Nécrose cellulaire – Mort cellulaire prématurée


Nécrose des cellules adipeuses du sein./Creative Commons, CC-BY-SA 4.0, Calicut Medical College

Par définition, la mort de la cellule désigne le processus au cours duquel une cellule meurt et est détruite. Il existe différents types des morts cellulaires; on y trouve la nécrose cellulaire, l’apoptose ou l’autophagie. La nécrose cellulaire désigne une mort occasionnée par des altérations chimiques ou physiques, souvent venant de l’extérieur comme un accident. Quant à l’apoptose, il s’agit d’une mort cellulaire programmée et nécessaire. L’autophagie par contre est une dégradation d’une partie du cytoplasme de la cellule.

On parle de mort cellulaire à partir du moment où les fonctions vitales et les réactions chimiques de son métabolisme ont cessé.

La nécrose est une forme de dégât cellulaire qui mène à la mort prématurée et non programmée des cellules dans le tissu vivant. Elle est toujours irréversible.

 

Une des nécroses les plus connues est celle du myocarde lors de l’infarctus (arrêt d’apport circulatoire au niveau du muscle cardiaque) due à une oblitération (obstruction) d’une artère coronaire. Les fibres musculaires sont alors détruites, puis remplacées par un tissu inerte, c’est-à-dire, ne possédant pas les capacités de transmission de l’influx nerveux.

La nécrose cellulaire se distingue fondamentalement de l’apoptose qui est la mort programmée des cellules et qui est un phénomène normal jouant un rôle important dans le recyclage des cellules. La nécrose cellulaire est presque toujours néfaste, échappe au contrôle de l’organisme et peut s’avérer fatale.

Au lieu de se détruire à la suite de signaux apoptotiques, les cellules mortes par la nécrose sont détruites à la suite de l’activation anormale et « en cascade » de divers récepteurs.

Une perte de l’intégrité membranaire permet l’écoulement de produits issus de la mort cellulaire vers l’espace hors-cellule (ce qui se traduit par un changement de la peau qui devient violacées à brun-noir). Cette perte de contenu cellulaire provoque une réponse inflammatoire dans le tissu environnant : des phagocytes à proximité ne peuvent ni localiser ni engouffrer les cellules mortes, ce qui aboutit à l’accumulation du tissu mort et des fragments cellulaires auprès du site. Alors, il faudra retenir que la nécrose provoque toujours une inflammation tissulaire.

Ceci se traduit par la présence d’exsudat et de cellules spécialisées du système hématopoïétique comme les lymphocytes et les macrophages.

La nécrose tissulaire concerne habituellement des groupes de cellules, soumises aux mêmes agressions.

 

Les principaux types de nécrose cellulaire

  • Nécrose ischémique (ou « nécrose de coagulation »): elle est liée à un arrêt de la circulation sanguine causé par un caillot ou bouchon, par exemple lors d’infarctus et de brûlures. La nécrose ischémique est caractérisée par la coagulation des protéines. Le cytoplasme coagule (par dénaturation des protéines et en particulier de l’albumine qui se solidifie et s’opacifie). Au microscope, le noyau disparait, mais la forme de la cellule (l’architecture des tissus) est maintenue sous forme d’un squelette cellulaire (ou silhouette). Quand ils sont visibles, les tissus morts de la plaie présentent un aspect gélatineux. Ce type de nécrose apparait généralement lorsque survient une condition hypoxique assez longue pour asphyxier des tissus, typiquement lors d’un infarctus. La nécrose de coagulation touche préférentiellement les tissus rénaux, cardiaques et les glandes surrénales, ou n’importe quel tissu soumis à une ischémie sévère.

Quelques exemples de nécrose ischémique sont l’infarctus du myocarde, l’occlusion artérielle, la nécrose hémorragique en cas d’occlusion veineuse ou thrombose veineuse rénale, ou la gangrène. La gangrène est une nécrose des tissus. Elle est causée par une obstruction artérielle par embolie, choc, infection ou par l’exposition à un froid intense. Son origine est le plus souvent liée à l’interruption prolongée ou au ralentissement extrême de l’irrigation sanguine. En l’absence d’apport d’oxygène, les tissus meurent, puis se putréfient.

  • Nécrose de liquéfaction (ou « nécrose de colliquative ») : contrairement à ce qui se passe dans la nécrose de coagulation, il y a ici digestion (hydrolyse) des cellules mortes, qui forme une masse de liquide visqueux. Ce sont surtout des tissus contenant moins de protéines et plus de gras qui sont concernés, comme par exemple le cerveau. Elle est généralement causée par une infections bactérienne et/ou éventuellement fongique, en raison de leurs capacités enzymatiques et/ou à stimuler une forte réponse inflammatoire. La plaie contient une grande quantité de pus formant un liquide nécrotique crémeux jaunâtre et parfois odorant (mélange de débris cellulaires et de globules blancs altérés.
  • Nécrose caséeuse : la nécrose caséeuse est la nécrose typique de la tuberculose. On peut la considérer comme une combinaison des nécroses de coagulation et de liquéfaction ci-dessus décrites. Elle résulte généralement de l’action destructrice de mycobactéries et d’autres organismes opportunistes (champignons, bactéries) et substances étrangères. Le tissu nécrotique est blanchâtre à grisâtre, grumeleux et friable (un peu comme du fromage blanc en grumeaux). Les cellules mortes sont en grande partie désintégrées, mais incomplètement digérées, laissant des particules granulaires.
  • Nécrose fibrinoïde : C’est une lésion vasculaire, des parois des vaisseaux qui apparait lors de certaines maladies « à médiation immunitaire » (ex : lupus érythémateux disséminé). On trouve dans la partie nécrosée de la paroi artérielle un mélange de fibrine, d’immunoglobulines et de complexes antigènes-anticorps parfois dit « complexes immuns».
  • Nécrose des tissus adipeux: Cette forme de nécrose ne touche que les tissus gras, généralement suite à un traumatisme du pancréas ou à une pancréatite. Elle peut aussi toucher le cerveau qui est riche en tissus gras et les glandes salivaires. Lors d’une pancréatite aiguë, les enzymes pancréatiques s’échappent dans la cavité péritonéale et peuvent alors digérer et liquéfier la membrane.

Causes possibles de la nécrose cellulaire

La nécrose a plusieurs causes possibles :

  • Nécrose tumorale.
  • Toxines naturelles : par exemple les venins de certains serpents venimeux, araignées, champignons toxiques etc.
  • Toxines synthétiques : par exemple certains médicaments, armes chimiques.
  • Traumatismes : Blessures, compressions, gel etc. (altérant la circulation sanguine).
  • Ischémie plus ou moins longue d’un membre.
  • Déséquilibres nutritionnels.
  • Action de caustiques.
  • Réactions immunologiques.

 

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