Essayer de perdre du poids ou combattre l’obésité peut ressembler à des batailles difficiles. De longues heures de travail, très souvent en position assise, le stress quotidien et parfois permanent, les repas conviviaux ou les invitations à dîner, ou encore le fait de s’occuper des enfants peuvent tous être considérés comme des obstacles qui rendent plus difficile le respect d’un régime alimentaire ou d’un programme d’entraînement. Rien dans toute notre routine quotidienne, de nos jours plus que surchargée, nous aide à combattre le surpoids ou nous fait avancer d’un seul pas dans la juste direction.
Peut-être que nous faisons preuve de diligence et d’une discipline accrue pour exercer régulièrement une activité physique et pour manger sainement – et pourtant, nous ne parvenons pas à perdre le poids nécessaire – ou, dans certains cas – à combattre l’obésité qui s’est installée sournoisement pendant de longues années. Quelle en est la raison ?
Combattre le surpoids et l’obésité devient parfois un défi insurmontable malgré tous nos efforts et toute la bonne volonté. Les chirurgiens bariatriques, experts dans les défis de la perte de poids chez leurs patients, connaissent bien les pièges à éviter. Il existe une habitude en particulier que beaucoup adoptent pour perdre du poids, mais qui, en réalité, se retourne contre eux.
Découvrez ce que le Dr Angela Glasnapp, chirurgien bariatrique au New York Bariatric Group, nous révèle concernant ce combat acharné et pourquoi c’est si difficile !
Le mythe déconstruit de l’obésité – Une pathologie, pas un choix de vie
Le Dr Angela Glasnapp, médecin, FACS, FASMBS, chirurgien bariatrique au New York Bariatric Group, souligne un mythe persistant sur l’obésité : celui de considérer cette condition comme un choix de vie.
« Une idée fausse très répandue est que l’obésité est un choix de vie et que les gens devraient pouvoir perdre du poids simplement en suivant un régime et en faisant de l’exercice. Les recherches sur l’obésité ont prouvé que ce n’était pas vrai », affirme-t-elle. « L’obésité est une maladie, tout comme le cancer, le diabète et l’hypertension artérielle, et les patients obèses méritent un traitement efficace. »
Les chirurgiens bariatriques sont témoins des obstacles complexes liés à la perte de poids. Le poids devient souvent un fardeau difficile à porter malgré les efforts constants.
Il est crucial de comprendre que le surpoids et l’obésité ne sont pas simplement une question de choix de vie, mais qu’il s’agit plutôt d’une pathologie qui nécessite un traitement efficace. Cette compréhension est importante pour la personne concernée, mais également pour tout son entourage.
Le grand responsable de nos problèmes pour combattre le surpoids : l’hypothalamus
Le Dr Glasnapp explique qu’il existe une partie du cerveau appelée hypothalamus. Cette structure du système nerveux central est responsable du maintien de l’équilibre du corps en homéostasie.
« En d’autres termes, c’est le centre de régulation de votre corps », dit-elle. « L’hypothalamus aide à gérer la température corporelle, la faim et la soif, l’humeur, la libido, la tension artérielle et le sommeil. »
Elle explique que – toujours concernant le surpoids – le « point de consigne » est le poids que le cerveau est génétiquement préprogrammé pour défendre. Pour les personnes en surpoids ou obèses, leur seuil est trop élevé, ce qui est le nœud de la maladie.
« Lorsque ces patients essaient de suivre un régime pour combattre leur surpoids ou leur obésité, leur cerveau détecte un déficit calorique et compense en augmentant les hormones de la faim, en diminuant les hormones de « satiété » et en ralentissant le métabolisme. Ce n’est donc pas le manque de volonté qui empêche les patients obèses de perdre du poids. Leurs corps se battent littéralement contre eux et sabotent leurs propres efforts de perte de poids », explique le Dr Glasnapp.
Le Dr Chris Morgan, médecin, chirurgien bariatrique et expert en perte de poids au Visthetic Surgery Institute & MedSpa Beverly Hills, affirme qu’il existe plusieurs raisons pour lesquelles il est si difficile de perdre du poids.
En lien avec les idées du Dr Glasnapp, il affirme que la génétique et les taux de métabolisme peuvent rendre plus difficile la perte de poids. Certaines personnes peuvent avoir un métabolisme naturellement lent. Il indique également que certaines conditions médicales, telles que des déséquilibres hormonaux ou des médicaments pour certains problèmes de santé, peuvent rendre la perte de poids difficile.
D’autres raisons pour lesquelles le Dr Morgan dit qu’il peut être difficile de perdre du poids incluent le mode de vie (par exemple, un travail qui nécessite de rester assis toute la journée ou le manque d’accès à des aliments sains), le stress émotionnel et psychologique (qui peut conduire à trop manger), le manque de nourriture, de l’éducation (ne pas savoir à quoi ressemblent une bonne nutrition et le contrôle des portions), des problèmes financiers (l’alimentation saine est plus chère), et des facteurs culturels (comme le fait d’être dans une famille où la restauration rapide est la norme).
Zoom sur l’hypothalamus et ces fonctions

L’hypothalamus est une structure du système nerveux central, présent chez tous les vertébrés. Sa taille est celle d’une amande, et il est situé sur la face ventrale de l’encéphale, en dessous du thalamus. L’une des fonctions les plus importantes de l’hypothalamus est de réaliser la liaison entre le système nerveux et le système endocrinien par le biais d’une glande endocrine : l’hypophyse.
Grâce à ses connexions avec l’hypophyse, l’hypothalamus est responsable de plusieurs processus métaboliques et d’autres activités du système nerveux autonome. Il intervient ainsi dans la régulation du système nerveux autonome et des fonctions endocrines. Il joue également un rôle primordial dans le contrôle d’une multitude de fonctions dans notre organisme, telles que la thermorégulation, le contrôle du rythme circadien (horloge intérieure), la reproduction ou encore la faim et le contrôle du poids.
Pour accomplir ces tâches, l’hypothalamus répond à divers facteurs et stimulants, comme entre autres :
- Lumière : la durée du jour et de la nuit, également appelée photopériode, régule notre rythme circadien et donc notre horloge intérieure ;
- stimuli olfactifs (odeurs), notamment les phéromones ;
- informations nerveuses provenant du cœur, de l’estomac et des organes reproducteurs ;
- influx du système nerveux autonome ;
- nombreux paramètres du sang, comme, par exemple, les taux de leptine, ghréline, angiotensine, insuline, des hormones pituitaires et des cytokines, ainsi que la glycémie et l’osmolarité, etc.
- stéroïdes (corticostéroïdes), indicateur du stress ;
- signaux d’invasions microbiennes, auxquelles il répond par une élévation de la température générale du corps (élévation du « thermostat »).
Comment l’hypothalamus règle notre appétit et pourquoi est-ce important pour combattre l’obésité et le surpoids ?
Comme expliqué plus haut, l’hypothalamus joue un rôle crucial dans la régulation de notre appétit, intégrant divers signaux pour orchestrer la balance alimentaire de notre corps. Ce petit organe détient donc un rôle clé pour combattre l’obésité ou le surpoids.
L’hypothalamus s’adapte en fonction de nos besoins énergétiques et de la quantité de graisse présente dans notre organisme. Ces signaux, à la fois neurotransmetteurs classiques et neuropeptides, influent sur notre appétit à travers des voies de signalisation complexes.
L’hypothalamus déploie cette réponse en interagissant avec plusieurs structures cérébrales, impliquées dans des fonctions essentielles telles que la mémoire, la motivation, la planification, la prise de décision, l’apprentissage, l’action et le contrôle moteur, tous nécessaires pour une alimentation équilibrée.
Une partie de l’hypothalamus, plus précisément la partie latérale extrême du noyau ventromédial, assume la responsabilité du contrôle de la prise alimentaire. Stimuler cette région conduit à une augmentation de l’apport alimentaire, tandis qu’une lésion peut provoquer un arrêt complet de la prise de nourriture.
Les hormones jouent un rôle essentiel dans la régulation de votre humeur et de votre sommeil. Mais elles ont également un effet significatif sur l’appétit et sur les habitudes alimentaires. Lorsqu’elles fonctionnent correctement, les hormones de la faim peuvent contribuer à maintenir un poids corporel idéal.
La collaboration entre l’hypothalamus et les hormones ghréline et leptine
Les principales hormones impliquées dans la régulation de l’appétit et la gestion de notre faim sont la ghréline, qui génère la sensation de faim, et la leptine, qui communique à votre cerveau que vous avez suffisamment mangé. La recherche concernant ces hormones s’avère extrêmement compliquée car elles interviennent à différents niveaux dans l’organisme.
Combattre le surpoids et l’obésité : la ghréline, l’hormone de la faim, règle l’appétit et signale la faim
Connue comme « l’hormone de la faim », la ghréline stimule l’appétit en signalant à notre cerveau qu’il a besoin de nutriments. De plus, cette hormone favorise également le stockage des graisses. La ghréline est une hormone fabriquée dans l’estomac, de faibles quantités sont également sécrétées par le cerveau, l’intestin grêle et le pancréas.
Entre autres, la ghréline contribue également à la régulation du glucose et de l’insuline, au goût et au sommeil. Elle stimule la libération de l’hormone de croissance de l’hypophyse, pour équilibrer le métabolisme, dégrader les graisses corporelles et pour augmenter la masse musculaire.
Les niveaux de ghréline vont naturellement fluctuer au fil de la journée, augmentant considérablement avant le repas pour diminuer ensuite. Lorsque l’estomac est vide, la ghréline est libérée et circule dans le sang jusqu’à la région de l’hypothalamus dans le cerveau, où elle stimule les neurones pour signaler la faim. Ainsi, elle joue un rôle important dans la régulation de l’appétit – et fatalement également dans la prise de poids. La ghréline est responsable en cas de grignotage et d’appétit excessif.
Combattre le surpoids et l’obésité : la leptine, hormone de la satiété, signale au cerveau quand on a assez mangé
Une autre hormone qui intervient à ce point est la leptine. Cette dernière est fabriquée par les cellules qui stockent les graisses dans l’organisme (tissu adipeux et adipocytes). Elle joue un rôle primordial dans la gestion de notre appétit en signalant au cerveau lorsque nous sommes rassasiés. Elle contribue également à la régulation du poids et du métabolisme. Mais tout comme la ghréline, la leptine a de nombreuses autres fonctions dans l’organisme. Elle joue un rôle important dans la régulation du système reproducteur et elle exerce également d’importants effets sur le système immunitaire.
Le niveau de leptine dans la circulation sanguine est directement proportionnel à la quantité de graisses corporelles et donc aux cellules graisseuses (adipocytes). Par conséquent, lorsque les graisses corporelles sont élevées, les niveaux de leptine augmentent également. Les personnes qui ont un indice de masse corporelle (IMC) élevé ont des niveaux élevés de leptine dans leur sang.
La cible principale de la leptine est aussi l’hypothalamus. Mais parfois, cet organe ne répond plus à la leptine, même lorsque son niveau est très élevé. C’est ce qu’on appelle la « résistance à la leptine ». Cela signifie que le cerveau ne reçoit pas le message que l’estomac est plein et continue à penser qu’il est encore vide. Cela conduit à manger plus et à prendre du poids.
Un équilibre entre la ghréline et la leptine est donc essentiel pour garder un poids corporel sain. Un déséquilibre de la ghréline et de la leptine peut provoquer une prise ou une perte de poids significative.
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RACHIDI Fatima L’homéostasie nutritionnelle implique un certain nombre de populations neuronales et molécules; le NPY/AGRP, POMC/CART, ghréline…Leur régulation et leur rôle précis ne sont pas toujours parfaitement connus, notamment chez l’homme. Les neurones qui expriment ces neurotransmetteurs reçoivent des informations de la périphérie de nature hormonale (leptine, ghréline, insuline). Ces populations neuronales interagissent entre elles de manière synergique permettant l’adaptation aussi bien sur le court terme que sur le long terme. |
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L’habitude n°1 à éviter si vous essayez de combattre le surpoids
En gardant tout cela à l’esprit, les deux médecins affirment qu’il existe plusieurs habitudes que les personnes qui tentent de perdre du poids devraient éviter, car cela rendra plus difficile l’atteinte de leur objectif.
Mais la toute première action à éviter, comme affirme le Dr Morgan, est une restriction calorique extrême. Il s’agirait d’un vrai piège dans lequel peuvent tomber de nombreuses personnes qui tentent de perdre du poids.
« Limiter considérablement l’apport calorique peut ralentir le métabolisme et entraîner une perte musculaire, ce qui rend difficile le maintien d’une perte de poids à long terme. Cela peut également entraîner des carences nutritionnelles », dit-il.
Des études scientifiques le confirment, montrant que la restriction calorique ralentit le métabolisme. Chaque personne qui essaie de perdre du poids ou de combattre l’obésité doit savoir qu’il est important de maintenir un déficit calorique, mais pousser cela à l’extrême se retournera contre vous. Cela revient à ce que le Dr Glasnapp a expliqué précédemment : le cerveau détecte un déficit calorique et compense en augmentant les hormones de la faim, en diminuant les hormones de « satiété » et en ralentissant le métabolisme.
Lorsque vous planifiez vos repas et vos collations, le Dr Glasnapp conseille de minimiser les glucides simples et le sucre, que le corps transforme facilement en graisse. Au lieu de cela, elle recommande de se concentrer sur la consommation d’aliments riches en fibres et de protéines maigres, en visant à manger entre 80 et 100 grammes de protéines par jour.
Pour vous aider à atteindre ces objectifs, le Dr Glasnapp recommande également d’éviter de manger lorsque vous êtes distrait, par exemple lorsque vous regardez la télévision ou devant votre ordinateur. Elle ajoute que cela peut également aider à respecter un horaire alimentaire et à planifier vos repas et collations.
Quoi d’autre à éviter
Les deux médecins affirment qu’une autre habitude qu’il est important d’éviter est le discours intérieur négatif.
« Les discours intérieurs négatifs et le doute de soi peuvent miner votre motivation et votre confiance, ce qui rend plus difficile le respect de vos objectifs de perte de poids. Il est important de cultiver un état d’esprit positif et de faire preuve d’auto-compassion », explique le Dr Morgan.
Le Dr Morgan ajoute qu’il est important de se fixer des objectifs réalistes et de s’entourer de personnes qui vous soutiennent.
« Des influences négatives ou des amis et membres de la famille qui ne vous soutiennent pas peuvent involontairement saboter vos efforts. Recherchez des personnes qui vous encouragent et vous motivent à atteindre vos objectifs, comme des coachs nutritionnels et des entraîneurs personnels », dit-il.
Conclusion
Si vous avez du mal à gérer votre poids, perdre du poids ou à combattre l’obésité débutante ou confirmée, au lieu de vous juger ou de vous décourager, concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire.
Soyez gentil avec vous-même, fixez-vous des objectifs réalistes et minimisez les aliments riches en sucre ou en glucides simples ajoutez des protéines, des fibres, des graisses saines et des glucides complexes.
Et surtout, mangez ! Non seulement restreindre excessivement les calories ne vous aidera pas à atteindre votre objectif, mais c’est aussi une façon misérable de vivre.
La vie est trop courte pour passer la faim !
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Sources :
- https://parade.com/health/what-to-avoid-if-you-want-to-lose-weight-according-to-obesity-doctors (anglais)
- Dr Angela Glasnapp, MD, FACS, FASMBS, chirurgien bariatrique au New York Bariatric Group
- Dr Chris Morgan, MD, chirurgien bariatrique et expert en perte de poids au Visthetic Surgery Institute & MedSpa Beverly Hills
Sources / Crédits images :
- Sandwichs : NHA, généré par IA
- Cartographie anatomique de l’hypothalamus : Flickr, by dokidok
- Pexels
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