Le tissu dentaire fait partie des tissus conjonctifs.
Le tissu dentaire qui compose nos dents fait partie des tissus conjonctifs.

D’un point de vue anatomique, nos dents font partie de l’appareil digestifs. Ce sont des organes minéralisés qui ont évolué de manière très différente dans les différentes lignées de vertébrés. Ainsi, les mammifères présentent des types dentaires très distincts, et d’autres, comme les oiseaux, ont subi une perte complète de la dentition.

L’évolution des dents dans l’histoire dépend en grande partie du régime alimentaire. Chez les dents des mammifères, on peut observer une très grande spécialisation dentaire.

Le tissu dentaire fait partie des tissus conjonctifs.

Les quatre principaux tissus qui constituent la dent sont l’émail (améloblastes), la dentine, le cément et la pulpe dentaire.

Évolution des dents et du tissu dentaire dans l’histoire des vertébrés

L’origine des dents

D’un point de vue anatomique, notre tissu dentaire fait partie de l’appareil digestif. Les dents sont des organes minéralisés qui sont apparues chez l’ancêtre des vertébrés à mâchoire (appelés Gnathostomes), il y a environ 440 millions d’années.

Le tissu dentaire a ensuite évolué de manière très différente dans les différentes lignées de vertébrés. Ainsi, les mammifères présentent des types dentaires très distincts, et d’autres, comme les oiseaux, ont subi une perte complète de la dentition.

Les dents sont la partie la plus dure du squelette. Elles peuvent survivre des millions d’années : c’est la raison pourquoi de nombreux mammifères fossiles ne sont connus que par leurs dents.

Gorgonops
Gorgonops avec des canines remarquables. Prédateur éteint du genre Synapsides qui a vécu en Afrique du Sud au cours du Permien supérieur, il y a environ entre 260 et 254 millions d’années.

Tout généralement, on trouve aujourd’hui des dents chez trois classes de vertébrés: chez les poissons, les reptiles et chez les mammifères dont l’humain. Les dents sont typiques de chaque espèce et permettent notamment d’évaluer le régime alimentaire des espèces auxquelles elles appartenaient.

La denture des mammifères s’exprime par la formule dentaire du jeune ou de l’adulte. Pour les besoins de cette formule, on distingue sur chaque demi-mâchoire (supérieure ou inférieure), en partant du milieu de l’arcade dentaire, les incisives, les canines, les prémolaires et les molaires.

Une grande spécialisation dentaire chez les différentes espèces 

L’évolution des dents dépend du régime alimentaire

Le tissu dentaire a évolué de diverses manières selon les lignées. Cette évolution est très souvent dépendante du régime alimentaire.

Chez les dents des mammifères, on peut observer une très grande spécialisation dentaire, avec l’évolution d’une occlusion des dents supérieures et inférieures, et avec l’apparition d’incisives, de canines, de prémolaires et de molaires. Cette évolution a abouti à une complémentarité de forme entre les dents supérieures et inférieures permettant une augmentation de la surface et de l’efficacité du broyage lors de la mastication.

On trouve chez les mammifères de grandes différences dentaires entre les divers ordres de la classe, dépendant de leur façon de manger. Par exemple, les Cétacées (dauphins, baleines), et les Pinnipèdes (mammifères marins et semi-aquatiques comme les phoques, otaries, morses, éléphants de mer, etc.), avalent sans mâcher. Par contre, les rongeurs, les ruminants, les grands mammifères à alimentation de dominance végétale ou herbivore, tels que les singes et l’homme lui-même dont le régime est d’un point de vue d’évolution en grande partie végétal, mâchent plus ou moins longuement leurs aliments et ont seuls des dents conformées pour cet usage.

L’évolution des dents est en diminution chez les mammifères : polyphyodontie et diphyodontie, voire monophydontie et anodontie

Mâchoire inférieure d'un requin
Mâchoire inférieure d’un requin. La polyphyodontie (remplacements des dents) est bien visible.

L’évolution dentaire des vertébrés montre des phases importantes de régression ou de diminution dentaire. Chez les mammifères, on observe une diminution du nombre de génération dentaire. On peut donc regrouper :

  • La polyphyodontie (nombreux remplacements des dents), caractère ancestral que l’on retrouve, par exemple, chez les reptiles. Leur dents sont remplacées tout au long de la vie, avant qu’elles ne s’abîment. Un crocodile ou un alligator  voit ses dents être remplacées plus de quarante fois au cours de sa vie. Dans ce groupe, on trouve également les requins qui ont des dents qui poussent en tapis roulant le long de la mâchoire. Une anecdote intéressante : le grand requin blanc possède plusieurs rangées de dents l’une derrière l’autre, et quand une dent se casse, celle qui se trouve juste derrière avance comme sur un tapis roulant pour la remplacer. Il emploie ainsi près de 30’000 dents au cours de sa vie.
  • La diphyodontie : il existe uniquement encore un seul remplacement dentaire, donc seulement deux générations de dents (dents de lait et dents adultes chez beaucoup de mammifères et les humains.
  • La monophydontie qui est caractérisée par aucun remplacement dentaire.
  • L’anodontie qui signifie la régression dentaire totale chez les animaux : ils n’ont plus de dents du tout. Cette absence totale de dents peut se noter chez les tortues (terrestres et marines) qui possèdent un bec corné qui leur permet de trancher leur nourriture, chez les oiseaux qui ont à la place d’une dentition un gésier et chez certains mammifères, de l’ordre des édentés (ou placentaires), qui se nourrissent exclusivement d’insectes (pangolins, fourmiliers).

Types de denture

La denture d’un animal ou de l’homme est la totalité de ses dents. La disposition, le nombre et la nature des dents fluctuent selon les espèces, et quelquefois même selon les individus.

On utilise fréquemment le terme dentition à la place de denture, tandis que, au sens stricte du terme, la dentition est le processus de mise en place de la denture.

De plus, la dentition permet d’estimer l’age d’un animal ou d’un homme.

On distingue plusieurs types de dentures. La denture peut être classifier selon le/la :

  • Implantation dentaire : les dents des mammifères et de certains reptiles (la famille des crocodiles entre autres) sont placés sur les mâchoires. Chez d’autres reptiles comme les lézards, les dents se trouvent sur la mâchoire, mais également sur le palais. Une autre différence se trouve dans l’implantation de la dent dans l’os : chez le lézard ou le serpent, les dents sont quasiment “soudées” par la base sur le bord des mâchoires. On parle alors de dents acrodontes ou pleurodontes (dans le dernier cas, les dents se soudent latéralement contre les mâchoires). Chez les mammifères et les crocodiles, les dents sont insérées dans la l’os de la mâchoire, dans des alvéoles. Dans ce cas, il s’agit de dents thécodontes.
  • Type de dents : chez la plupart des mammifères et chez l’homme, on trouve une denture hétérodonte. Les dents sont différenciées et spécialisées (incisives, canines, prémolaires, molaires). En cas d’une denture homodeonte ou isodonte, les dents sont identiques. C’est le cas chez les reptiles et les amphibiens.
  • Nombre de cycles de remplacement dentaire : polyphiodontie, diphyodontie, monophyodontie ou anodontie (voire plus haut).

Très grossièrement, on peut retenir que les vertébrés montrent une évolution vers une spécialisation des dents (hétérodontie) et une réduction du nombre de cycles de remplacement (polyphyodontie). Les reptiles présentent une acrodontie ou une pleurodontie. Les mammifères et les crocodiles sont caractérisés par une thécodontie.

La denture humaine est hétérodonte, partiellement diphyodonte (20 dents seulement sont remplacées) et partiellement monophyodonte (évolution unique de douze dents).

Rôles du tissu dentaire et des dents

On connaît bien sûr tous le rôle principal de nos dents : mâcher. Mais on serait peut-être étonné de voir que les dents ont beaucoup plus de rôles importants :

  • Bien sûr, l’alimentation et la chasse: les incisives permettent de sectionner les aliments. Les rongeurs se caractérisent par l’existence d’une unique paire d’incisives, à croissance continue de la couronne dentaire, sur chacune de leurs mâchoires.  Les canines servent à déchiqueter les aliments ou tuer la proie (pour les prédateurs). Chez les carnivores, les canines ou crocs jouent un rôle primordial pour la chasse et sont par conséquent très développées ; elles peuvent être des armes redoutables et mortelles (ex. chien ou chat pour las animaux domestiques). Les molaires et prémolaires permettent la mastication pour mettre le processus de la digestion en marche.
  • Phonétique : les dents, en association avec les lèvres et la langue, permettent de prononcer de nombreux phonèmes. Sans les dents, l’humain aurait un problème sérieux de s’exprimer avec nos langages connus.
  • Attaque et défense : comme mentionné plus haut, les dents peuvent être de véritables armes, pour attaquer, chasser et tuer. De plus, chez certains espèces comme les serpents venimeux, les dents peuvent être pourvues de canaux à venin.
  • Esthétique et mimique (rôle social) : les dents soutiennent les tissus mous qui les entourent (lèvres, joues) et participent au sourire chez l’homme ou au retroussement des babines, chez le chien par exemple. Dans ces cas, les dents ont un rôle social et permettent à l’individu d’exprimer une attitude amicale ou menaçante envers les autres. Quand les dents sont absentes, on assiste à l’affaissement de l’étage inférieur de la face, la mandibule remonte et s’avance, les lèvres s’enfoncent. Ce phénomène est accentué par la disparition de l’os alvéolaire. Cet os existe pour la tenue des dents, et  disparaît progressivement.

Composition des dents et du tissu dentaire

L’émail dentaire (les améloblastes)

L’émail est la partie externe de la couronne des dents. Cette substance, qui recouvre la dentine, est la plus dure et la plus minéralisée de l’organisme. Il est le tissu dentaire normalement visible, supporté par une couche sous-jacente de dentine. L’émail est composé à 96 % de matière minérale, le reste étant composé d’eau et de matière organique.

Sa partie minérale est principalement composée d’un réseau de cristaux d’hydroxyapatite  de calcium (phosphates de calcium). Le fort pourcentage de minéraux dans l’émail est responsable non seulement de sa force, mais aussi de sa friabilité. La dentine, qui est moins minéralisée et moins friable, est indispensable comme support et compense les faiblesses de l’émail.

La couleur de l’émail va du jaune au gris clair. Comme l’émail est semi-translucide, la couleur de la dentine (ou de tout matériau de réparation dentaire) sous l’émail affecte fortement l’apparence de la dent.

L’émail varie en épaisseur sur la surface de la dent. Il est plus épais au niveau du sommet de la couronne dentaire (plus de 2,5 mm) et plus mince sur la jonction émail-cément. Contrairement au cément et aux os, la matrice organique de l’émail ne contient pas de collagène ni de kératine ; il possède à la place des glycoprotéines riches en tyrosine  dont le rôle est, pense-t-on, d’aider à la croissance de l’émail en servant de cadre de construction, entre autres fonctions.

Schéma du tissu dentaire
Détail d’une molaire humaine: 1. Dent 2. Émail dentaire 3. Dentine 4. Pulpe dentaire 5. 6. 7. Cément 8. Couronne 9. 10. 11. Collet 12. Racines 13. 14. 15. 16. Sulcus gingivae 17. Parodonte 18.Gencive 19. 20. 21. 22. Ligament alvéolo-dentaire 23. Os alvéolaire 24. 25. 26. 27. Canal alvéolaire.

Les étapes de la formation de l’émail

La formation de l’émail fait partie du processus global de formation d’une dent. Quand on observe les tissus de la dent en développement au microscope, on peut distinguer différents amas de cellules, comme l’organe adamantin, la lame dentaire et la papille dentaire. Les étapes généralement reconnues du développement de la dent sont

  • le stade bourgeon,
  • le stade capuchon,
  • le stade cloche et
  • le stade couronne (ou de calcification).

L’émail en formation n’est visible qu’à partir du stade couronne. L’amélogenèse (ou formation de l’émail) a lieu après le début de l’apparition de la dentine, grâce à des cellules appelées améloblastes.

Comme dans tous les processus organiques, la création de l’émail est complexe, mais peut généralement être divisée en deux étapes :

  • La première étape, appelée stade sécrétoire, implique des protéines et une matrice organique formant un émail partiellement minéralisé.
  • La seconde étape, appelée stade de maturation, complète la minéralisation de l’émail.

Lors du stade sécrétoire, les améloblastes sont des cellules polarisées en forme de colonne. Les protéines de l’émail sont produites au niveau du reticulum endoplasmique granuleux de ces cellules, puis relâchée dans le milieu extracellulaire où elles forment ce que l’on appelle la matrice de l’émail. Lors de la phase de maturation, les améloblastes transportent des substances utilisées dans la formation de l’émail. L’aspect le plus notable de cette phase au niveau tissulaire est que ces cellules deviennent striées, ou ont une bordure ondulée.

Ceci prouve que les améloblastes ont changé leur fonction : de productrice (cf la phase de sécrétion), elles deviennent transporteuses. Les protéines utilisées pour le processus final de minéralisation composent la majorité du matériel transporté. Après la phase de maturation, mais avant que la dent apparaisse dans la bouche, les améloblastes se décomposent. Par conséquent l’émail, contrairement à la plupart des autres tissus du corps, n’a aucun moyen de se renouveler. Après une destruction de l’émail par action des bactéries ou par blessure, ni l’organisme, ni le dentiste ne pourront réparer le tissu de l’émail. L’émail peut de plus être affecté par des processus non pathologiques.

La dentine (les odontoblastes)

La dentine appelée aussi ivoire est la substance majoritaire constituant la dent et plus généralement l’organe dentaire.

Elle est composée à 70 % d’hydroxyapatite, à 20 % de matières organiques et à 10 % d’eau.

La dentine est recouverte par de l’émail dentaire au niveau de la couronne dentaire et par du cément au niveau de la racine dentaire. La dentine est avascularisée (dépourvue de vascularisation) et innervée par les nerfs venant du desmodonte (ou ligament alvéolo-dentaire ou parodontal).

La phase minérale de la dentine est composée essentiellement de cristaux d’hydroxyapatite (phosphates de calcium) et des ions de carbonates, sulfates, fluor, chlore, sodium et autres. Le collagène de type I représente 85 % de la matrice dentinaire.

La dentine est de couleur jaunâtre et translucide. Elle est relativement dense et élastique, mais moins que l’émail. Cette élasticité est due à la matrice organique en quantité plus importante que dans l’émail et à l’organisation des fibres de collagène. La dentine est moins minéralisée que l’émail, mais plus que le cément et l’os. Radiographiquement elle est moins opaque que l’émail.

Le cément dentaire (les cémentoblastes)

Le cément dentaire est le tissu qui recouvre la dentine au niveau de la racine. La couronne de la dent est protégée par l’émail. Mais la racine n’est protégée que par le cément.

Le cément est un tissu dentaire minéralisé (phase organique = 25 %, phase inorganique = 65 %, eau = 10 %), relativement fine dans la portion coronaire de la racine (20 à 60 microns) et plus épaisse dans la portion apicale de la racine (100 à 200 microns).

On distingue :

  • le cément acellulaire comprenant des fibres de collagène de type I,  partiellement minéralisées et orientées perpendiculairement au grand axe radiculaire. Ces fibres contribuent fortement à l’attache dento-alvéolaire. C’est le cément constituant majoritairement le cément primaire ou pré-éruptif.
  • le cément cellulaire comprenant des fibres de collagène de type I synthétisées par les cémentoblastes, entièrement minéralisées, et sans orientation particulière. C’est le cément constituant majoritairement le cément secondaire ou post-éruptif.

C’est la raison pourquoi les sensibilités dentinaires sont fréquentes lorsque la racine est dénudée. La carie peut également progresser très vite au niveau de la racine, puisque le cément est très fin, et beaucoup moins résistant que l’émail. Il est primordial de prendre soin des dents dénudées, notamment chez l’individu âgé, où les caries radiculaires (carie du collet) sont fréquentes.

La pulpe dentaire (les odontoblastes)

La pulpe est la partie la plus interne de la dent.

On peut distinguer :

  • La pulpe coronaire, confinée dans un espace cavitaire de la couronne dentaire appelé chambre pulpaire. C’est la partie située dans la couronne de la dent.
  • La pulpe radiculaire, contenue dans les canaux radiculaires. C’est la partie située dans les racines de la dent.

La pulpe est constituée de tissus vivants :

  • des nerfs: ce sont eux qui transmettent les signaux douloureux (à l’occasion d’une carie ou autre).
  • des vaisseaux sanguins: ils assurent la vascularisation des odontoblastes, qui synthétisent la dentine.

La zone sous-odontoblastique contient la majorité des cellules de la pulpe dentaire.

 

 

Autres articles qui pourraient vous intéresser :

Système digestif – Introduction et la cavité buccale

Tissu conjonctif – Omniprésent dans le corps et fonctions très diversifiés

 

 

En cas de malaise ou de maladie, nous vous prions de consulter en tout cas un médecin ou un professionnel de la santé en mesure d’évaluer correctement votre état de santé. Le contenu de ce site https://naturolistique.fr et de ses pages annexées ne remplace en aucun cas le diagnostic d’un médecin.

https://naturolistique.fr ne permet pas de faire de diagnostic médical ou une recommandation de traitement médical pour aucune pathologie ou affection quelconque. Nous déclinons toute responsabilité en cas de mauvaise interprétation des conseils donnés.

En utilisant ce site https://naturolistique.fr , vous reconnaissez avoir pris connaissance de l’avis de désengagement de responsabilité et vous consentez à ses modalités.

 

Crédits/sources images: 

  • Dents: Creative Commons, CC BY-SA 3.0, by dozenist
  • Schéma du tissu dentaire: Creative Commons, CC BY-SA 3.0, by Jordi March i Nogué
  • Autres : Pixabay, libre de droits

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.