe intestin–cerveau, une alimentation vivante et diversifiée peut ainsi soutenir indirectement la communication entre le microbiote intestinal, le nerf vague et le cerveau.

Ralentir et inverser le déclin cognitif –  Réduire l’inflammation intestinale chronique

Inflammation intestinale

Dans l’étude, le déclin cognitif est déclenché par une inflammation intestinale qui perturbe ensuite l’activité du nerf vague.

De nombreux facteurs du mode de vie moderne peuvent entretenir cette inflammation :

  • alimentation très transformée
  • excès de sucres raffinés
  • excès d’alcool
  • manque de sommeil
  • stress chronique

Adopter une alimentation plus proche d’un modèle anti-inflammatoireriche en végétaux, en fibres, en acides gras oméga-3 et en antioxydants — peut contribuer à limiter ces phénomènes inflammatoires et préserver la communication intestin-cerveau.

Ces différents éléments agissent à plusieurs niveaux dans l’organisme :

  • Les végétaux (fruits, légumes, herbes, légumineuses)
    Les aliments d’origine végétale sont riches en vitamines, minéraux et composés phytochimiques protecteurs. Ces substances contribuent à moduler la réponse immunitaire et à réduire les processus inflammatoires chroniques. De nombreux composés végétaux, comme les polyphénols et les flavonoïdes, participent également à la neutralisation des radicaux libres et protègent les cellules contre le stress oxydatif.

  • Les fibres alimentaires
    Les fibres servent de substrat énergétique aux bactéries bénéfiques du microbiote intestinal. Lors de leur fermentation dans le côlon, elles produisent des acides gras à chaîne courte (comme le butyrate), qui ont des propriétés anti-inflammatoires et contribuent à maintenir l’intégrité de la barrière intestinale. Un microbiote bien nourri par les fibres aide ainsi à réguler l’inflammation systémique et à stabiliser l’axe intestin–cerveau.

  • Les acides gras oméga-3
    Les oméga-3, présents notamment dans les poissons gras, les noix, les graines de lin et de chia, possèdent des propriétés anti-inflammatoires bien documentées. Ils participent à la production de molécules appelées résolvines et protectines, qui aident l’organisme à mettre fin aux réactions inflammatoires. Les oméga-3 contribuent également à la fluidité des membranes cellulaires, y compris celles des neurones, ce qui favorise une communication efficace entre les cellules nerveuses.

  • Les antioxydants
    Les antioxydants sont des molécules capables de neutraliser les radicaux libres, des composés instables produits notamment lors du stress oxydatif. Lorsque ces radicaux libres s’accumulent, ils peuvent endommager les cellules, les membranes et l’ADN. Les antioxydants — tels que la vitamine C, la vitamine E, les caroténoïdes et les polyphénols — aident à protéger les tissus contre ces dommages et contribuent à réduire l’inflammation chronique, un facteur impliqué dans de nombreuses maladies liées au vieillissement, y compris le déclin cognitif.

Ralentir et inverser le déclin cognitif – Stimuler naturellement le nerf vague

Le nerf vague est la principale voie de communication entre l’intestin et le cerveau. Son activité influence la digestion, l’inflammation et même certaines fonctions cognitives.

Certaines pratiques peuvent stimuler son activité parasympathique :

  • respiration lente et profonde,
  • méditation ou cohérence cardiaque,
  • chant ou vocalisation,
  • exposition au froid (comme l’eau froide sur le visage),
  • activité physique modérée,

Ces pratiques activent la branche parasympathique du système nerveux autonome, ce qui peut améliorer la régulation du stress et favoriser une communication plus fluide entre les organes et le cerveau.

Pour plus de détails, veuillez consulter notre article : Nerf vague – Activez ce nerf si important pour la sante globale

Ralentir et inverser le déclin cognitif – Bouger régulièrement

Marche sur plage

L’activité physique est l’un des facteurs les plus étudiés dans la prévention du déclin cognitif.

Elle agit à plusieurs niveaux :

  • amélioration de la circulation sanguine cérébrale
  • stimulation de la plasticité neuronale
  • réduction de l’inflammation
  • influence positive sur le microbiote intestinal

Des études montrent que l’exercice régulier augmente également la production de certaines molécules favorisant la formation de nouveaux neurones dans l’hippocampe, la région clé de la mémoire.

Ralentir et inverser le déclin cognitif – Stimuler le cerveau… et les interactions sociales

Le cerveau reste un organe extrêmement plastique tout au long de la vie. Par contre, les connexions neuronales se renforcent uniquement lorsqu’elles sont utilisées. Sinon, les neurones non utilisés meurent !

Parmi les activités les plus bénéfiques :

  • apprendre de nouvelles compétences
  • lire et écrire
  • résoudre des problèmes ou des jeux cognitifs
  • pratiquer des activités créatives
  • maintenir des interactions sociales régulières

Les relations sociales et la communication stimulent plusieurs fonctions cognitives simultanément : langage, mémoire, cognition sociale et attention.


🟨 Foire aux questions (FAQ)

👉 Ma « santé intestinale » peut-elle vraiment déterminer si j’ai des problèmes cognitifs ?

Oui ! Cette étude a révélé que l’intestin joue un rôle de régulateur pour le cerveau. Lorsque la composition du microbiote intestinal se modifie avec l’âge, elle provoque une inflammation qui « atténue » les signaux du nerf vague. Si le cerveau ne reçoit pas ces signaux, l’hippocampe (le centre de la mémoire) a des difficultés à former de nouveaux souvenirs.

👉 Le « vieillissement cérébral » est-il permanent et définitif ?

Pas nécessairement. Le plus surprenant dans l’étude de Stanford, c’est que le déclin cognitif chez les souris était réversible. En stimulant le nerf vague ou en éliminant les bactéries intestinales « vieilles » grâce à des antibiotiques, les chercheurs ont réussi à rendre les souris âgées aussi vives et curieuses que les jeunes.

👉 Cela signifie-t-il que je devrais prendre des probiotiques pour ma mémoire, afin de ralentir ou d’ inverser le déclin cognitif ?

Bien que les « probiotiques pour la mémoire » spécifiques n’existent pas encore, les chercheurs étudient comment la modulation des métabolites intestinaux pourrait influencer les fonctions cérébrales. L’intestin étant facilement accessible, les « interventions orales » visant à améliorer les facultés mentales constituent un objectif majeur des futurs essais cliniques chez l’humain.

👉 Le déclin cognitif précède-t-il toujours la maladie d’Alzheimer ?

Pas nécessairement. Le déclin cognitif fait partie du vieillissement normal et n’aboutit pas systématiquement à une maladie neurodégénérative.

Avec l’âge, il est courant d’observer un léger ralentissement de certaines fonctions mentales, comme la vitesse de traitement de l’information ou la capacité à mémoriser de nouvelles données. Ces changements restent généralement modérés et n’empêchent pas de mener une vie autonome.

Dans certains cas, cependant, les troubles cognitifs deviennent plus marqués et persistants. On parle alors de troubles cognitifs légers (Mild Cognitive Impairment). Chez certaines personnes, ces troubles peuvent évoluer vers une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer, mais ce n’est pas systématique.

Autrement dit, le déclin cognitif n’est pas automatiquement le début d’une maladie d’Alzheimer. De nombreux facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie interviennent dans cette évolution.

👉 Si je prends des mesures actives pour soutenir mon microbiote et mon nerf vague, puis-je éviter complètement le déclin cognitif ou, le cas échéant, inverser le déclin cognitif déjà existant ? 

Il n’existe malheureusement aucune garantie de pouvoir empêcher totalement le vieillissement cérébral. Et encore moins d’ inverser un déclin cognitif déjà installé. Le déclin cognitif fait partie, dans une certaine mesure, des processus biologiques naturels liés à l’âge.

Cependant, de nombreuses recherches montrent que le mode de vie influence fortement la vitesse et l’intensité de ce déclin. L’alimentation, l’activité physique, la qualité du sommeil, la gestion du stress, la stimulation intellectuelle et l’équilibre du microbiote intestinal peuvent tous jouer un rôle dans la préservation des fonctions cognitives.

Les stratégies évoquées dans cet article — soutenir le microbiote, réduire l’inflammation, stimuler le nerf vague et maintenir un cerveau actif — ne constituent pas une garantie absolue, mais elles peuvent contribuer à ralentir certains processus biologiques associés au vieillissement cérébral.

En d’autres termes, même si l’on ne peut pas toujours empêcher complètement le déclin cognitif, il est possible d’agir sur plusieurs facteurs qui influencent la santé du cerveau au fil des années.

 


Sources / Crédits images : 

  • Pixabay, CC0 Public Domain, libre de droits
  • Schéma Interoception : NHA Naturolistique
  • 5 sens classiques : Wikimedia Creative Commons, by Allan-Hermann Pool, CC BY-SA 4.0
  • Microbiote : Flickr, Public Domain, by NIH Image Gallery
  • Parabactéroïdes : Wikimedia Creative Commons, by Kai Wang, Mingfang Liao, Nan Zhou, Li Bao, Ke Ma, Zhongyong Zheng, Yujing Wang, Chang Liu, Wenzhao Wang, Jun Wang, Shuang-Jiang Liu, Hongwei Liu, CC BY 4.0 
  • Système nerveux parasympathique : Wikiversity, Creative Commons 3.0, by Medical Gallery of Blausen Medical
  • Inflammation intestinale : Wikimedia Common Creatives, by scientificanimations.com, CC BY-SA 4.0

 


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2026-03-14

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