Maladie chronique – Une question de terrain

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Maladie chronique – La prise de médicaments est souvent incontournable si le terrain morbide qui permet le développement de la maladie n’est pas corrigé./Creative Commons, CC-BY-SA 3.0

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la maladie chronique et tout généralement une affection de longue durée qui évolue avec le temps. Cette affection peut être plus ou moins grave et invalidante. La liste des maladies chroniques est longue, et très souvent, on y trouve les maladies dites “de civilisation”, comme par exemple le diabète, les maladies vasculaires et cardio-vasculaires (cardiopathies, AVC etc.) certains maladies respiratoires comme l’asthme, les cancers (tous types), l’hypertension HTA, les arthrites et polyarthrites, l’arthrose, la fibromyalgie, l’Alzheimer et beaucoup d’autres.

En santé holistique, on peut dire que pratiquement toutes les maladies chroniques sont considérées comme des manifestations différentes d’un terrain troublé. Ce terrain troublé vient essentiellement des habitudes de vie qui ne conviennent pas à maintenir la santé: mauvaises alimentation, sédentarisme, tabagisme, rythme de sommeil perturbé, problèmes psycho-sociaux, perturbations énergétiques et beaucoup d’autres. Le but principal est donc de rétablir l’équilibre de ce terrain en corrigeant la cause des perturbations pour permettre à l’organisme de fonctionner à nouveau correctement.

 

Manifestation de la maladie chronique

Les maladies chroniques naturelles présentent des manifestations pouvant donner l’allure de :

  • Maladie chronique apparente : il est important de savoir qu’elles ne nécessitent aucun traitement médicamenteux mais que leur cause doit être supprimée. Parmi ces influences pathologiques on trouve toutes sortes de mauvaises habitudes de vie comme l’usage prolongé d’aliments ou de boissons nuisibles, les excès ou privations du tout jeune, le séjour dans les contrées malsaines, la vie au sous-sol dans des ateliers humides ou des atmosphères confinées. Ces maladies chroniques peuvent disparaître spontanément par un changement dans les habitudes de vie.

Cette considération est parfaitement exacte, mais très difficilement acceptable par les patients. Quel malade abandonnera son travail parce que l’atelier lui provoque des troubles? Quel P.D.G. reconnaîtra que son mode de vie dangereux pour sa santé peut être modifié sans risque de précipiter sa famille et ses associés dans la misère? Quel médecin n’allègera pas la demande de la clientèle et son devoir pour vivre des journées moins surchargées? Chacun trouve ses excuses – Les conseils qui devraient rétablir d’une façon durable la santé sont rarement écoutés. Cependant en présence de ces maladies chroniques apparentes, il faut toujours garder présente à l’esprit la possibilité d’une maladie chronique sous-jacente qui bien traitée, par le remède approprié, peut pour un temps améliorer l’état du malade.

  • Maladie définitive : quand une maladie chronique prend une allure définitive c’est quand elle ne se manifeste que par un très petit nombre de symptômes voire par un seul symptôme. Ce symptôme unique ou ces rares symptômes se présentent avec une intensité telle au milieu d’un tableau vide, qu’ils semblent constituer à eux seule toute la maladie. Il sera nécessaire, en présence de tels cas de bien avoir présent à l’esprit qu’il s’agit de manifestations d’une maladie chronique.
  • Maladie locale : une maladie chronique peut avoir une apparence subjective, c’est-à-dire complètement individualisé. Les symptômes visibles de cette maladie chronique sont donc différents chez tous les individus et peuvent se manifester comme une maladie localisée : c’est le cas de certaines névralgies invétérées qui paraissent parfaitement isolées, ou du diabète qui se manifeste par l’hypertension ou des névralgies. Dans ce cas précis, l’hypertension ou la névralgie sont seulement les symptômes locaux d’un diabète et non une maladie indépendante. Très souvent, ces signes sont des affections localisées à certaines parties externes du corps qui par leur persistance, et l’absence de cause traumatique directe, sont la manifestation d’une maladie chronique. Autres exemples : une plaie banale et bénigne qui ne se cicatrise pas (par exemple à cause d’un diabète), une suppuration anormalement prolongée etc. Ces maladies localisées sont particulièrement difficiles à guérir en raison de l’absence de symptômes caractéristiques permettant de déterminer le remède de leur cause étiologique, c’est à dire de la maladie chronique.
  • Maladie périodique : cette classe de maladies chroniques nécessite quelques remarques particulières. Ces maladies se manifestent soit sous la forme de maladies aiguës typiques mais survenant régulièrement à la suite d’un intervalle assez régulier de bien être apparent. C’est le cas des fièvres intermittentes et de maladies apyrétiques dont la plus typique est le rhume des foins, bien que son nom de Pollinose évoque une étiologie périodique non moins évidente (toujours en printemps). Il n’en demeure pas moins vrai que l’on ne guérira jamais un rhume des foins sur les symptômes de la crise. La cause et après la thérapie et le remède de la maladie constitutionnelle doivent être recherchées.

Les maladies périodiques se manifestent également sous l’aspect de maladies alternantes. L’alternance la plus connue est celle de l’eczéma et de l’asthme. Le remède de la diathèse doit être recherché. Le remède de la poussée eczémateuse, ou le remède de la crise d’asthme ne peuvent que pallier la manifestation aiguë. Ils ne guérissent pas la maladie chronique.

Que fait la médecine holistique ou la naturopathie en cas de maladie chronique?

En santé holistique, on peut dire que pratiquement toutes les maladies chroniques sont considérées comme des manifestations différentes d’un terrain troublé.  Le terrain, c’est entre autres l’ensemble des liquides organiques dans lesquels baignent les cellules, le sang, ou la lymphe que le naturopathe connaît dans le cadre du humorisme.

Le milieu intérieur devrait avoir une composition idéale pour éviter les maladies chroniques et pour pouvoir fonctionner correctement; dans ce cas, le terrain est sain, tous les organes font leur travail comme il se doit. Tout changement trop important de ce terrain et des humeurs en qualité ou en quantité entraîne la maladie chronique.

Dans le cas d’un déséquilibre constant, les forces vitales de l’organisme luttent constamment afin de maintenir le terrain en équilibre parfait et pour activer le processus d’auto-guérison.
L’épuration s’effectue par des organes «filtres et éliminateurs», les émonctoires : le foie, les intestins, les reins, la peau, les poumons.

Lorsque le corps est déséquilibré et que le terrain est encrassé par les colles et les cristaux, les organes responsables ne peuvent plus éliminer suffisamment ces déchets. En plus, ces déchets empêchent l’organisme de métaboliser correctement les éléments nutritifs essentiels tels que les vitamines, les minéraux, les oligo-éléments, les enzymes: les carences plus ou moins sérieuses s’installent.

Tout généralement, on peut dire qu’en médecine holistique, il n’y a pas de maladies locales mais des maladies générales. Même si une maladie chronique se manifeste localement (par exemple dans le système respiratoire), la cause est à chercher globalement. La localisation des symptômes de surface (appelés maladies en médecine conventionnelle), dépend des faiblesses organiques individuelles.

 

Le but le plus important est de restaurer l’homéostasie intérieure pour combattre la maladie chronique

La naturopathie et l’approche holistique s’attache à restaurer l’homéostasie, un processus physiologique permettant de maintenir certaines constantes du milieu intérieur de l’organisme nécessaires à son bon fonctionnement. Prenons la fièvre, par exemple. La fièvre, en général, est un « effort de la nature » pour éliminer les toxines. C’est une réaction aigüe qui permet souvent au corps de se débarrasser d’un intrus, d’une bactérie ou d’un virus. Si on empêche ce mécanisme d’auto-régulation de se faire, le corps va tenter de le répéter à plusieurs reprises et s’il se trouve toujours autant empêché, son alerte devient chronique, et on tomberait alors dans la maladie chronique. Le corps s’exprime et il est important de l’entendre et de le comprendre.

Voici un exemple de maladie devenue chronique : la diarrhée. La diarrhée est l’effort du corps pour éliminer un virus ou une bactérie et restaurer un système digestif normal. Si on empêche la diarrhée avec des médicaments, on ne supprimerait pas la cause de la diarrhée, mais on aurait plutôt tendance à pousser le corps à relancer l’alerte un peu plus tard. Pourquoi ? Parce que ce que le corps cherche à éliminer est toujours dans le corps. La naturopathie accepte l’expression aigüe du corps, elle l’encourage parfois même, elle pousse les symptômes à parler, plutôt que de chercher à les faire taire, tout en accompagnant le processus de restauration de l’homéostasie.

Le Dr Henry Lindlahr (1862–1924),  médecin et naturopathe américain, auteur de livres clés sur la médecine naturopathique, a établi des définitions précises des maladies aigües et chroniques. Selon lui, la maladie chronique est le résultat de la suppression répétitive des épisodes aigus. Une pathologie chronique peut se déclarer dans des systèmes différents de ceux dans lesquelles la maladie aigüe s’est manifestée plusieurs fois. Par exemple, un problème intestinal aigu peut déclencher un problème de peau ou de mycoses vaginales. Pour guérir, il convient de laisser les premières maladies s’exprimer jusqu’au bout. Les médicaments effacent les symptômes, alors qu’on doit plutôt encourager le corps à utiliser ses ressources propres ou l’eau, les plantes alentour, la respiration, le sommeil, pour retrouver sa vitalité et sa capacité d’auto-guérison. C’est exactement l’inverse de ce que propose la médecine allopathique (= qui englobe les traitements médicamenteux et les médecines naturelles telles que la phytothérapie ou l’aromathérapie par exemple).

La naturopathie prend en considération toutes les possibilités qui pourraient changer let terrain et donc la homéostasie: les habitudes de vie, l’environnement, les allergies, les parasites, les bactéries pathogènes, l’environnement socio-culturel, l’équilibre spirituel et l’équilibre énergétique etc. Le thérapeute en santé holistique cherchera donc toujours les causes de la maladie.

Par exemple, dans le cas d’une constipation, il posera beaucoup de questions, comme par exemple :

  • Depuis combien de temps cette constipation s’est installée ?
  • Y a-t-il eu un événement déclencheur ?
  • Quelle est l’alimentation de la personne ?
  • Est-ce qu’elle mâche bien ?
  • Boit-elle suffisamment ?
  • Est-ce qu’elle fait autre chose en mangeant (télévision, ordinateur, etc.) ?
  • Est-ce qu’elle mange suffisamment de fibres ?
  • Quelle est la fréquence de ses selles ? A quoi ressemblent-elles ?

Il laissera le temps au patient pour s’exprimer sur ce sujet qui n’est pas toujours facile à aborder et sera attentif à ne pas poser de questions qui guideraient des réponses déterminées, la question restera toujours ouverte. Il pourrait également demander au patient de tenir un journal de son alimentation. Ce journal est utile: il aidera à poser des questions : pourquoi vous ne prenez pas de petit-déjeuner, pourquoi mangez-vous si tard le soir, pourquoi n’allez-vous jamais aux toilettes hors de chez vous, etc. Ensuite, nous voyons les remèdes en fonction des informations recueillies.

Comme on a donc compris, la naturopathie avec toutes ses thérapies alternatives et son point de vue globale et holistique est le chemin idéal pour traiter les maladies chroniques et ses manifestations aiguës et / ou localisées causées par la maladie chronique. Elle est également parfaite pour tout qui concerne les maladies psychosomatiques.

Par contre, elle n’est pas adaptée en cas d’urgences, épidémies ou maladies virales collectives. La naturopathie soutien le corps dans son processus d’auto-guérison, mais pour ceci, il faut du temps. Si ce temps manque, cette voie n’est pas vraiment adaptée.

 

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