Tissu musculaire – Description et ses fonctions

Tissu musculaire lisse

Tissu musculaire lisse

Le muscle, de musculus en latin, ou le tissu musculaire, est un tissu biologique et constitue l’un des quatre types principaux de tissus de notre corps, avec le tissu épithélial, le tissu conjonctif et le tissu nerveux. La science qui étudie le muscle est la myologie.

Les muscles sont fixés aux os par des tendons. Le système musculaire forme, avec le squelette et une partie du système nerveux, l’appareil locomoteur.

Le tissu musculaire est composés de cellules contractiles, appelées les myocytes (ou fibres musculaires). Ces cellules contiennent un type de filament intermédiaire spécifique, la desmine. Elles sont riches en microfilaments d’actine et de myosine, acteurs principaux de la contraction musculaire, propriété essentielle de ce tissu.

Les cellules du tissu musculaire ont une seule et même fonction dans l’organisme : la contraction. Pour cela, les cellules musculaires utilisent de l’énergie et la transforment en force, comme le ferait un moteur. La contraction d’une cellule musculaire aboutit à son raccourcissement. Le travail effectué au sein d’un muscle ou d’un groupe de muscles est utilisé à des fins diverses :

  • réaliser des mouvements angulaires autour d’un pivot fixe,
  • réaliser des mouvements destinés à provoquer des changements de pression de cavités anatomiques comme les poumons, le cœur, l’intestin, afin de provoquer la propulsion de substances dans ces cavités (air, sang et aliment),
  • réaliser les mouvements de la langue qui interviennent dans la fonction digestive mais surtout dans la phonation.

Selon la fonction qu’il doit remplir, le tissu musculaire est constitué de différents types de cellules musculaires:

  • Muscle squelettique ou muscle strié  : constitué de cellules musculaires squelettiques (CMS), qui recouvre le tissu osseux et s’y attachent, utile au mouvement volontaire et au maintien de la posture.
  • Muscle lisse, également dénommé tissu viscéral par opposition au tissu squelettique : constitué de cellules musculaires lisses (CML) et qui forme le tissu contractile des organes creux.
  • Muscle cardiaque : constitué de cellules musculaires cardiaques que l’on ne retrouve que dans le cœur où il remplit la fonction de contraction rythmique.

Le tissu musculaire représente 40 à 50 % du poids corporel de l’être humain de sexe masculin.

Les organes principalement constitués de tissu musculaire sont également appelés muscles. La contraction musculaire permet de fournir un travail mécanique à l’échelle de ces organes.

Ainsi, les muscles permettent par exemple beaucoup de fonctions d’organes qui ne seraient pas possible sans les tissus musculaires adéquats. Voici quelques exemples :

  • Maintien de la posture : le maintien de la posture dépend en grande partie du tonus musculaire. Le tonus musculaire correspond à l’état de contraction plus ou moins permanent des muscles, qui leur sert à lutter contre la gravité.
  • Préhension : chez l’humain, la préhension est la faculté ou l’action de saisir des objets avec la main. La préhension est assurée par une disposition anatomique bien particulière : le pouce, large et mobile, peut s’opposer aux autres doigts, paume ouverte ou poing serré. Cela est rendu possible par l’existence de muscles aux contractions coordonnées.
  • Ventilation pulmonaire : la ventilation pulmonaire désigne le processus de renouvellement de l’air dans les poumons grâce aux muscles respiratoires parmi lesquels figure notamment le diaphragme. Sans ces muscles, la respiration ne serait pas possible.
  • Circulation sanguine : le cœur est l’élément central de la circulation. Sans le cœur qui est un muscle creux, la circulation sanguine n’est pas existante. Le cœur réunit deux parties indépendantes : le cœur droit et le cœur gauche. Chaque partie, droite et gauche, est formée d’une oreillette qui reçoit le sang des veines, puis d’un ventricule qui en se contractant expulse le sang dans l’artère. Les contractions rythmiques du ventricule droit et du ventricule gauche mettent le sang en mouvement.
  • Progression des aliments : les contractions musculaires qui sont nécessaires pour faire progresser le bol alimentaire dans notre système digestif sont appelés « péristaltisme ». Le tube digestif est caractérisé par une tunique musculaire, constituée de muscles lisses disposés en deux faisceaux. Le tube digestif est donc doué d’une mobilité digestive qui est due à cette tunique musculeuse de la paroi.
  • Remplissage de la vessie : la vessie est un organe musculaire dont les parois sont constituées de muscles lisses. En recevant l’urine terminale des reins, elle évacue les toxiques et les déchets issus du métabolisme.

Fonctions des muscles : muscles agonistes et antagonistes

Les muscles ou les groupes musculaires fonctionnent tous par couple, c’est-à-dire par muscle agoniste – muscle antagoniste. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste. Dans un mouvement, le muscle agoniste « produit » le mouvement en se contractant – à l’inverse, le muscle antagoniste s’étire pendant ce même mouvement et le « contrôle ». L’un ne peut pas exister sans l’autre.

Chaque muscle peut devenir muscle agoniste ou muscle antagoniste selon le mouvement – il n’y a aucune prédestination.

Muscles agonistes

Selon le dictionnaire, le muscle agoniste est défini comme « le muscle qui produit le mouvement considéré par opposition au muscle antagoniste » (Le Petit Larousse).

Le muscle agoniste est donc celui qui se contracte, alors que l’antagoniste est celui qui s’étire. Ainsi, il s’agit du muscle qui produit le mouvement considéré, c’est-à-dire que si vous faites une flexion du coude, il s’agira du muscle fléchisseur : le biceps. A l’inverse, si vous faites une extension du coude, le muscle agoniste sera le triceps.

Le caractère agoniste n’est donc pas une propriété inhérente au muscle. En effet, tous les muscles squelettiques peuvent être agonistes – et antagonistes. Tout dépend donc du rôle du muscle dans le mouvement : l’agoniste étant celui qui produit le mouvement par sa contraction concentrique.

Muscles antagonistes

Le terme d’antagoniste signifie une opposition. Le muscle antagoniste est donc l’opposé au muscle agoniste, c’est-à-dire que c’est le muscle qui ne produit pas le mouvement considéré.

Dans notre exemple de tout à l’heure, si le mouvement est une flexion du coude alors le muscle antagoniste est le muscle opposé à la flexion, soit le muscle permettant l’extension : le triceps. A l’inverse, si le mouvement est une extension du coude, le muscle antagoniste sera le muscle fléchisseur : le biceps.

Tout comme pour le muscle agoniste, le caractère antagoniste n’est pas une propriété propre au muscle mais dépend de la fonction du muscle dans la réalisation du mouvement.

Les muscles antagonistes sont ceux qui mobilisent une articulation au cours d’un mouvement. Ces muscles ne produisent pas le mouvement, mais le contrôlent. Ils peuvent être à la source de nombreuses blessures quand ils ne sont pas suffisamment entraînés : par exemple des problèmes de tendons (déchirures, tendinites) à cause d’un mauvais rapport force agoniste et force antagoniste, ou problèmes articulaires pour la même raison.

Les fonctions musculaires selon les mouvements produits

Selon les mouvements produits, on peut regrouper les muscles comme suit :

  • le muscle fléchisseur rapproche les éléments entre eux (exemple : la flexion du coude rapproche l’avant-bras du bras). Muscle opposé : le muscle extenseur.
  • le muscle extenseur éloigne les éléments par opposition au précédent (exemple : l’extension du genou éloigne le pied de la cuisse). Muscle opposé : le muscle fléchisseur.
Flexion et Extension musculaire

Flexion et Extension musculaire

 

  • le muscle pronateur fait pivoter pour ramener les éléments extérieurs vers l’intérieur (exemple : la pronation de l’avant-bras rapproche le pouce de la ligne médiale). Muscle opposé : le muscle supinateur.
  • le muscle supinateur fait pivoter pour éloigner les éléments extérieurs de l’intérieur. Muscle opposé : le muscle pronateur.
Rotateurs avant-bras

Rotateurs avant-bras

 

  • le muscle adducteur rapproche les structures anatomiques de la ligne médiale (exemple : l’adduction des cuisses permet de croiser les jambes). Muscle opposé : le muscle abducteur.
  • le muscle abducteur éloigne les structures anatomiques de la ligne médiale (exemple : l’abduction permet de lever les bras pour fêter la victoire). Muscle opposé : le muscle adducteur.
  • le muscle rotateur fait pivoter les éléments de l’articulation autour de l’axe de celle-ci (exemple: le grand fessier qui fait tourner le fémur dans l’os coxal)
  • le sphincter permet la fermeture ou l’ouverture d’un orifice (exemple : le sphincter œsophagien inférieur permet le passage du bol alimentaire dans l’estomac et l’empêche de remonter).

Les muscles cumulent généralement plusieurs fonctions, sans pouvoir avoir deux fonctions opposées. Même le sphincter n’a que le pouvoir de fermer l’orifice, et l’arrêt de contraction ouvre l’orifice. Chaque muscle possède généralement un muscle antagoniste qui agit dans le sens opposé. (Exemple : les muscle biceps brachial et muscle triceps brachial qui s’opposent pour la flexion / extension du coude). Les muscles antagonistes fonctionnent ensemble. Pour que l’un fléchisse, son antagoniste extenseur doit le laisser faire, sinon il n’y a pas de mouvements.

Types de muscles selon la structure du tissu musculaire

Les types de muscles dépendent de leur structure tissulaire. Pour chaque type, la structure du tissu musculaire est différente pour pouvoir mieux accomplir ses tâches individuelles :

  • Muscles squelettiques : il s’agit de tissus musculaires striés. Ces muscles ils sont sous contrôle du système nerveux somatique (système volontaire). Ils unissent en général des os entre eux (muscles du squelette) : ils permettent la motricité.
  • Muscles lisses : ces tissus musculaires sont lisses. Ils ne sont pas sous contrôle direct du système nerveux somatique, mais sous le contrôle du système nerveux autonome (système involontaire) ; par exemple l’estomac comporte deux couches de tissu musculaire lisse.
  • Muscle cardiaque (le cœur) : il s’agit d’un cas particulier, car bien que ce muscle soit strié (bien visible sous le microscope), il est muni d’un système propre de contractions, sensible aux stimulations hormonales, et il est difficile de le contrôler consciemment.

Dans le langage courant, le terme muscle fait référence au muscle squelettique.

Chacun de ces types est donc composés par des tissus musculaires différents que nous verrons par la suite.

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