Facteurs de risque – Tabagisme


Le tabagisme est un facteur de risque majeur. Source: Pixabay CC0 Public Domain, libre de droits

Le tabagisme est un facteur de risque majeur qui contribue à la toxémie de notre organisme.

Des recherches épidémiologiques mènent à la conclusion que le tabagisme est la première cause de décès évitables dans le monde (prés de six millions de personnes par an). Sa consommation conduit souvent à des maladies du cœur et des poumons, et être fumeur représente un risque majeur pour les attaques cardiaques, AVC, broncho-pneumopathie chronique obstructive, emphysème, et le cancer (en particulier cancer du poumon, cancer laryngé, cancer de la vessie). Cela cause aussi des maladies vasculaires périphériques et de l’hypertension en fonction de la durée d’exposition et du dosage de tabac, et on peut remarquer que la prévalence de ces maladies augmente avec la jeunesse des patients au début de leur exposition et l’importance du taux de goudron.

Les cigarettes vendues dans les pays en voie de développement contiennent souvent un pourcentage de goudrons plus élevé et sont moins susceptibles de comporter un filtre, accentuant donc la prévalence probable des maladies liées au tabac dans ces régions.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le tabagisme est la cause directe de 5,4 millions de morts en 2004 et 100 millions pendant le XXe siècle. Aux États-Unis, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies décrivent l’usage de tabac comme « le premier et plus important risque évitable pour la santé humaine dans les pays développés et une cause importante de mort prématurée dans le monde entier ».

 

Mécanismes de dépendance

La cigarette est une source de nombreux plaisirs et les fumeurs en deviennent malheureusement dépendants. Il existe en effet trois types de dépendance au tabac :

  • Dépendance physique : elle est due essentiellement à la présence de nicotine dans le tabac. Lorsque le fumeur n’a pas de cigarette à sa portée, la dépendance se traduit par une sensation de manque dont les signes constatés le plus souvent sont les suivants : pulsions fortes à fumer,  irritabilité, nervosité, agitation, anxiété, perturbations du sommeil, humeur dépressive, troubles de la concentration intellectuelle, augmentation de l’appétit ou constipation. Tous ces troubles sont les principales causes des difficultés et des échecs d’arrêt du tabac à court terme ; ils sont essentiellement liés au manque de nicotine et peuvent être améliorés par un traitement de substitution nicotinique. En effet, avec une dose adaptée, les substituts nicotiniques (gommes à mâcher, comprimés à faire fondre sous la langue, inhalateurs ou timbres à la nicotine) peuvent être utiles pour surmonter la sensation de manque: ils fournissent au corps une quantité de nicotine suffisante pour combler le besoin de tabac.
  • Dépendance psychologique : quand on est fumeur, la cigarette est un moyen de se faire plaisir, de gérer son stress ou son anxiété, de surmonter ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc. Cette dépendance est liée aux effets psycho-actifs de la nicotine qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. Cette dépendance peut apparaître peu de temps après les premières cigarettes fumées et varie considérablement d’un fumeur à l’autre.
  • Dépendance environnementale ou comportementale : elle dépend de la pression sociale et conviviale qui entoure le fumeur. Le tabac est en effet associé à des circonstances, à des personnes et à des lieux qui suscitent l’envie de fumer. Quand on envisage d’arrêter de fumer, il est donc important de réfléchir à ce que l’on pourrait faire dans ces circonstances pour pallier  L’envie de fumer ou éviter ces situations au moins au début. Cette préparation est essentielle pour apprendre à vivre dans son environnement habituel sans avoir recours au tabac.

Le phénomène d’accoutumance à la nicotine se produit dans le cerveau. Dès que la nicotine y arrive, elle stimule la libération de dopamine. Ce messager chimique joue un rôle clé dans la perception neurologique du plaisir. Il diminue l’anxiété, améliore l’humeur et la mémoire et réduit l’appétit. Pour une personne qui veut cesser de fumer, la perte de ces éléments véritablement positifs du tabagisme est une étape cruciale à franchir. Si l’on calcule que chaque cigarette permet environ 10 bouffées, une personne qui fume 30 cigarettes par jour envoie, quotidiennement, 300 appels de dopamine à son cerveau!

Chaque fois que la dopamine est relâchée, les récepteurs de dopamine sont mis en état d’alerte. Graduellement, leur sensibilité s’émousse et ils n’arrivent plus à se satisfaire du taux normal de dopamine : ils sont « en manque ». Le fumeur est tenté de fumer de plus en plus car une plus grande stimulation est nécessaire pour produire le même effet.

La toxicomanie devient alors rapidement un problème chronique.

 

Problèmes de santé causés ou aggravés par le tabagisme

Le tabagisme réduit l’espérance de vie des fumeurs de 10 ans, en moyenne, comparativement aux non-fumeurs. Il est l’un des principaux facteurs de risque de nombreuses maladies. Les problèmes de santé se montrent dans tous le corps et non – comme peut-être on pourrait l’imaginer – « uniquement » dans les voies respiratoires.

Le fumeur respire un air chargé de produits toxiques qui s’attaquent aux cellules tapissant les parois des organes du système respiratoire : nez, bouche, gorge, trachée, bronches et poumons.

Les goudrons inhalés via la fumée de cigarette se déposent dans les bronches et poumons des fumeurs, provoquant une diminution importante du souffle. Le monoxyde de carbone se fixe aux globules rouges et perturbe l’oxygénation de l’organisme, diminuant votre résistance à l’effort et votre énergie. Les substances irritantes telles que l’acétone entraînent une inflammation des bronches et vous font tousser.

 

Maladies cardio-vasculaires et vasculaires causées par le tabagisme

Les milliers de substances qui composent la fumée produite par la combustion du tabac sont particulièrement nocifs pour notre système cardio-vasculaire et vasculaire, qu’elle soit émise par des cigarettes avec ou sans filtre, une pipe, un cigare, un narguilé et même du tabac à mâcher. Parmi la longue liste des substances inhalées, citons seulement le mercure, l’arsenic, le polonium 210 ou encore le monoxyde carbone.

Les 5 principaux effets dangereux du tabagisme pour le cardio-vasculaire sont :

  • Réduction de la quantité d’oxygène dans le sang, provoquant essoufflement et altération du fonctionnement des muscles.
  • Fumer fait souffrir les artères, provoquant des spasmes potentiellement mortels.
  • Influence directe sur la coagulation du sang, favorisant, entre autres, la formation de caillots et donc le déclenchement potentiel d’un infarctus, d’une phlébite ou d’un accident vasculaire cérébral.
  • Inflammation des vaisseaux sanguins, phénomène qui provoque également la formation de caillots.
  • Diminution le taux de bon cholestérol, ce qui est un facteur de risque à long terme pour le système cardio-vasculaire.

Le tabagisme a aussi un effet indirect sur le système cardio-vasculaire. La perte relative du goût et de l’odorat liée au tabagisme favorise l’attirance du fumeur pour des aliments ayant plus de goût, souvent beaucoup plus riches en acides gras saturés (les mauvaises graisses) et plus salés. Ce qui renforce encore le risque cardio-vasculaire.

L’ensemble des mécanismes liés au tabac agit à de très faibles niveaux de consommation. La seule consigne à donner peut donc uniquement être : 0 cigarettes.

L’effet du tabac dans les complications cardio-vasculaires n’est pas linéaire, c’est-à-dire que le risque n’est pas vingt fois moindre pour la consommation d’une cigarette par jour par rapport à la consommation de vingt cigarettes quotidiennes.

A savoir : on n’enregistre aucun risque à arrêter de fumer. Au contraire : il n’y a que des bénéfices pour la santé.

 

Le principal coupable : le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est une molécule produite par la combustion du tabac. Lorsque l’on fume, le monoxyde de carbone prend la place de l’oxygène au sein des globules rouges, chargés de transporter l’oxygène vers les différents tissus en fixant celui-ci sur l’hémoglobine. Or le monoxyde de carbone affiche une affinité plus grande que l’oxygène avec l’hémoglobine.

Dès lors, la capacité de transport d’oxygène du sang est diminuée, entrainant l’apparition de difficultés liées à la moindre oxygénation des tissus : essoufflement et altération du fonctionnement des muscles.

Les conséquences du monoxyde de carbone ne s’arrêtent pourtant pas là. Le tabac fait souffrir les artères. La première atteinte concerne la vasomotricité des artères. Les vaisseaux enregistrent une diminution de leur capacité à se dilater normalement. Il en résulte un spasme des artères et donc une atteinte à leur vasomotricité.

En résultent les maladies cardio-vasculaires les plus importantes :

  • Atteinte de la vasomotricité des artères : les spasmes sont un rétrécissement brutal du calibre de l’artère par une contraction de sa paroi, donc à une diminution du flux sanguin qui la traverse. On enregistre ainsi, simultanément, une diminution du flux sanguin artériel et, à l’intérieur de ce flux, un remplacement de l’oxygène par le monoxyde de carbone (au niveau des globules rouges), ce qui entraîne un défaut d’oxygénation des tissus dépendants de cette artère.
  • Athérosclérose : c’est une maladie qui se caractérise par une accumulation locale de dépôt dans les artères. Des lipides (principalement du mauvais cholestérol, dit “LDL-C”), des produits du sang, des dépôts calcaires et d’autres particules encore s’accumulent et causent des lésions de l’artère : c’est ce qu’on appelle la formation de la plaque d’athérome. Cette formation est évolutive dans le temps et passe par différents stades. Le tabagisme favorise considérablement l’apparition de cette maladie. D’abord parce que le monoxyde de carbone prend la place de l’oxygène transporté par les globules rouges et épaissit le sang, ensuite parce que les substances du tabac viennent accélérer le rythme cardiaque et augmenter la pression sanguine. En outre, la fumée du tabac augmente la quantité de “mauvais cholestérol” (LDH) et le fibrinogène (prédisposition à la coagulation augmentée par la fumée). La conjonction de ces phénomènes altère et use prématurément les veines et les artères.
  • Hypertension : la nicotine agit directement sur les artères en augmentant de façon transitoire la pression artérielle et la fréquence cardiaque. Ce rétrécissement des artères est particulièrement perceptible lors de la première cigarette de la journée. L’effet se dissipe ensuite au bout d’une trentaine de minutes, mais la pression augmente progressivement tout au long de la journée, pour retrouver son niveau de base pendant le sommeil.
  • Infarctus du myocarde : le risque d’infarctus du myocarde est proportionnel à la consommation, en moyenne multiplié par 3 par rapport à un non-fumeur. Il n’y a pas de seuil au-dessous duquel fumer soit sans risque cardio-vasculaire, même pour quelques cigarettes. Le risque est sensiblement le même quel que soit le type de tabagisme (cigarettes avec ou sans filtre, pipe, cigare, narguilé, tabac à mâcher ou autres). Le risque d’infarctus concerne également le tabagisme passif, avec une augmentation de risque de 24% pour une exposition de 1 à 7 heures par semaine et de 62%  pour une exposition de plus de 22 heures par semaine.
  • Coagulation sanguine : le tabac influe sur la coagulation. Fumer favorise d’abord l’agrégation des plaquettes, éléments du sang qui sont à l’origine des caillots. Cela entraine aussi des conséquences sur la viscosité du sang : pour compenser le défaut d’oxygène, les globules rouges réagissent en augmentant leur nombre avec parallèlement, chez le fumeur, une augmentation du nombre des globules blancs.
  • Augmentation du fibrinogène dans le sang : fumer accroît la présence de fibrinogène dans le sang. Cette protéine du sang favorise la coagulation et toutes les études ont montré une élévation du taux de fibrinogène chez les fumeurs par rapport à la normale.

Ainsi, fumer du tabac entraîne l’agrégation plaquettaire, l’augmentation de la viscosité du sang et le renforcement de fibrinogène, éléments concourant à la formation de caillots, de thromboses, dans les artères. Quand un caillot se forme, et le tabac peut ici agir de façon extrêmement brutale, il peut provoquer un infarctus du myocarde, si l’artère bouchée est l’une des coronaires alimentant le muscle cardiaque en oxygène.

Si le caillot se forme au niveau du cerveau, il s’agira d’un accident vasculaire cérébral (AVC), qui peut être accompagnée de paralysie, perte du langage et autres complications neurologiques. Une consommation régulière de tabac multiplie par 2 les risques d’AVC par rapport à un non-fumeur et par 4 chez les femmes fumeuses prenant la pilule. On estime qu’un AVC sur quatre est provoqué par le tabac et c’est le responsable essentiel des AVC des sujets les plus jeunes.

Enfin, au niveau d’une jambe, le caillot provoquera une ischémie aiguë du membre inférieur. Le tabagisme joue un rôle déterminant dans l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs et l’anévrysme de l’aorte abdominale ; il peut également, par son impact cardio-vasculaire, provoquer des troubles de l’érection, y compris chez des sujets jeunes.

A côté de ces deux grands mécanismes – spasme des artères et thrombose –, le tabac joue à deux autres niveaux.

L’augmentation de l’inflammation favorise la déstabilisation des plaques d’athérosclérose, une déstabilisation qui favorise elle-même la thrombose. En effet, lorsqu’elles se fissurent où se rompent, les plaques d’athérosclérose constituent des points d’appel brutaux pour la formation d’un caillot. Un ensemble cohérent se met ainsi en place chez le fumeur : thrombose – spasme – inflammation.

Le fait de fumer entraîne également une diminution du HDL-cholestérol, le bon cholestérol et cette diminution constitue en soi un facteur des risques cardio-vasculaires. En effet, le HDL-cholestérol joue le rôle d’éboueur des artères en nettoyant la plaque qui s’y forme : plus il est bas, moins cette plaque est nettoyée et plus elle progresse.

 

 Maladies du système respiratoire causées par le tabagisme

  • Paralysie des cils : la fumée de la cigarette paralyse les cils, qui s’engluent. La transformation cancéreuse survient ensuite, stimulée par les substances radioactives contenues dans la fumée (rappelons que la cigarette contient 4 000 composants dont polonium, plomb 210 etc.).
  • Manque d’oxygène : la ventilation étant altérée, pour obtenir la même efficacité que normalement, le fumeur devra dépenser beaucoup plus d’énergie. Cette énergie lui manquera fatalement pour le fonctionnement normal d’autres organes d’autant que le taux d’oxygène s’abaisse sous l’effet du CO.
  • Maladies infectieuses : les fumeurs font plus fréquemment des otites, sinusites, angines, bronchites, grippes et pneumonies. Ce risque est d’autant plus élevé que leur consommation est importante. La bronchite chronique est très répandue et essentiellement liée au tabagisme. Elle provoque un essoufflement pour des efforts de moins en moins importants en cas d’aggravation de la maladie, une toux grasse survenant essentiellement le matin et/ou des épisodes de bronchites à répétition. Elle est responsable de plus de 2, 5 millions de morts chaque année dans le monde. 2 à 4 millions de français sont concernés, soit 5 à 10% de la population touchée. L’aggravation vers une insuffisance respiratoire (essoufflement au moindre effort, nécessité de recevoir de l’oxygène à domicile, hospitalisations fréquentes) s’observe chez les grands fumeurs.
  • Les maladies pulmonaires et respiratoires chroniques et/ou inflammatoires: il s’agit principalement de la bronchite et de l’emphysème, dont la fréquence est comparable à celle du cancer. Ces maladies sont dues à la destruction progressive des bronches et poumons des fumeurs  par le tabagisme. En s’arrêtant de fumer, les fumeurs ralentissent la progression de la maladie si elle est déclarée. Si elle ne l’est pas, le risque chez les anciens fumeurs reste supérieur à celui des non-fumeurs, mais est moins élevé que chez ceux qui continuent à fumer.
  • Maladies allergiques : l’asthme est de loin la plus fréquente et plus grave chez les fumeurs ; il en est de même du rhume des foins. L’asthme est une maladie chronique caractérisée par une inflammation des bronches. Elle se manifeste le plus souvent par des crises de gêne respiratoire entrecoupées de périodes où la respiration est normale. Les causes de l’asthme sont génétiques et/ou environnementales. L’asthme non traité perturbe le quotidien des patients ; lorsque les crises sont fréquentes et sévères, la maladie peut mettre en cause le pronostic vital. Le tabagisme actif et l’exposition à la fumée secondaire sont des facteurs de survenue d’une maladie asthmatique et aggravent les symptômes. Enfin, l’efficacité des traitements est diminuée par l’exposition à la fumée de tabac.

 

Maladies cancéreuses causées directement ou indirectement par le tabagisme

La fumée de cigarette peut provoquer des cancers dans l’organisme, mais surtout dans tout l’appareil respiratoire : lèvres, langue, gorge, cordes vocales, trachée, bronches, poumons, etc. Le risque de cancer augmente en fonction de la quantité de tabac fumée et du nombre d’années de tabagisme, le nombre d’années étant le facteur le plus important.

On retiendra tout particulièrement :

  • Cancers de la bouche : les cancers peuvent se déclarer au niveau des lèvres, de la langue, du plancher buccal, des gencives, des joues ou du palais. L’exposition aux substances cancérigènes amène une cellule normale à devenir cancéreuse puis à se multiplier et envahir progressivement ces organes de la bouche. Le diagnostic est souvent tardif car les symptômes sont discrets et non douloureux au début. Des lésions peuvent provoquer des saignements dans la bouche. La mastication devient difficile et les ganglions du cou peuvent gonfler. Si le taux de survie des cancers de la lèvre est de 90 % à 5 ans après le diagnostic de la maladie, celui de la cavité buccale est  plus faible: moins de 40 % à 5 ans. Fumer, chiquer et priser du tabac sont des facteurs de risque de développer un cancer de la bouche. Les cancers de la bouche sont six fois plus fréquents parmi les fumeurs ou ex-fumeurs que parmi les non-fumeurs. La consommation d’alcool est aussi un facteur de risque de cancer de la bouche. Ne pas fumer et arrêter de fumer sont des bons moyens de ne pas présenter un tel cancer.
  • Cancers des lèvres : les lèvres ont un rôle important dans la prononciation, l’expression faciale et l’alimentation. Elles sont composées de la lèvre blanche cutanée et de la lèvre rouge formée par le vermillon et la muqueuse labiale qui fait partie de la cavité buccale. Le cancer des lèvres se présente, dans un premier temps, sous forme d’une “croûte” ou d’un ulcère qui saigne, il grossit ensuite pour constituer une tumeur. Il représente 10 à 20 % des tumeurs de la cavité buccale.
  • Cancers de la langue : la langue est l’organe principal responsable du goût. Elle joue aussi un rôle important dans la mastication des aliments, la déglutition et la parole. Le cancer de la langue atteint, le plus souvent, sa partie arrière. Les symptômes évocateurs d’un cancer de la langue sont : une douleur, une difficulté à avaler, une toux avec rejet de sang, une modification de la voix, une mauvaise haleine, des ulcères qui ne guérissent pas avec des saignements, une douleur à l’oreille, ou une perte de poids.
  • Cancer du pharynx : le pharynx est une partie du tube digestif située à l’arrière de la cavité buccale ; elle correspond au carrefour des voies digestives et respiratoires. À ce point de croisement, la cavité buccale communique avec l’œsophage, et les fosses nasales avec le larynx. La fumée de  tabac est la première cause de survenue du cancer du pharynx avec la consommation d’alcool car les substances toxiques qu’elle contient altèrent directement la muqueuse du pharynx et provoquent l’apparition de cellules cancéreuses. Le tabac multiplie de 4 à 5 fois le risque de survenue d’un cancer du pharynx.
  • Cancer du larynx : le larynx est situé au-dessus de la trachée ; il sert de passage entre le nez et les bronches. Il permet aux êtres humains de produire sons et parole. Le cancer du larynx peut se situer au niveau de la glotte/cordes vocales, dans la région supra-glottique (la partie au-dessus des cordes vocales qui comprend l’épiglotte) ou la région sous-glottique (la partie où le larynx rejoint la trachée). Les symptômes du cancer du larynx sont : une modification de la voix, enrouée, des difficultés et des douleurs en avalant, une toux, des maux de gorge persistants, des crachats de sang et une douleur au niveau de l’oreille.La fumée de tabac est la première cause de survenue du cancer du larynx car les substances toxiques qu’elle contient altèrent directement la muqueuse du larynx et provoquent l’apparition de cellules cancéreuses. Le tabac multiplie par 10 le risque de survenue d’un cancer du larynx et près d’une personne sur deux atteintes par cette maladie en meurt. Le risque s’accroît avec le nombre de cigarettes fumées. La fumée secondaire est également considérée comme un facteur de risque de cancer du larynx.
  • Cancer de la trachée, des bronches et du poumon : l’exposition aux substances cancérigènes présentes dans la fumée de tabac amène la transformation d’une cellule bronchique normale en une cellule cancéreuse qui, en se divisant, produit une tumeur qui se développe dans le thorax et peut donner des métastases à distance. Les principaux signes cliniques qui peuvent annoncer l’existence d’un cancer du poumon sont :
  • le rejet de sang au cours de la toux (hémoptysie) ;
  • une toux qui s’aggrave et persiste ;
  • des bronchites et pneumonies fréquentes ;
  • une douleur thoracique ;
  • une modification de la voix ;
  • un amaigrissement.

Seules 15 % des personnes atteintes d’un cancer du poumon survivent 5 ans après son diagnostic. Fumer du tabac multiplie par 15 à 30 fois le risque de la survenue de cette maladie et est responsable de 80 à 90% des cas de cancers du poumon. Le risque dépend de l’âge auquel on a commencé à fumer, de la quantité de cigarettes consommées par jour  et surtout du nombre d’années de tabagisme. L’exposition à la fumée secondaire est le principal facteur de risque de cancer du poumon chez les non-fumeurs.

Autres cancers liés directement à la consommation de tabac peuvent être :

  • Cancer de l’estomac
  • Cancer du pancréas
  • Cancer de la vessie
  • Cancer du col de l’utérus
  • Cancer des reins et des voies urinaires
  • Certaines leucémies

 

Les maladies ORL

  • Sécheresse des muqueuses nasales et bucco-pharyngées permanente qui entraîne des maladies inflammatoires et rend l’individu affaibli vis-à-vis des maladies virales.
  • Affections ORL très fréquentes : telles que les otites, pharyngites, laryngites, enparticulier chez les enfants, dont les parents fument.
  • Affections des dents et gencives : coloration des dents, affections des gencives, mauvaise haleine etc.
  • Troubles de la voix : ce sont les prémices du cancer des cordes vocales.
  • Troubles du goût et l’altération des glandes salivaires.

 

Les conséquences du tabagisme sur la peau et son vieillissement

La façon la plus simple de se représenter les effets de la cigarette est d’imaginer une pomme coupée en deux, qui commence assez rapidement à brunir. Ce phénomène est dû à l’oxygène de l’air et est baptisé oxydation : l’air détruit petit à petit la chair du fruit. Mettre du sel sur la pomme l’empêchera de brunir aussi rapidement. Le sel agit comme un antioxydant sur la pomme et protège la chair du fruit. Certaines vitamines comme la A, la C et la E ont le même effet sur la peau et il est donc important de consommer beaucoup de fruits et légumes. Les personnes qui ont fumé pendant longtemps auront néanmoins en général l’air plus vieux de dix ou même vingt ans que les non-fumeurs du même âge.

Fumer accélère le processus de vieillissement cutané exactement au même titre que le soleil. Le vieillissement cutané lié au tabagisme est surtout visible au niveau du visage, comme c’est le cas avec les expositions aux UV solaires. Chaque bouffée de fumée de cigarette dégage 200 000 radicaux libres qui vont attaquer les cellules de la peau et entraîner des effets sur le contour des yeux et la peau du visage dans son ensemble. A consommation de cigarettes égale, hommes et femmes ne partagent pas les mêmes risques. Pour des raisons anatomiques et hormonales, les femmes seraient plus sensibles à la toxicité de la cigarette : le tabac favorise le vieillissement cutané mais aussi le vieillissement hormonal chez les femmes : une fumeuse se verra ménopausée en moyenne 5 ans avant une non-fumeuse.

Le tabac endommage la peau selon trois mécanismes principaux.

  • Destruction de la vitamine C : les cigarettes contiennent de la nicotine, une substance toxique qui détruit la vitamine C. En fait, la nicotine est tellement toxique que même les non-fumeurs perdent de la vitamine C quand ils sont exposés à la fumée de cigarette. C’est un problème entre autres parce que notre corps utilise la vitamine C pour produire des fibres de collagène, qui donnent sa force à la peau. Le collagène est la protéine structurale principale de la peau, celle qui lui donne son élasticité. Quand le collagène commence à se décomposer en raison du manque de vitamine C dû aux effets de la nicotine, la peau commence à se rider et à s’affaisser.
  • Action néfaste sur les vaisseaux sanguins : le sang apporte de l’oxygène et des nutriments aux cellules de la peau, mais fumer entraîne une vasoconstriction et une diminution de la taille des vaisseaux sanguins. Quand les vaisseaux sanguins rétrécissent, moins d’oxygène et de nutriments parviennent aux cellules de la peau. Une cigarette peut réduire l’arrivée d’oxygène à la peau pendant parfois quatre-vingt-dix minutes, ce qui peut donner à la peau une teinte grise et terne.
  • Augmentation des rides : le fait de fumer augmente les rides de 80 %. Le fait de tirer en permanence sur une cigarette et de plisser les yeux pour voir à travers la fumée entraîne également la formation de rides.

Mis à part les problèmes des radicaux libres et le vieillissement, on retrouve chez les fumeurs souvent les dermatoses chroniques :

  • On s’est aperçu que la nicotine irrite la paroi des glandes sébacées et rend propice l’apparition de kystes à l’aine ou derrière les oreilles. Une étude a démontré que les femmes fumeuses y sont plus sujettes et que lorsqu’elles arrêtent de fumer, on assiste à une disparition de ces kystes dans 70% des cas.
  • Fumer influe également sur la circulation sanguine et peut ainsi causer ou aggraver les problèmes de couperose.
  • Le tabac est également un facteur aggravant du psoriasis.
  • La fumée et certainement la chaleur dégagée par le bout incandescent de la cigarette, notamment lorsque l’on fume en la gardant coincée entre les lèvres, favorisent l’apparition de kératoses et de carcinomes autour de la bouche.

Le tabac s’attaque également massivement aux cheveux. Les cheveux ont cette particularité de conserver longtemps en mémoire tout ce que nous ingérons. C’est ainsi que l’on retrouve de la nicotine dans les cheveux des fumeurs.

On observe d’autres répercussions, notamment sur le développement des cheveux. Le tabagisme aurait pour effet de les priver de certains nutriments indispensables à leur vitalité, à leur brillance (acides aminés, vitamines B, oligo-éléments) : c’est pour cette raison que les fumeurs ont les cheveux qui grisonnent plus rapidement. Mais le tabac exerce aussi des effets négatifs sur la pousse des cheveux et favorise leur chute car il endommage le génome capillaire.

Comme les cellules cancéreuses, les cellules capillaires ont la particularité de se diviser très rapidement. Ainsi, nos cheveux poussent très vite, leur renouvellement est permanent et rapide. C’est pourquoi les scientifiques comparent souvent l’alopécie induite par la chimiothérapie à celle induite par la fumée de cigarettes. Dans les deux cas, fumée et chimio ont des effets toxiques sur les cellules qui se développent très rapidement.

 

Risques du tabagisme pour les non-fumeurs exposés à la fumée

Les non-fumeurs exposés à la fumée secondaire courent un risque accru d’avoir les mêmes problèmes de santé que les fumeurs. Les enfants sont particulièrement sensibles à la fumée secondaire. Les enfants de parents fumeurs sont plus touchés par l’asthme et les otites à répétition que les enfants de non-fumeurs car leurs muqueuses sont plus fragiles. Les deux tiers de la fumée émanant d’une cigarette ne sont pas inhalés par le fumeur mais sont libérés dans l’environnement immédiat. Les animaux de compagnie peuvent aussi être victimes de la fumée secondaire : le risque de cancer est accru chez les chats et les chiens exposés.

Le tabagisme est à proscrire durant une grossesse car il peut avoir des conséquences néfastes pour la mère et l’enfant.

 

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